mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GAILLARD - SAUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 14 et 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me Rakotonirina, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 21 mars 2024 par lequel le président du conseil départemental de La Réunion a prononcé la suspension de ses fonctions à compter de sa notification et a indiqué que sa situation sera réévaluée dans un délai maximum de quatre mois ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de La Réunion de le replacer dans ses fonctions à compter de la date de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département de La Réunion les dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, d'une part, la décision de le suspendre de ses fonctions résulte de faits infondés pour lesquels il n'a pas pu apporter de réponse et, d'autre part, cette décision a des conséquences financières car, contrairement à son traitement indiciaire, ses primes ne sont pas maintenues ;
- l'arrêté de suspension méconnaît les dispositions de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique dès lors qu'il fait preuve d'un comportement exemplaire et qu'il ne trouble pas le service.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2024, le département de La Réunion, représenté par Me Saubert, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B les dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- le moyen invoqué n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la requête enregistrée le 14 mai 2024, sous le numéro n° 2400606, par laquelle le requérant demande l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 30 mai 2024 à 14 heures :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés,
- et les observations de Me Saubert représentant le département de La Réunion, qui persiste dans ses écritures tout en soulignant le défaut d'urgence de la requête dès lors que la seule perte financière liée à la minoration de prime, au demeurant plus faible que ce qu'allègue le requérant, ne saurait suffire à caractériser l'urgence. Sur le moyen tiré du doute sérieux, le degré de vraisemblance des faits reprochés est suffisamment caractérisé en l'espèce. Une procédure disciplinaire est, par ailleurs, en cours.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, adjoint technique territorial principal de 2ème classe des établissements d'enseignement, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 21 mars 2024 par lequel le président du conseil départemental de La Réunion a prononcé la suspension de ses fonctions à compter de sa notification et a indiqué que sa situation sera réévaluée dans un délai maximum de quatre mois.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ". Aux termes de l'article L. 531-2 du même code : " Si, à l'expiration du délai mentionné à l'article L. 531-1, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions ". Il résulte de ces dispositions que la suspension d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire, sans caractère disciplinaire, qui a pour objet d'écarter l'intéressé du service pendant la durée nécessaire à l'administration pour tirer les conséquences de ce dont il est fait grief à l'agent. Par ailleurs, les dispositions précitées trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
4. Il résulte de l'instruction qu'à la suite des faits intervenus le 20 mars 2024, M. B a fait l'objet d'un arrêté de suspension temporaire de ses fonctions, dans l'intérêt du service, pour avoir été surpris en train de fouiller dans le bureau de l'adjointe gestionnaire du collège dans lequel il exerce ses fonctions. Il se déduit notamment de l'espèce que M. B tentait de rechercher son dossier disciplinaire dans le bureau de la gestionnaire. Ces faits qui ont un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité ne sont pas contestés par l'intéressé, qui a, au demeurant, confirmé avoir pénétré dans le bureau sous couvert de ses responsabilités par un courriel du 21 mars 2024. Par ailleurs, les courriels envoyés du 15 au 20 mars 2024 sur lesquels se fonde la décision attestent des relations conflictuelles entre les équipes de l'établissement scolaire et l'intéressé qui, quant à lui, soutient faire l'objet " d'harcèlement moral et de propos calomnieux " par sa supérieure hiérarchique, dans un courriel du 17 mars 2024. L'ambiance conflictuelle au sein de l'équipe du collège ressort également d'une enquête administrative diligentée en fin d'année 2023 qui relate plusieurs incidents survenus entre M. B et d'autres agents du service, dont des altercations verbales et un refus d'obéissance hiérarchique, et d'un courrier de la principale du collège du 25 janvier 2024 reprenant ces éléments. Enfin, si l'intéressé soutient qu'il fait preuve d'un comportement exemplaire dans le service, les documents attestant de ce comportement concernent l'année 2022 et dans un autre établissement. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble de ces éléments et notamment des faits imputés à l'intéressé, le moyen invoqué par M. B n'est manifestement pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 21 mars 2024 prononçant sa suspension.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence, les conclusions à fin de suspension et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction, présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
7. Ces dispositions font obstacle à ce que le département de La Réunion, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse une somme à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le paiement au département de La Réunion d'une somme de 500 euros sur ce même fondement. La présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions tendant à cette fin ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera au département de La Réunion la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au président du conseil départemental de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 11 juin 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026