jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI LEXSTEP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 septembre 2023 et le 25 janvier 2024, Mme C A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 avril 2023 par laquelle le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Sainte-Marie a rejeté sa demande de nouvelle bonification indiciaire (NBI) majorée de 15 points ;
2°) d'enjoindre au CCAS de Sainte-Marie de lui verser cette indemnité à compter du 1er janvier 2019, compte-tenu de la période non couverte par la prescription ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Sainte-Marie la somme de 1000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le décret n°2006-779 du 3 juillet 2006 détermine son éligibilité à l'attribution de cette nouvelle bonification indiciaire dès lors qu'elle assure l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 novembre 2023 et le 7 février 2024, le CCAS de Sainte-Marie, représenté par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables eu égard à l'autorité de la chose jugée ;
- à titre subsidiaire, le moyen n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi,
- les conclusions de M.Sauvageot, rapporteur public
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint administratif employée par le centre communal d'action sociale (CCAS) de Sainte-Marie, exerce depuis 2010 les fonctions de responsable du service Habitat. Par courrier du 21 mars 2023, elle a sollicité le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) en se prévalant de ses missions d'encadrement d'une équipe d'au moins 5 agents à vocation technique. Par décision du 18 avril 2023, le CCAS a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision et qu'il soit enjoint au CCAS de lui octroyer la NBI avec effet rétroactif au 1er janvier 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du I de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale : " Une nouvelle bonification indiciaire, prise en compte pour le calcul de la retraite, est versée mensuellement aux fonctionnaires territoriaux exerçant une des fonctions figurant en annexe au présent décret. ". L'annexe à laquelle il est ainsi renvoyé mentionne, au point 19, que les fonctions d'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents, sont éligibles à une nouvelle bonification indiciaire de quinze points. Il résulte des dispositions précitées que la condition tenant aux fonctions d'encadrement exercées par l'agent et celle tenant à la technicité requise sont cumulatives. Selon ces dispositions, l'attribution d'une nouvelle bonification indiciaire ne résulte pas des missions susceptibles d'être statutairement confiées à un agent mais des seules caractéristiques des fonctions exercées.
3. Mme A soutient qu'en tant que responsable du service " Urgence Habitat " depuis le 1er septembre 2019, auparavant coordinatrice de ce service depuis le 1er juillet 2010, elle assure les fonctions d'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique de onze agents, faisant notamment référence aux missions décrites dans une fiche de poste non datée et à l'organigramme du CCAS de Sainte-Marie.
4. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les missions d'encadrement des agents techniques invoquées par la requérante sont dévolues en réalité à M. B en qualité de responsable technique du service, bénéficiaire à ce titre de la NBI, dont les activités principales consistent aux termes de la fiche de poste produite, en date du 22 mars 2023, dans le management et la gestion du personnel de l'équipe technique, ses missions étant également attestées par les comptes-rendus d'entretien d'évaluation des agents concernés placés sous sa direction, mentionnant sa qualité d'autorité de notation. Par suite, à défaut de démontrer l'effectivité des fonctions d'encadrement dont elle se prévaut, Mme A n'établit pas qu'elle remplit les conditions requises pour bénéficier de la NBI au titre des dispositions du décret du 3 juillet 2006 citées au point 2.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la décision de refus d'attribution de la NBI n'est entachée d'aucune illégalité et que les conclusions tendant à l'annulation de la décision litigieuse, présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge du centre d'action sociale de Sainte-Marie qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande Mme A sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A le versement de somme que demande le CCAS de Sainte-Marie au titre des dispositions du même article.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre d'action sociale de Sainte-Marie sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au centre d'action sociale de Sainte-Marie.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
N.TOMI La présidente,
A. BLIN
Le greffier ,
F.IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026