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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2301455

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2301455

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2301455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2023, Mme C A, représentée par Me Belliard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2023 par lequel le préfet de La Réunion lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- il méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la fraude n'est pas établie ;

- le motif relatif à l'absence de contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant est entaché d'erreur de droit au regard des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,

- et les observations de Me Belliard, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, ressortissante comorienne née le 27 avril 1993 aux Comores, est entrée à La Réunion le 11 janvier 2022, alors qu'elle disposait d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français à Mayotte valable jusqu'au 13 avril 2022. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour à La Réunion. Par un arrêté du 6 octobre 2023, le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. ".

3. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est, en principe, opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il dispose d'éléments précis et concordants de nature à établir, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou après l'attribution de ce titre, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.

4. Pour refuser l'octroi d'un titre de séjour à Mme A en sa qualité de mère de l'enfant français Nawadi B né le 9 juillet 2014, reconnu par M. D B, ressortissant français, le préfet de La Réunion a retenu que l'intéressée n'avait pas fourni d'autorisation spéciale, que la reconnaissance de son enfant français avait été établie de manière frauduleuse, et qu'il n'était pas établi que le père de son enfant français contribuait à son entretien et à son éducation. Pour retenir la fraude, le préfet a retenu que M. D B, de 14 ans son aîné, avait reconnu au moins seize enfants de douze mères différentes, dont quatorze enfants entre 2012 et 2019 et cinq en 2014. Il a également relevé que ces reconnaissances ont permis à dix mères, entrées irrégulièrement, de régulariser leur situation en sollicitant un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, et que trois d'entre elles ont déjà obtenu leur titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Le préfet a ajouté que Mme A n'apportait pas la preuve d'une communauté de vie ni avant ni après la naissance de l'enfant avec M. B, et que ce dernier ne justifiait pas maintenir des relations avec l'enfant. Toutefois, Mme A produit plusieurs attestations de voisins attestant de la réalité de sa relation avec M. B à Mayotte et de l'existence de relations entre M. B et l'enfant Nawadi, ainsi qu'un pacte civil de solidarité (PACS), conclu le 23 novembre 2021 avec M. B. Contrairement à ce que soutient le préfet de La Réunion, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des attestations de témoignage produites, que ce PACS serait entaché de fraude. Dans ces conditions, en présence d'éléments de nature à établir qu'un ressortissant français serait le père biologique de l'enfant de Mme A, c'est à tort que le préfet de La Réunion a estimé que la reconnaissance de paternité de cet enfant a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention par l'intéressée d'un titre de séjour.

5. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point 2 que l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au motif qu'il est parent d'un enfant français doit justifier, outre de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, de celle de l'autre parent, de nationalité française, lorsque la filiation à l'égard de celui-ci a été établie par reconnaissance en application de l'article 316 du code civil. Le premier alinéa de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que cette condition de contribution de l'autre parent doit être regardée comme remplie, dès lors qu'est rapportée la preuve de sa contribution effective ou qu'est produite une décision de justice relative à celle-ci. Dans ce dernier cas, il appartient seulement au demandeur de produire la décision de justice intervenue, quelles que soient les mentions de celle-ci, peu important notamment qu'elles constatent l'impécuniosité ou la défaillance du parent français auteur de la reconnaissance. La circonstance que cette décision de justice ne serait pas exécutée est également sans incidence.

6. Pour refuser l'octroi d'un titre de séjour à Mme A sur le fondement de l'article L. 423-7, le préfet de La Réunion s'est également fondé sur l'absence de contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Pour contester cette appréciation, la requérante produit un jugement du juge aux affaires familiales, en date du 7 février 2023, ainsi que des copies d'écran de messages électroniques. Toutefois, le jugement du 7 février 2023, qui indique que l'autorité parentale sur l'enfant Nawadi sera exercée exclusivement par la mère et qui fixe la résidence de l'enfant au domicile de l'intéressée, ne se prononce pas sur la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant par le père. En outre, les captures d'écran produites, qui ne mentionnent pas le nom de l'auteur des messages, ne permettent pas non plus d'établir l'existence d'une contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Par suite, c'est à bon droit que le préfet, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7, a retenu l'absence de contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. S'il a cru bon d'ajouter, pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-8, que la reconnaissance de paternité de l'enfant était frauduleuse et que Mme A aurait dû produire une autorisation spéciale, il ressort des pièces du dossier que le préfet de La Réunion aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif de l'absence de contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le motif surabondant tiré de l'absence d'autorisation spéciale, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre litigieux méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée à Mayotte en 2014, qu'elle a obtenu un premier titre de séjour en 2015 qui a été régulièrement renouvelé jusqu'en avril 2022, et qu'elle est entrée à La Réunion le 11 janvier 2022. Elle fait valoir qu'elle justifie contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses trois enfants, nés en 2012, 2014 et 2023, dont un est de nationalité française, et qu'elle réside aujourd'hui chez sa mère, titulaire d'une carte de résident dix ans. Enfin, elle se prévaut de la présence en France de ses deux demi-sœurs, titulaires d'un titre de séjour. Toutefois, les pièces produites ne permettent pas de justifier de la continuité de son séjour à Mayotte depuis 2015. En outre, dès lors qu'elle indique être aujourd'hui séparée de son conjoint, de nationalité française, la décision de refus de titre de séjour ne fait pas obstacle à ce que Mme A poursuive sa vie privée et familiale aux Comores avec ses enfants. Enfin, elle ne justifie pas de l'intensité de ses liens avec sa mère et ses deux demi-sœurs, ni de la nécessité pour elle de résider auprès d'elles, et ne fait pas état d'une insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet, en prenant le refus de titre litigieux, aurait méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ".

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est mère d'un enfant français, né en 2014, avec qui elle réside et dont elle justifie contribuer à l'entretien et à l'éducation depuis au moins deux ans. Si le préfet soutient que la reconnaissance de l'enfant est frauduleuse, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'intéressée produit des éléments précis et concordants de nature à établir qu'un ressortissant français serait le père biologique de l'enfant. Par suite, Mme A est fondée à soutenir qu'en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet de La Réunion a méconnu le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et d'une astreinte :

12. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet de La Réunion délivre un titre de séjour à Mme A. En revanche, il y a lieu d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de La Réunion du 6 octobre 2023 est annulé seulement en tant qu'il oblige Mme A à quitter le territoire français.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de La Réunion de réexaminer la situation de Mme A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président,

- M. Felsenheld, premier conseiller,

- Mme Beddeleem, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

La rapporteure,

J. BEDDELEEM

Le président,

Ch. BAUZERAND Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de la Réunion ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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