mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PAYEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2024, M. A B, représenté par Me Payen et Me More, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision du 6 mai 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé son changement d'affectation pour le centre pénitentiaire de Fresnes - quartier maison d'arrêt pour hommes ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux de le réintégrer au sein du centre pénitentiaire de Saint-Denis de La Réunion et, à défaut, sur un autre centre pénitentiaire de La Réunion, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à partir de 48 heures suivant la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est transféré à plus de 11 000 km de sa famille résidant à La Réunion, ce qui rend difficilement réalisable toute visite ; de plus, ce transfèrement porte atteinte aux droits de la défense ;
- la décision attaquée méconnaît l'article D. 215-14 du code pénitentiaire et la règle du " non bis in idem " dès lors qu'elle constitue une seconde sanction à raison des mêmes faits ; elle méconnaît également l'article 6 du code de procédure pénale ;
elle est insuffisamment motivée ;
- Elle méconnaît le droit d'être entendu ;
- elle porte atteinte aux droits de la défense en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable s'agissant d'une mesure d'ordre intérieur ;
- en tout état de cause, elle ne porte pas une atteinte excessive à ses droits personnels et familiaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire,
- le code de procédure pénale,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 juillet à 11h00 :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés ;
- et les observations de Me Payen, représentant M. B, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et entend souligner l'atteinte à la vie privée et familiale du requérant et aux droits de la défense par la mesure contestée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été mis en examen, le 25 mars 2023, pour des faits de nature criminelle d'assassinat et de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime et placé en détention provisoire, le même jour, au centre pénitentiaire de Saint-Denis de La Réunion. M. B demande la suspension de l'exécution de la décision du 6 mai 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a décidé son changement d'affectation par mesure d'ordre et son transfèrement au sein du quartier maison d'arrêt des hommes du centre pénitentiaire de Fresnes dans le département du Val d'Oise.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. D'une part, les décisions de changement d'affectation d'une maison d'arrêt à un établissement pour peines ainsi que les décisions de changement d'affectation entre établissements de même nature constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus. Il s'ensuit que si les exigences de la sauvegarde de l'ordre public doivent être conciliées avec la liberté fondamentale que constitue le droit de tout individu à une vie familiale, ces stipulations n'accordent pas aux détenus le droit de choisir leur lieu de détention, la séparation et l'éloignement du détenu de sa famille constituant des conséquences inévitables de la détention.
4. D'autre part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
5. Pour établir l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du garde des sceaux, ministre de la justice, l'affectant au centre pénitentiaire de Fresnes, M. B soutient qu'elle porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et au maintien de ses liens familiaux, dès lors qu'elle rend impossible la visite de sa conjointe et de ses enfants ainsi que des autres membres de sa famille, résidant à La Réunion. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait reçu, de manière régulière, des visites de la part de ses proches alors qu'il était placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Saint-Denis de La Réunion, de sorte que son affectation au sein du quartier maison d'arrêt pour hommes du centre de détention de Fresnes, nonobstant le délai inhérent à l'obtention de nouveaux permis de visite ou l'accroissement de la distance les séparant, ne porte pas significativement atteinte aux conditions dans lesquels les liens avec ses proches sont maintenus, l'intéressé pouvant continuer d'avoir des contacts épistolaires et téléphoniques, comme antérieurement, avec eux. Au demeurant, la mesure de transfert en litige ne fait pas obstacle à ce que M. B sollicite un transfert aux fins de rapprochement familial, vers sa conjointe et ses enfants. Enfin, M. B n'établit pas que ce transfèrement porterait atteinte à son droit d'être défendu par ses avocats, avec lesquels il lui est possible de conserver des échanges téléphoniques ou épistolaires. Ainsi, pour regrettable que soit le fait que les autorités compétentes n'aient pas décidé du transfert de M. B vers un établissement pour peine plus proche de ses enfants et de sa conjointe, aucune des circonstances qu'il avance n'est de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées.
6. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'étant pas remplie, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, en ce compris les conclusions qu'il présente à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Saint-Denis, le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026