lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301490 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 novembre 2023, 6 février, 26 mars et 22 juin 2024, Mme C A veuve B, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge à hauteur de 50 % des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2023 pour sa propriété située au 43 impasse Arthur à St Benoît.
Mme A soutient être dans une situation précaire et ne pouvoir verser le solde restant dû.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 janvier, le 22 mars, le 28 avril et 9 juin 2024, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance du 14 mai 2024, le vice-président du Conseil d'État a, en application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, délégué M. Jégard aux tribunaux administratifs de Mayotte et de La Réunion et du 15 juin au 13 juillet 2024.
Le président du tribunal a désigné M. Jégard, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 30 octobre 2023, le service des impôts des particuliers de Saint-Benoît a rejeté la contestation de taxe foncière relative aux propriétés bâties présentée par
Mme C A veuve B pour sa propriété située au 43 impasse Arthur à Saint-Benoît. Par sa requête, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge partielle, à hauteur de 50 %, de cette taxe.
2. D'une part, aux termes de l'article 1391 B ter du code général des impôts : " I. - Il est accordé, sur la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à l'habitation principale des contribuables dont les revenus n'excèdent pas le montant prévu au II de l'article 1417, un dégrèvement égal à la fraction de la cotisation supérieure à 50 % du montant total de leurs revenus définis aux II et IV du présent article. / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ; / 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; / () ". Les décisions statuant sur ces demandes peuvent être annulées si elles sont entachées d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation, ou d'un détournement de pouvoir.
4. Enfin, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants () ".
5. Il résulte de l'instruction que Mme A a adressé sa réclamation au service des impôts des particuliers de Saint-Benoît sous la forme du formulaire 2014-DPTF-SD, lequel constitue une demande de plafonnement de la taxe foncière au sens des dispositions de l'article 1391 B ter du code général des impôts, rappelées au point 2. Il s'agit dès lors d'une requête tendant à la contestation d'assiette, qui s'analyse comme étant un contentieux de pleine juridiction. Les moyens de la requérante tendant à l'obtention d'une remise gracieuse sont, par suite, inopérants.
6. Le contentieux du refus de remise gracieuse relève quant à lui de l'excès de pouvoir. S'il résulte des écritures que Mme A aurait déposé par la suite une demande de remise gracieuse au sens des dispositions de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, qui aurait été rejetée, il lui appartenait en tout état de cause de saisir le tribunal par une requête séparée tendant exclusivement à l'annulation de la décision rejetant sa demande de remise gracieuse.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée, en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, citées au point 4. Un tel rejet ne fait pas obstacle à ce que Mme A dépose, si elle s'y croit fonder, une nouvelle demande de remise gracieuse auprès de l'administration fiscale, dont elle pourra contester le rejet dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A veuve B et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Fait à Saint-Denis le 8 juillet 2024.
Le magistrat délégué,
X. JÉGARD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
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