mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400840 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. B A, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 27 mai 2024 par laquelle le recteur de l'académie de La Réunion a refusé de prolonger son congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) jusqu'au 31 août 2024 ;
2°) d'enjoindre au recteur de La Réunion de le placer en CITIS jusqu'au 31 août 2024, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et jusqu'à l'intervention du juge du fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée le place dans une situation financière " délétère ", notamment au regard des charges qu'il se doit de régler ;
- les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit, de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 131-1 et L. 133-2 du code général de la fonction publique en raison des discriminations et du harcèlement moral qu'il subit, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête sous le numéro n° 2400824 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, M. B A, professeur certifié de classe exceptionnelle affecté à La Réunion, soutient que la décision attaquée le place dans une situation financière " délétère ", notamment au regard des charges qu'il se doit de régler. Toutefois, d'une part, le requérant n'apporte aucune preuve sur sa situation financière actuelle et sur les charges qu'il se doit de régler et, d'autre part, si l'intéressé est placé à mi-traitement par une décision, au demeurant, non contestée, ce n'est qu'à compter de septembre 2024 et il n'établit pas la situation de grave préjudice que cela lui causerait alors que sa mutuelle doit théoriquement lui assurer le complément de rémunération. Par suite, le requérant n'établit pas que la décision du 27 mai 2024 par laquelle le recteur de l'académie de La Réunion a refusé de prolonger son CITIS jusqu'au 31 août 2024 porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ou à ceux qu'il entend défendre et rendrait ainsi nécessaire l'intervention du juge des référés en urgence avant que ne soit jugée sa requête au fond.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition du doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise, pour information, au recteur de l'académie La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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