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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401042

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401042

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401042
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision de mutation de M. B, fonctionnaire de La Poste, prise le 26 avril 2024. Le juge estime que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie, faute pour le requérant de démontrer une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation, d'autant qu'il a attendu plus de deux mois pour saisir le tribunal. La requête est donc rejetée sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. A B demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 26 avril 2024 par laquelle la direction exécutive de La Poste Outre-Mer a décidé de sa mutation à compter du 1er juin 2024.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il n'occupe plus son emploi et se voit confier de nouvelles activités dépourvues de pouvoirs décisionnaires et de responsabilités managériales, qu'il se trouve administrativement muté en métropole, ce qui le prive d'être éligible au CSE d'établissement de la direction exécutive de La Réunion où il exerce effectivement ses fonctions, alors que les listes électorales seront arrêtées au 31 août 2024.

Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 26 avril 2024 :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié de l'ensemble des droits attachés à la procédure disciplinaire ;

- elle retire une décision individuelle créatrice de droits ;

- elle est entachée d'un détournement de procédure ;

- elle a été prise en violation de la loi et méconnait " l'action syndicale ", liberté fondamentale

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 juillet 2024, sous le numéro 2401020 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Baizet, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Par la décision contestée dont il indique avoir reçu notification le 30 mai 2024, M. B, fonctionnaire de La Poste, affecté à la direction exécutive de La Poste de La Réunion, a été muté à compter du 1er juin 2024 à l'antenne " DDROM " de Saint-Denis de La Réunion. Pour justifier de l'urgence à ce que la mesure de mutation soit suspendue, le requérant soutient qu'il n'occupe plus son emploi et se voit confier de nouvelles activités dépourvues de pouvoirs décisionnaires et de responsabilités managériales, qu'il se trouve " administrativement " muté en métropole, ce qui le prive d'être éligible au CSE d'établissement de la direction exécutive de La Réunion où il exerce effectivement ses fonctions, alors que les listes électorales seront arrêtées au 31 août 2024. Toutefois de tels éléments, à les supposer établis, ne sont pas de nature à démontrer une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Au surplus, alors qu'il occupe toujours un poste à La Réunion, l'intéressé a attendu plus de deux mois pour introduire le présent recours. Dans ces conditions, M. B n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête présentée par M. B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au centre de service des ressources humaines de La Poste.

Fait à Saint-Denis le 6 août 2024.

La juge des référés,

E. BAIZET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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