jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de La Réunion et de Mayotte demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à M. B A et toute personne occupante de son chef de libérer, sans délai, le logement mis à sa disposition au sein de la résidence universitaire Campus à Sainte-Clotilde.
Il soutient que M. A n'a pas effectué les démarches de renouvellement de la chambre à l'issue de l'année universitaire 2022-2023, en méconnaissance de l'article 6.1.2 de la circulaire nationale régissant le fonctionnement des résidences gérées par le CROUS, générant une dette de 1 500 euros au 30 avril 2024 au titre des loyers impayés, ni donné suite aux sollicitations du CROUS visant à l'informer de sa qualité d'occupant sans droit ni titre depuis le 16 août 2023. Dans ces conditions, la mesure demandée présente les caractères d'urgence et d'utilité, compte tenu des difficultés pour le CROUS de pourvoir à toutes les demandes et, par suite, de l'atteinte portée au fonctionnement du service public du logement des étudiants. Il ajoute que, dans le courant du mois de septembre 2023, M. A a été invité à rendre la clef du logement à la suite d'une agression physique envers une jeune femme et l'intervention des forces de police.
La procédure a été communiquée à M. A le 28 mai 2024, qui n'a pas produit de mémoire.
Un mémoire en production de pièce a été enregistré le 13 juin 2024 pour le CROUS de La Réunion et de Mayotte, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la circulaire de gestion locative 2023 de la présidente du centre national des œuvres universitaires et scolaires du 28 février 2023 ;
- la délibération du conseil d'administration du 28 juin 2023 portant adoption du règlement intérieur des résidences universitaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 13 juin 2024 à 14 heures, le rapport de M. Sorin, juge des référés, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, le CROUS de La Réunion et de Mayotte demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. B A du logement occupé sans droit ni titre au sein de la résidence universitaire Campus à Sainte-Clotilde.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un occupant sans titre du domaine public, le juge des référés fait droit à celles-ci dès lors que la demande présentée est utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des locaux occupés présente un caractère d'urgence.
3. Aux termes de l'article 19.1 du règlement intérieur des résidences universitaires adopté par délibération du conseil d'administration du CROUS de La Réunion et de Mayotte du 28 juin 2023 : " Conséquences du maintien dans les lieux - En cas de non-renouvellement au terme de l'occupation initiale " : " L'occupant reçoit une décision motivée de non-renouvellement ou de non-réadmission concernant la prochaine année universitaire. L'occupant qui n'a pas effectué l'ensemble des démarches nécessaires à sa réadmission ou son renouvellement selon les conditions définies par le Crous en application de la circulaire de gestion locative, ou dont la demande de réadmission ou de renouvellement a été refusée par une décision motivée du Crous ne peut pas se maintenir dans les lieux au-delà de la date de fin d'occupation. En cas de maintien dans les lieux au-delà de l'échéance de la décision initiale, le résident devient sans droit ni titre. Une mise en demeure de quitter les lieux lui est alors notifiée. Il dispose d'un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lieux. L'occupation au-delà de cette échéance fera l'objet d'une indemnisation selon le tarif adopté en conseil d'administration du Crous. / A défaut, le Crous saisit le juge des référés du tribunal administratif territorialement compétent d'une requête aux fins d'expulsion. "
4. Pour demander l'expulsion de M. A, le CROUS de La Réunion et de Mayotte se borne à faire valoir que ce dernier n'a pas effectué les démarches de renouvellement de la chambre universitaire mise à sa disposition à l'issue de l'année universitaire 2022-2023 et, par suite, qu'il occupe sans droit ni titre ladite chambre depuis le 16 août 2023 et n'aurait pas répondu aux courriels et rendez-vous sollicités par l'administration visant à l'informer de cette qualité. Toutefois, le CROUS, qui ne produit aucune pièce au soutien de sa demande, n'établit ni la qualité d'occupant sans droit ni titre du requérant ni avoir mis en œuvre la procédure définie par le règlement intérieur aux dispositions précitées, en notifiant à M. A une mise en demeure de quitter les lieux dans un délai de quinze jours, préalablement à la saisine du juge des référés. Par suite, la présente demande doit être regardée comme se heurtant à une contestation sérieuse et être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du CROUS de La Réunion et de Mayotte est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de La Réunion et de Mayotte et à M. B A.
Fait à Saint-Denis, le 13 juin 2024.
Le président du tribunal,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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