mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300890 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Belliard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de La Réunion sur sa demande d'abrogation de l'arrêté du 24 novembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour formulée le 3 mars 2023 ;
3°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus de retrait de l'arrêté du 24 novembre 2020 méconnaît l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision de refus de refus d'enregistrement méconnaît les articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Romain Felsenheld, premier conseiller ;
- et les observations de Me Belliard pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 novembre 2020, devenu définitif, le préfet de La Réunion a rejeté la demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " présentée par M. B A, ressortissant comorien né le 28 avril 1976 aux Comores, et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Le 3 mars 2023, M. A s'est présenté à la préfecture de La Réunion pour demander, d'une part, l'abrogation de l'arrêté du 24 novembre 2020 et, d'autre part, l'enregistrement d'une demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa demande d'abrogation de l'arrêté du 24 novembre 2020, ainsi que la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus d'abroger de l'arrêté du 24 novembre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6. "
3. Les dispositions de l'article L. 243-1 précitées dont le requérant demande expressément le bénéfice ne créent pas d'obligation d'abroger à la charge de l'administration. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de leur méconnaissance. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet refusant d'abroger son arrêté du 24 novembre 2020.
Sur les refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / () ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. " Il résulte de ces dispositions que, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer et de délivrer le récépissé correspondant que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet.
5. En l'espèce, le requérant établit, au moyen d'une attestation de son avocat, s'être présenté au guichet de la préfecture de La Réunion le 3 mars 2023 et avoir fait l'objet d'un refus verbal d'enregistrement de sa demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " au motif qu'il s'était vu opposer un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français le 24 novembre 2020. A l'instance, le préfet de La Réunion soutient que la nouvelle demande de titre de séjour présentée le 3 mars 2023 par M. A constitue une demande à caractère dilatoire visant à faire échec à l'obligation de quitter le territoire du 24 novembre 2020 et à se maintenir sur le territoire sous couvert d'un récépissé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date du 3 mars 2023, M. A justifie, depuis le mois de novembre 2020, d'une durée supplémentaire de présence à La Réunion de plus de deux ans où il réside avec sa conjointe, leur enfant commun né 20 septembre 2018 à Saint-Denis, ainsi que les trois autres enfants de son épouse. Le requérant a, en outre, depuis le 24 novembre 2020, obtenu le niveau de certificat A1 en compréhension orale du français, A2 en compréhension écrite et en expression écrite et B1 en expression orale. Il justifie également avoir suivi une formation en qualité de manœuvre en bâtiment. Par suite, en refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour au motif qu'elle serait dilatoire et de lui en délivrer un récépissé, le préfet de La Réunion a méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " présentée sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de La Réunion d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par M. A au titre de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les frais de justice :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à M. A.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de La Réunion refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de La Réunion d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer le récépissé correspondant, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026