mercredi 30 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 septembre et 18 octobre 2023, Mme C A, représentée par Me Antoine, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de constater les illégalités qui entachent la décision de mise en disponibilité contenue dans la lettre du maire de Saint-Paul du 22 mai 2023 adressée au préfet, d'une part, et celle de la sous-préfète du 26 mai 2023 déclarant caducs l'agrément et l'autorisation de ports d'armes de l'intéressée, d'autre part ;
2°) d'annuler par voie de conséquence l'arrêté du 7 juillet 2023 portant réintégration à temps complet après un congé de longue maladie ;
3°) d'enjoindre sous astreinte au maire de Saint-Paul de la réintégrer dans ses fonctions d'agent de la police municipale ;
4°) de l'indemniser des préjudices que l'arrêté du 7 juillet 2023 lui a causés ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision de mise en disponibilité prise par le maire de Saint-Paul, notifiée à la sous-préfecture de Saint-Paul par courrier du 22 mai 2023 et de l'illégalité de la décision du 26 mai 2023 de la sous-préfète déclarant caducs l'agrément et l'autorisation de port d'armes dont elle bénéficiait ;
- la décision déclarant la caducité de l'agrément et de l'autorisation de port d'armes prise le 26 mai 2023 ne lui ont pas été notifiées et ne comporte pas la mention des voies et délais de recours, de sorte qu'elle n'a pas pu faire valoir ses droits de la défense, ce qui constitue un vice de procédure qui entache d'illégalité la décision du 7 juillet 2023 portant réintégration après un congé de longue maladie ;
- cette décision est également entachée d'un vice de procédure tenant au fait qu'elle n'a pas été invitée à présenter ses observations préalablement à l'intervention de cette décision ;
- la décision du 7 juillet 2023 est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle a été prise au regard de la décision prononçant la caducité de son agrément et de son autorisation de port d'armes, le 26 mai 2023, décision elle-même prise sur la base de la décision municipale de mise en disponibilité de l'intéressée qui a été notifiée au sous-préfet le 22 mai 2023, or il s'avère que cette dernière décision est illégale au regard des visites médicales auxquelles elle a été soumise en vue de reprendre son poste, avant l'intervention de la décision du 7 juillet 2023, de sa candidature au poste de brigadier-chef principal le 16 février 2023 et du fait que la directrice des ressources humaines lui a indiqué qu'elle ne pourrait pas reprendre son poste le 21 août en raison de la perte de son agrément malgré son placement en surnombre dans son grade ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle avait demandé une fin de détachement anticipée le 10 juin 2022, et non une réintégration anticipée à la fin de son congé longue maladie et que si elle a sollicité une réintégration à la fin de son congé de longue maladie du 4 novembre 2022, c'était pour satisfaire à la réglementation ; elle a toujours manifesté le souhait de rejoindre son emploi dans son grade d'origine ; ainsi elle aurait dû reprendre ses fonctions à temps partiel thérapeutique dès le 1er janvier 2023 sous réserve d'aménagements, selon l'avis médical du 23 janvier 2023 du docteur B ; l'avis de ce médecin du 15 mai 2023 doit être regardé comme portant sur une réintégration à temps complet au sein de la police municipale, alors que plusieurs postes étaient vacants au sein de la police municipale ;
- la décision de la sous-préfète du 26 mai 2023 est entachée d'erreur de droit dès lors que l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure ne prévoit que la possibilité de suspendre ou de retirer l'agrément et que seul l'article R. 511-20 prévoit que l'autorisation de port d'armes peut devenir caduque ;
- elle ne peut être regardée comme ayant définitivement cessé d'exercer ses fonctions puisqu'elle a été maintenue en surnombre le 1er août 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Charrel, conclut à titre principal au non-lieu à statuer, à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires, à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête a perdu son objet et il n'y a plus lieu de statuer dès lors que l'arrêté du 1er août 2023 a placé la requérante en surnombre à compter du 1er janvier précédent, de sorte que la décision du 7 juillet 2023 a perdu ses effets ; la requérante n'a jamais repris ses fonctions d'adjoint au 1er janvier 2023 et a été réintégrée au sein de son corps d'origine à compter du 1er janvier 2024, postérieurement à l'introduction de sa requête ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable indemnitaire et ne sont pas fondées ;
- les moyens de légalité externe sont inopérants, aucune obligation légale n'imposait au maire de notifier la décision de caducité ou de permettre à Mme A de présenter ses observations préalablement à son adoption ;
- aucune mise en disponibilité n'a été prononcée par le maire de la commune et aucune pièce produite n'en fait mention ;
- aucune disposition du code de la sécurité intérieure ne prévoit la possibilité pour un agent de police municipale, qui a fait l'objet d'un détachement, d'être réintégré sans le bénéfice de son agrément ;
- au vu de la caducité de l'agrément la commune ne pouvait légalement faire droit à la demande de la requérante en procédant à sa réintégration et était en situation de compétence liée par rapport à la décision du préfet ;
- le moyen soulevé contre la décision du 26 mai 2023 du préfet est inopérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Garnier, substituant Me Charrel pour la commune de Saint-Paul.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est employée par la commune de Saint-Paul au sein de la police municipale en qualité de brigadier-chef principal titulaire. Elle bénéficie d'un agrément délivré par le procureur de la République et le préfet de La Réunion, ainsi que d'une autorisation de port d'armes. Par courrier du 24 décembre 2021, elle a demandé son détachement sur un poste relevant de la filière administrative et a été détachée à compter du 1er janvier 2022 en qualité d'adjoint administratif principal de 1ère classe. Elle a demandé, le 10 juin 2022, la fin de son détachement dans cet emploi et sa réintégration anticipée dans son corps d'origine. Par une décision du 7 juillet 2023, la requérante a été réintégrée à temps complet à compter du 1er janvier 2023 dans l'emploi qu'elle occupait par voie de détachement et par une décision du 1er août 2023, l'intéressée a été maintenue en surnombre depuis le 1er janvier 2023 en qualité de brigadier-chef principal, avec priorité pour être affectée dans un emploi correspondant à son grade au sein de la commune de Saint-Paul. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2023 et l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté 1er août 2023 devenu définitif, le maire de Saint-Paul a reconnu à Mme A la qualité de brigadier-chef principal de police municipale et l'a maintenue en surnombre à compter du 1er janvier 2023 avec priorité pour être affectée dans un emploi correspondant à son grade. Eu égard à son objet et à ses effets, cet arrêté doit être regardé comme procédant au retrait de la décision attaquée du 7 juillet 2023 dès lors qu'il procède à la réintégration de Mme A dans ses fonctions initiales d'agent de police municipale à compter du 1er janvier 2023 et au grade dont elle est titulaire. Dans ces conditions, la commune de Saint-Paul est fondée à opposer l'exception de non-lieu à statuer aux conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2023, lesquelles ont perdu leur objet.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas présenté de demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Paul du défaut de décision préalable doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme A, la somme de 1 000 euros au titre des frais exposées par la commune de Saint-Paul et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2023.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Mme A versera la somme de 1 000 euros à la commune de Saint-Paul en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Saint-Paul.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Blin, présidente,
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Marchessaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
La présidente,
A. BLIN
Le greffier,
F .IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026