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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2301163

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2301163

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2301163
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 septembre 2023, M. A B, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de La Réunion a rejeté sa candidature au recrutement sur le poste de coordonnateur du pôle inclusif d'accompagnement localisé (PIAL) sur la liste principale ;

2°) de condamner l'Etat à réparer le préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait du refus de recrutement.

Il soutient que :

- la décision rejetant sa candidature sur la liste principale à ce poste est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision rejetant sa candidature est une sanction déguisée;

- l'administration a commis des fautes car l'entretien qui lui a été accordé s'est tenu alors que le poste avait été pourvu ;

- il a subi un préjudice moral du fait de cette erreur de la part de l'administration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le recteur de l'académie de La Réunion conclut au rejet de la requête et fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable en l'absence de conclusions indemnitaires chiffrées et de réclamation préalable ;

- à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lebon,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B directeur d'école affecté à l'école primaire publique de la plaine des Grègues à Saint-Joseph s'est porté candidat dans le cadre de la procédure de recrutement des coordonnateurs du Pôle Inclusif d'Accompagnent Localisé (PIAL) pour l'année scolaire 2023-2024. Par courrier électronique en date du 17 mai 2023, il a été convoqué à un entretien prévu le 25 mai 2023. Par courrier électronique du 26 mai 2023, M. B a sollicité une nouvelle date d'entretien, dès lors qu'il n'avait pas consulté ses mails pendant les vacances scolaires et n'a pris connaissance de la date de sa convocation qu'à son retour. Il a été auditionné par la commission de recrutement le 27 juin 2023. Par courrier du 13 juillet 2023, sa candidature a été rejetée pour la liste principale. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision et la condamnation de l'Etat à réparer le préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait de ce refus de recrutement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 917-1 du code de l'éducation, dans la version applicable, dispose que : " Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire de ces élèves, y compris en dehors du temps scolaire. Ils sont recrutés par l'Etat, par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV de la deuxième partie ou par les établissements mentionnés à l'article L. 442-1. Lorsqu'ils sont recrutés par ces établissements, leur recrutement intervient après accord du directeur académique des services de l'éducation nationale. / () / Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont régis par les dispositions réglementaires générales applicables aux agents contractuels de l'Etat prises pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, sous réserve de dérogations prévues par le décret mentionné au dernier alinéa du présent article. () / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret, pris après avis du comité technique ministériel du ministère chargé de l'éducation nationale ". Aux termes de la circulaire 2019-088 du 5 juin 2019 relative à la rentrée pour l'École inclusive - Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse le PIAL en établissement public local d'enseignement est placé sous la responsabilité du chef d'établissement qui arrête l'emploi du temps des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) en fonction des besoins des élèves notifiés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées. Il assure la coordination des AESH, en lien avec l'équipe enseignante et avec l'appui d'un chargé de mission en tant que de besoin, désigné par ses soins et rémunéré en indemnités pour mission particulière, qui s'occupe du suivi de la qualité de l'inclusion scolaire.

3. Pour rejeter la candidature de M. B sur la liste principale, l'administration affirme que l'entretien du requérant n'était pas à la hauteur des autres entretiens pour l'inscrire sur la liste principale, mais qu'étant inscrit sur liste complémentaire, M. B pourra en cas de désistement être appelé pour occuper les fonctions de coordonnateur de PIAL. Si M. B fait valoir qu'il possède quatre ans d'expérience sur ce poste et qu'il produit ses comptes-rendus d'évaluation de carrière des années 2021/2022 et 2022/2023 qui attestent de ses compétences pour occuper ce poste, il ressort de ses écritures qu'il ne conteste pas les qualités de la personne qui a été recrutée, même s'il allègue sans l'établir, que cette personne n'a pas d'expérience sur ce poste. Par suite, en se bornant à produire des éléments concernant ses propres compétences, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision rejetant sa candidature à ce poste et le plaçant sur liste complémentaire serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

4. En second lieu, à supposer que M. B ait entendu soutenir que la décision de refus de le placer sur la liste principale constitue une sanction déguisée, il n'établit en tout état de cause pas l'intention de le sanctionner.

5. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

6. Par voie de conséquence, et en tout état de cause, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au recteur de l'académie de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Khater, présidente,

M. Le Merlus, conseiller,

Mme Lebon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 22 octobre 2024.

La rapporteure,

L. LEBON

La présidente,

A. KHATER

La greffière,

E. POINAMBALOM

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et des sports, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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