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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2400947

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2400947

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2400947
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Ali, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de son éloignement vers Mayotte ;

3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion, à titre principal de lui délivrer un laissez-passer l'autorisant à se rendre à Lyon, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation sur le fondement des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans un délai de de deux mois, et, durant cet examen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à Me Ali, sous réserve qu'il renonce à percevoir l'indemnité d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle est exposée à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- l'exécution de son éloignement porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'elle ne peut pas se rendre à l'université de Lyon pour poursuivre ses études en master 1 ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Le Merlus, conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

4. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 10 novembre 2022, le préfet de La Réunion a fait obligation à Mme B A, ressortissante comorienne née le 11 septembre 1998, de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le délai de départ volontaire qui lui était imparti étant expiré, elle a été assignée à résidence, dans l'attente de son éloignement, pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de La Réunion par une décision du 28 juin 2024. Le 18 juillet 2024, la police aux frontières lui a transmis un billet d'avion pour Mayotte en date du 22 juillet 2024 afin d'assurer son éloignement vers Les Comores. Dans ces conditions, eu égard à l'irrégularité de son séjour sur le territoire français, Mme A ne peut utilement soutenir que l'exécution de la mesure d'éloignement du 10 novembre 2022 porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.

5. En deuxième lieu, si Mme A soutient que l'exécution de la mesure d'éloignement l'empêche de poursuivre ses études au sein de l'université de Lyon où elle a été acceptée en master 1 pour l'année universitaire 2024/2025, cette circonstance n'est pas de nature à démontrer une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors au demeurant que, par un jugement du 30 novembre 2023 enregistré sous le numéro 2300035, le tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet de La Réunion du 10 novembre 2022 en tant qu'il lui refuse le renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

6. En troisième lieu, Mme A n'apporte aucun élément susceptible d'établir qu'il existerait des motifs sérieux et avérés de croire que son éloignement vers Les Comores via Mayotte l'expose, de manière personnelle, certaine et actuelle, à un risque de subir des traitements inhumains ou dégradants. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que l'exécution de la mesure d'éloignement porterait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants, protégé par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative peuvent, dès lors qu'elles sont manifestement infondées, être rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter l'ensemble des autres conclusions de la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Réunion

Fait à Saint-Denis le 24 juillet 2024.

Le juge des référés,

T. LE MERLUS

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

jb

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