mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400034 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la délibération du 7 décembre 2023 par laquelle le jury du concours externe de caporal de sapeurs-pompiers professionnels de La Réunion a arrêté la liste des candidats admissibles à se présenter à l'épreuve orale d'admission au titre de l'année 2023.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que cette décision produit des effets immédiats sur sa situation professionnelle ;
- le déroulement de l'épreuve de mathématiques est entaché d'irrégularités propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 décembre 2023, sous le n° 2301571, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 7 décembre 2023 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, pour établir que condition d'urgence est satisfaite, le requérant se borne à soutenir que la décision litigieuse " produit des effets immédiats sur ma (sa) situation professionnelle ". Toutefois, par elle-même, la décision litigieuse ne modifie pas la situation du requérant. En outre, celui-ci ne justifie d'aucune chance particulièrement sérieuse de réussite au concours de caporal de sapeur-pompier professionnel. En conséquence, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Par suite, la requête doit être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
5. En l'espèce, la présente requête a un objet identique à celles enregistrées sous les n° 2301568 et 2301602, rejetées par des ordonnances du juge des référés des 8 et 19 décembre 2023 pour défaut d'urgence. Par suite, la requête de M. A présente un caractère abusif. Ainsi, il y a lieu de condamner M. A à payer une amende de 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A est condamné à payer une amende de 200 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de La Réunion.
Copie en sera adressée au SDIS de La Réunion.
Faits à Saint-Denis le 17 janvier 2024.
Le juge des référés,
R. FELSENHELD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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