jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300900 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2023, et des mémoires complémentaires enregistrés les 5 janvier et 27 mai 2024, M. B A, représenté par Me Sandberg, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du 8 mai 2023 par laquelle la présidente de la Région a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, en tant qu'elle limite le champ de cette protection aux frais afférents aux procédures civiles ou pénales sans intégrer la prise en charge des frais d'avocats engagés dans le cadre des procédures amiables et devant le tribunal administratif, en lien avec les faits dénoncés de harcèlement moral ;
2°) d'enjoindre à la Région de lui accorder dans le délai d'un mois, le bénéfice de la protection fonctionnelle couvrant l'ensemble des procédures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de la Région la somme de 4 000 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision portant refus de protection fonctionnelle est entachée d'illégalité interne au regard des articles L.134-1 et L.134-5 du code général de la fonction publique comme étant entachée d'une erreur de fait dès lors que la situation de harcèlement moral et de discrimination à raison de son orientation sexuelle n'a pas été prise en compte par sa hiérarchie qui en était informée ;
- la décision du 10 juillet 2023 ne s'est substituée à la décision implicite de refus de protection fonctionnelle que de manière partielle, dès lors que les frais relatifs au recours indemnitaire à venir devant le TA en sont exclus de même que les factures d'honoraires payés dans le cadre du recours en excès de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juillet 2023 et 29 février 2024, la Région représentée par Me Lafay, conclut au non-lieu à statuer et demande que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la décision expresse en date du 10 juillet 2023, par laquelle la présidente de la Région a accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle à M A s'est substituée à la décision implicité de rejet et que la requête est devenue sans objet.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère ;
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public ;
- les observations de Me Pretet substituant Me Sandberg, représentant M. A, la Région n'étant pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, rédacteur à la direction de l'exploitation et de la maintenance du service routier à la Région, expose avoir été confronté à des agissements homophobes dans le cadre de ses fonctions de la part de son supérieur hiérarchique et de son subordonné. Le 3 février 2023, les lettres " PD " ont été inscrites sur la porte de son bureau. Par courrier du 8 mars 2023, il a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle, à la suite du dépôt d'une plainte pénale à la gendarmerie et de l'envoi d'une déclaration d'accident de service. Par la présente requête, M. A demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision par laquelle la présidente de la Région a implicitement rejeté sa demande d'octroi de la protection fonctionnelle le 8 mai 2023, en ce qu'elle n'a pas intégré la prise en charge des frais d'avocat engagés dans le cadre des procédures amiables et devant le tribunal administratif, en lien avec la situation de harcèlement moral dénoncée.
2. Aux termes de l'article L.134-1 du code général de la fonction publique : " L'agent public ou, le cas échéant, l'ancien agent public bénéficie, à raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire, dans les conditions prévues au présent chapitre ". Aux termes de l'article L.134-5 du même code : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ". L'article L.134-12 du même code dispose que : " Le décret en conseil d'Etat qui détermine les modalités d'application du présent chapitre précise les conditions et les limites de la prise en charge par la collectivité publique, au titre de la protection, des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par l'agent public ou les personnes mentionnées à l'article L. 134-7 autres que ceux couverts en application des dispositions des articles L. 134-10 et L. 134-11 ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 10 juillet 2023, intervenue antérieurement à la communication de la requête de M. A, la présidente de la Région a accordé à ce dernier le bénéfice de la protection fonctionnelle qu'il avait sollicité par courrier du 8 mars précédent. Le requérant soutient cependant que cette décision limite à tort le cadre de cette protection aux instances civiles et pénales, et demande la prise en charge des frais d'avocat pour tout type de procédure amiable et judiciaire en lien avec la situation de harcèlement moral dénoncée, notamment une demande indemnitaire préalable et un recours de plein contentieux devant le tribunal administratif. Toutefois, un litige porté devant une juridiction administrative à l'effet d'être indemnisé par une personne morale de droit public des préjudices ayant résulté de fautes qui auraient été commises par l'autorité dont dépendait l'agent qui a bénéficié de la protection fonctionnelle ne saurait être regardé comme relevant d'une instance civile au sens que lui donne le décret précité. Au demeurant, alors que la demande présentée par M. A le 8 mars 2023 n'évoquait pas l'engagement d'un recours indemnitaire, la décision litigieuse rendue conformément aux dispositions des articles précités du code général de la fonction publique doit être regardée comme ayant entièrement fait droit à la demande initiale de l'intéressé. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'inexactitude matérielle des faits doit dès lors être écarté. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet contestée, en tant qu'elle limite le champ de la protection fonctionnelle qui lui a été accordée aux frais afférents aux procédures civiles ou pénales.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande la région au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Réunion au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la présidente de la région Réunion.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Blin, présidente,
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,La présidente,
N. TOMI A. BLIN
Le greffier,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300900
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026