vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400970 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision née du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur sa demande tendant au maintien de sa majoration de traitement reçue le 26 avril 2024.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la suppression de la majoration de traitement la place dans une situation financière très difficile au regard des charges mensuelles pesant sur son foyer et a des conséquences au niveau moral et psychologique ;
- le moyen tiré de la discrimination au regard de son état de santé est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 741-1 du code général de la fonction publique est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
- le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dès lors qu'elle peut continuer de percevoir la majoration de traitement en congé de longue maladie, est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juillet 2024, sous le numéro 2400961 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Merlus, conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
3. Par la décision contestée née du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la demande de Mme B A, lieutenant pénitentiaire affectée au centre pénitentiaire de Saint-Denis de La Réunion, l'administration a refusé de rétablir la majoration de traitement ainsi que son indexation durant la période de son congé longue durée prononcé par un arrêté du 24 janvier 2024. Pour justifier de l'urgence à suspendre cette décision, Mme A soutient qu'avec une rémunération qui est désormais d'environ 1 700 euros par mois, elle est placée dans une situation financière très difficile au regard des charges mensuelles qui pèsent sur son foyer pour un montant de 2 257,19 euros. Toutefois, elle ne justifie pas, par la seule production d'un tableau récapitulatif de ses charges fixes mensuelles, que cette baisse de revenus la mettrait dans l'incapacité de régler les charges incompressibles qui pèsent sur elle. En outre, si elle se prévaut des conséquences de la décision sur son état moral et psychologique, elle ne produit aucun élément au soutient de ses allégations. Dès lors, elle ne démontre pas que la mesure litigieuse préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour caractériser une situation d'urgence.
4. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera transmise, pour information, au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Saint-Denis le 26 juillet 2024.
Le juge des référés,
T. LE MERLUS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
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