vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400746 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 4 juin 2024, par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) sud de La Réunion a arrêté les modalités d'organisation de la permanence des soins en biologie médicale ;
2°) d'enjoindre au CHU d'adopter des modalités de permanence des soins conformes à la réglementation applicable et notamment en respectant la règle suivant laquelle les résultats ne peuvent être communiqués qu'après avoir été validés par le biologiste médical ;
3°) de mettre à la charge du CHU la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que cette nouvelle organisation, d'une part, comporte des risques pour les patients ces derniers étant privés d'un soin qualitatif et, d'autre part, qu'elle pourrait avoir une conséquence sur sa rémunération dès lors qu'il " risquerait de ne pas être rémunéré " ;
- sa requête est recevable dès lors que la décision attaquée fait grief ;
- les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, des vices de procédure ainsi que de la méconnaissance des dispositions des articles L. 6211-2, L. 6211-7 et D. 6211-3 du code de la santé publique, sont, en l'état de l'instruction à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête n° 2400745 enregistrée le 12 juin 2024 tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable, ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée, sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. A supposer même que la décision attaquée d'organisation de la gestion de la permanence des soins en biologie et anatomopathologie fasse grief au requérant, il ne ressort pas de cette décision que les techniciens et le logiciel VALAB aient pour responsabilité de valider des résultats ou de communiquer des résultats aux patients ou cliniciens, sans l'intervention d'un biologiste. Au demeurant, si cette décision encadre l'intervention des biologistes, en fixant des plages horaires d'intervention et un déplacement qui doit être précédé, pour certaines disciplines médicales et sur certains horaires, d'un appel d'un technicien ou d'un clinicien, elle n'a pas pour objet ou pour effet de priver l'intéressé de poursuivre les activités pour lesquelles il perçoit une rémunération. Par suite, le requérant, qui ne se prévaut d'aucune autre circonstance particulière, n'établit pas que la décision attaquée porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ou à ceux qu'il entend défendre et rendrait ainsi nécessaire l'intervention du juge des référés avant que ne soit jugée sa requête au fond.
3. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur du centre hospitalier universitaire sud de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 14 juin 2024.
Le président du tribunal,
T. SORIN
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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