jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2023 et le 15 avril 2024, M. A Boyer demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2023 par lequel le président du conseil d'administration du service de secours et d'incendie (SDIS) l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire ;
2°) de mettre à la charge du SDIS une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision qui est dépourvue de motivation a été prise en méconnaissance de l'article L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- il n'a commis aucune faute.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le SDIS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère ;
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. Boyer, sapeur-pompier ayant le grade d'adjudant-chef au sein du SDIS, est affecté au centre d'incendie et de secours (CIS) de Saint-Benoit en qualité de chef d'agrès. Le 15 juin 2023, alors qu'il venait de quitter la caserne avec l'équipage placé sous ses ordres, pour porter assistance à une personne inanimée dans son véhicule à l'arrêt, il a été interpellé par des passants à proximité d'une personne en proie à un malaise. A la suite de rapports établis par ses collègues, et d'un article paru dans la presse faisant état du dépôt d'une plainte par la famille de la victime, décédée après son arrivée à l'hôpital, le président du SDIS a, par un arrêté du 26 juin 2023, prononcé la suspension des fonctions de M. Boyer à titre conservatoire avec effet au 23 juin précédent. M. Boyer demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, une mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Elle n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées par application des articles L.221-1 et 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 26 juin 2023 doit être écarté comme étant inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique auquel renvoie l'article L.723-2 du code de la sécurité intérieure : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ". Il résulte de ces dispositions que la suspension d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire, sans caractère disciplinaire, qui a pour objet d'écarter l'intéressé du service pendant la durée nécessaire à l'administration pour tirer les conséquences de ce dont il est fait grief à l'agent. Par ailleurs, les dispositions précitées trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer la suspension de M. Boyer, le président du SDIS s'est notamment fondé sur plusieurs rapports circonstanciés établis tant par les sapeur-pompiers qui constituaient l'équipage placé sous le commandement de l'intéressé, dont le conducteur du véhicule d'intervention, directement témoin des faits litigieux, que par les sapeur-pompiers intervenus entre-temps pour porter secours à la personne qui se trouvait en arrêt cardio-vasculaire, gisant sur la voie publique, décédée après son arrivée à l'hôpital. Ces rapports confirment de manière concordante, y compris avec son propre compte-rendu daté du 16 juin 2023 mentionnant en objet " décision de poursuivre l'intervention ", que le requérant a délibérément fait le choix de poursuivre l'intervention initiale, sans procéder à l'évaluation de la situation. Dans ces circonstances, l'autorité administrative a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, légalement considérer, à la date du 26 juin 2023, que les faits reprochés à l'intéressé, qui est un professionnel du secours d'urgence, présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité, justifiant une mesure de suspension conservatoire en attendant l'issue de la procédure disciplinaire.
5. Toutefois, un acte administratif ne peut, sans méconnaître le principe de non-rétroactivité des décisions administratives, prendre effet à une date antérieure à celle de sa notification. La décision attaquée est une décision individuelle défavorable. Elle ne pouvait prendre effet qu'à compter de sa notification à l'intéressé, le 26 juin 2023 et non pas, ainsi qu'elle le prévoit, à partir du 23 juin précédent. Par suite, M. Boyer est fondé à soutenir que la décision du 26 juin 2023 est illégale en tant qu'elle prend effet à une date antérieure à sa notification et à en obtenir dans cette mesure, l'annulation.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SDIS la somme que M. Boyer demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 26 juin 2023 du président du conseil d'administration du Service départemental d'incendie et de secours est annulé en tant qu'il prévoit une prise d'effet au 23 juin 2023.
Article 2 : Les conclusions de la requête présentées par M. A Boyer au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A Boyer et au SDIS.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Blin, présidente ;
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
N. TOMILa présidente,
A.BLIN
Le greffier,
F.IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301088
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026