lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 mars et 8 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Ali, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel en sa qualité d'étranger malade, dans le délai d'un mois, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne et de ses corollaires ainsi que les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 19 septembre 2024, le préfet de La Réunion conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. B.
Il fait valoir qu'il n'y a plus lieu à statuer sur la requête en raison de la délivrance d'une carte de séjour temporaire.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Duvanel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant comorien né le 31 décembre 1966 aux Comores, auparavant domicilié à Mayotte, est entré à La Réunion le 31 août 2021 dans le cadre d'une évacuation sanitaire. Le 18 septembre 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour d'une durée de deux ans, sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 17 novembre 2023, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de La Réunion a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Le préfet de La Réunion soutient que, M. B ayant obtenu en cours d'instance une carte de séjour temporaire valable du 16 septembre 2024 au 15 septembre 2025, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'annulation. Toutefois, la délivrance de cette carte temporaire n'emporte pas d'effet équivalent à la délivrance du titre de séjour pluriannuel sollicité par le requérant. Il résulte donc de ce qui précède que l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle () ".
4. Pour refuser la demande de titre de séjour présentée par M. B, le préfet s'est, d'une part, fondé sur le motif tiré de ce que sa présence en France constitue une menace à l'ordre public, eu égard à la circonstance qu'il aurait été condamné, entre 2002 et 2020 à diverses peines par les tribunaux correctionnels de Lyon et de Marseille. Toutefois, en ne produisant pas d'extrait du casier judiciaire sur lequel il s'est fondé, le préfet ne met pas le tribunal en situation de vérifier que le requérant est bien l'auteur des faits dont s'agit. Au demeurant, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B aurait eu, à un moment ou à un autre, un comportement délictueux de nature à menacer l'ordre public. Les éléments retenus par le préfet ne permettent ainsi pas, à eux seuls, de caractériser, à la date de l'arrêté, l'existence d'une menace actuelle à l'ordre public. C'est donc en entachant sa décision d'une erreur d'appréciation que le préfet a opposé à l'intéressé la réserve d'ordre public.
5. Il résulte, d'autre part, des termes de l'arrêté en litige que, pour refuser sa demande de titre de séjour, le préfet s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne remplissait pas les conditions mentionnées à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort pourtant des pièces du dossier que le préfet s'est fondé sur l'avis rendu le 6 septembre 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) selon lequel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et selon lequel il ne peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, les soins nécessités par son état de santé devant être poursuivis pour une durée de deux ans.
6. Dans ces conditions, M. B satisfaisant aux conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une seconde erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 17 novembre 2023 par laquelle le préfet a rejeté sa demande de titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les autres décisions contenues dans l'arrêté en litige, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de La Réunion de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", en application des dispositions susmentionnées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois, à compter de la date de notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à Me Ali, avocat de M. B, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 novembre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de La Réunion de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Ali, conseil de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Duvanel, premier conseiller,
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
Le rapporteur,
F. DUVANEL Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026