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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2301560

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2301560

jeudi 22 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2301560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de Mme B, psychologue territoriale, qui contestait le refus du département de La Réunion de lui accorder le complément de traitement indiciaire (CTI). La requérante soutenait exercer à titre principal des fonctions d'accompagnement socio-éducatif au sein de la cellule accueil familial, conformément au décret du 19 septembre 2020. Le tribunal a jugé que les missions de Mme B, consistant notamment à évaluer les candidatures à l'agrément et à participer aux commissions techniques, ne relevaient pas à titre principal de l'accompagnement socio-éducatif des publics en difficulté visé par les textes. Par conséquent, la décision de refus du département a été validée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 décembre 2023 et 11 juin 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 juin 2023, reçue le 28 juin 2023, par laquelle le département de La Réunion a refusé d'accorder le bénéfice du complément de traitement indiciaire (CTI) à l'ensemble des psychologues de la direction de l'autonomie, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 27 juillet 2023 reçu par le département le 4 août 2023 ;

2°) de condamner le département à lui verser le CTI avec effet au 1er avril 2022.

Elle soutient qu'elle remplit les conditions d'éligibilité au CTI prévues par le décret du 30 novembre 2022, dès lors qu'elle exerce en qualité de psychologue clinicienne des fonctions d'accompagnement socio-éducatif à titre principal au sein de la cellule accueil familial de la direction de l'Autonomie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 mai 2024 et le 21 octobre 2024, le département de La Réunion oppose une fin de non-recevoir de la requête et conclut à son rejet au fond.

Il fait valoir que :

- la note du 21 juin 2023 n'a pas de caractère décisoire, la requête est donc irrecevable ;

- les psychologues cliniciens de la direction de l'Autonomie ne remplissent que deux des trois critères cumulatifs exigés pour bénéficier du CTI dès lors qu'ils n'exercent pas à titre principal des fonctions d'accompagnement socio-éducatif, les assistants familiaux dont elle assure l'accompagnement, n'entrant pas dans la catégorie des publics en difficulté.

Par une ordonnance du 12 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général de la fonction publique ;

- loi du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 ;

- le décret n°2020-1152 du 19 septembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tomi, première conseillère ;

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public ;

- et les observations du département de La Réunion représenté par Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, psychologue territoriale clinicienne, est employée par le département de la Réunion depuis 2007 et exerce ses fonctions au sein de la cellule accueil familial de la direction de l'autonomie depuis le 21 novembre 2019. Par courrier du 15 mai 2023, elle a sollicité le bénéfice du complément de traitement indiciaire (CTI), puis par courrier du 27 juin suivant, reçu par le département le 4 août 2023, elle a formé un recours gracieux contre une " décision " contenue dans un courrier du 21 juin 2023, adressé collectivement aux psychologues cliniciens du département, portant refus d'attribution du CTI. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 21 juin 2023 en tant qu'elle lui refuse le bénéfice du CTI et la décision implicite de rejet de sa demande reçue le 4 août 2023 et d'enjoindre au département de lui verser ce complément avec effet rétroactif au 1er avril 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 48 de la loi du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 : " () C.-Le complément de traitement indiciaire est également versé aux fonctionnaires et militaires mentionnés aux articles L. 3, L. 4 et L. 5 du code général de la fonction publique et relevant de corps, de cadres d'emplois ou de spécialités précisés par décret, dès lors qu'ils exercent, à titre principal, des fonctions d'accompagnement socio-éducatif au sein : 8° Des services départementaux d'action sociale mentionnés au 1° de l'article L. 123-1 du même code ; () ". Aux termes de l'article 11° du décret du 19 septembre 2020 modifié, relatif au versement d'un complément de traitement indiciaire à certains agents publics : " Le complément de traitement indiciaire est également versé aux fonctionnaires relevant des cadres d'emplois mentionnés au III de l'annexe et exerçant, à titre principal, des fonctions d'accompagnement socio-éducatif au sein :

() Des services de protection maternelle et infantile mentionnés au 3° de l'article L. 123-1 du même code ;

3° Des services départementaux d'action sociale mentionnés au 1° du même article ;

4° Des centres mentionnés aux articles L. 123-4 et L. 123-4-1 du même code ;

5° Des services de l'aide sociale à l'enfance mentionnés au 2° de l'article L. 123-1 du même code ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B occupe un emploi relevant de la catégorie de ceux qui sont éligibles au bénéfice du CTI et qu'elle est affectée en qualité de responsable à la cellule " Accueil familial " du service départemental de l'offre d'accueil et d'hébergement de la direction de l'Autonomie, dont les attributions consistent à instruire les demandes d'agrément pour l'accueil familial salarié, à organiser la professionnalisation des accueillants, à en assurer la gestion. Toutefois, il est établi notamment aux termes de la fiche d'appel à candidature pour le recrutement d'un psychologue clinicien, diffusée le 4 juin 2019 et de la fiche de poste correspondante, que les missions qu'elle exerce à titre principal consistent à " évaluer sur le plan psychologique les candidatures à l'agrément les demandes de renouvellement ainsi que toute autre modification d'agrément, à apporter un "avis technique " sur la mise en œuvre des placements pour une meilleure compréhension des situation étudiées, à participer aux commissions techniques départementales d'agrément, à mettre à jour les données sur le logiciel métier et à participer l'évaluation des informations préoccupantes ". Ainsi, alors qu'elle a pour fonction d'accompagner " les accueillants familiaux dans leur pratique auprès des personnes âgées ou handicapées ", elle ne peut être considérée comme étant chargée à titre principal ni même directement de l'accompagnement des publics vulnérables, dont le suivi est assuré par les seuls assistants familiaux, lesquels n'entrent pas, contrairement à ce qu'elle soutient, dans la catégorie des publics fragilisés en raison de leur âge ou d'un handicap, concernés par un accompagnement socio-éducatif. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que le département de La Réunion a pu lui refuser l'attribution de ce complément de traitement indiciaire.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme B doit être rejetée, en ce compris ses conclusions à fin d'injonction.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Blin, présidente,

Mme Marchessaux, première conseillère,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.

La rapporteure,

N. TOMILa présidente,

A. BLIN

La greffière,

S. LE CARDIET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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