lundi 8 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400001 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 janvier 2024, le syndicat autonome de la fonction publique territoriale de La Réunion (SAFPTR) demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du président de la communauté d'agglomération de l'Est de La Réunion (CIREST) du 28 décembre 2023 refusant de renouveler, pour l'année 2024, la décharge de service pour exercice d'une activité syndicale sollicitée au profit de M. A B ;
2°) d'enjoindre à la CIREST, sous astreinte, d'attribuer cette décharge de service ;
2°) de mettre à la charge de la CIREST une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le SAFPTR soutient que :
- l'agent et le syndicat subissent, sans justification réelle, une remise en cause de leur droit à décharge d'activité ; l'entrave à l'action syndicale est constitutive d'une situation d'urgence ;
- la nécessité de service invoquée par le président de la CIREST n'étant pas caractérisée, il y a lieu de constater l'illégalité de la mesure au regard des dispositions du décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- la mesure intervient dans un contexte d'animosité vis-à-vis du syndicat ; le détournement de pouvoir est établi.
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale, qui est une liberté fondamentale.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 janvier 2023, la CIREST représentée par Me Dugoujon, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du SAFPTR une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La CIREST soutient que :
- la condition d'urgence caractérisée n'est pas remplie en l'espèce ;
- la décision litigieuse, prise au motif que le service d'affectation de M. B est en sous-effectif du fait de la situation de CLM de deux agents et des droits à congé RTT de plusieurs autres agents, n'est pas constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale portée à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- la Constitution, et notamment son Préambule ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 janvier 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;
- les observations de M. C, représentant le SAFPTR, qui confirme les conclusions et moyens du référé ; il insiste sur la difficulté, pour le syndicat, de désigner au titre de la décharge un agent aussi qualifié que M. B, ainsi que sur les possibilités dont dispose la CIREST pour faire face à la situation de sous-effectif alléguée ;
- les observations de Me Dugoujon, avocat de la CIREST, qui confirme les écritures en défense.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".
2. Sur le fondement des dispositions précitées, le SAFPTR, dont l'un des membres, M. B, bénéficiait depuis 2022 d'une décharge de service totale pour exercice d'une activité syndicale, conteste auprès du juge des référés la décision du président de la CIREST du 28 décembre 2023 refusant le renouvellement de cette décharge d'activité pour l'année 2024.
3. Selon le Préambule de la Constitution, " tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ".
4. Aux termes de l'article L. 113-1 du code général de la fonction publique : " Le droit syndical est garanti aux fonctionnaires. Les intéressés peuvent librement créer des organisations syndicales, y adhérer et y exercer des mandats () ". Aux termes de l'article 20 du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale : " Les organisations syndicales désignent les agents bénéficiaires des décharges d'activité de service parmi les représentants en activité () Elles en communiquent la liste nominative à l'autorité territoriale () / Si la désignation est incompatible avec la bonne marche du service, l'autorité territoriale motive son refus et invite l'organisation syndicale à porter son choix sur un autre agent ".
5. En remettant en cause pour 2024 le choix du SAFPTR de désigner M. B au titre de la décharge syndicale à mettre en oeuvre auprès de la CIREST sans invoquer d'autres circonstances, selon les termes de la décision litigieuse, ou selon les précisions apportées dans le cadre de la présente instance, que " le service de collecte auquel appartient l'agent se retrouve actuellement à fonctionner en sous-effectif " et que cette situation de sous-effectif se déduit, au-delà de l'absence de M. B, de l'actuelle position de congé de longue maladie de deux agents parmi les 8 contrôleurs de collecte, conjuguée avec les droits à congé dont pourront se prévaloir en 2024 plusieurs agents n'ayant pu prendre leurs congés en 2023, l'autorité territoriale, qui ne s'explique pas sur les circonstances qui s'opposeraient à ce que les agents absents soient ponctuellement remplacés par d'autres fonctionnaires de l'établissement public ou par des agents non titulaires, invoque des raisons de service qui sont insuffisamment caractérisées et ne sont pas de nature à justifier légalement sa décision de refus, laquelle est particulièrement pénalisante pour le syndicat concerné. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin de statuer en outre sur la question du détournement de pouvoir, le SAFPTR est fondé à soutenir que la CIREST a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale, qui est une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
6. Par ailleurs, il y a lieu de constater l'urgence caractérisée résultant de la situation subie par le SAFPTR et le fonctionnaire dont le droit à décharge de service a été nié, mais aussi par l'ensemble des fonctionnaires et agents de la CIREST, en conséquence de l'entrave sciemment apportée par le président de cet établissement public à la modalité essentielle de l'activité syndicale que constitue le régime des décharges de service.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision du 28 décembre 2023 doit être suspendue et qu'il y a lieu d'enjoindre à la CIREST de maintenir, pour l'année 2024, la décharge de service attribuée à M. B pour le compte du SAFPTR, étant précisé que, compte tenu de l'office du juge des référés, cette injonction revêt un caractère provisoire. Il n'y a pas lieu, pour l'heure, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le SAFPTR, qui ne justifie pas des frais allégués.
9. Partie perdante dans la présente instance, la CIREST ne peut qu'être déboutée de sa demande présentée sur ce même fondement.
ORDONNE :
Article 1er : La décision du président de la CIREST refusant le renouvellement, pour l'année 2024, de la décharge de service attribuée à M. B pour le compte du SAFPTR est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la CIREST de maintenir, pour l'année 2024, la décharge de service attribuée à M. B pour le compte du SAFPTR.
Article 3 : Les conclusions présentées par les deux parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat autonome de la fonction publique territoriale de La Réunion (SAFPTR) et à la communauté d'agglomération de l'Est de La Réunion (CIREST).
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Saint-Denis.
Fait à Saint-Denis, le 8 janvier 2024.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de la Réunion ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026