jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401050 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 août 2024, la société SCI CCG, représentée par Me Le Foyer de Costil, demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Pierre a refusé de lui délivrer un permis de construire ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Pierre de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Pierre de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre la somme de 4000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus en litige compromet fortement son avenir et menace sa survie à court terme ; le bâtiment risque la fermeture administrative ; elle pourrait tout simplement disparaitre ; une fermeture administrative aurait des conséquences dramatiques sur l'activité économique de la zone et la survie des sociétés présentes dans le même bâtiments ; depuis le 3 juin 2022, le manque à gagner est de plus de 36 000 euros ; son projet est au point mort dès lors qu'elle ne peut effectuer des travaux au sein du bâtiment.
Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 20 juin 2024 :
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 août 2024, sous le numéro 2401051 par laquelle la société SCI CCG demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Baizet, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi d'une demande de suspension d'une décision portant refus de permis de construire, il lui appartient d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de permis litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. À cette fin, l'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision en litige, la société requérante soutient que le refus de permis de construire en litige, portant sur un changement de destination, compromet fortement son avenir, menace sa survie à court terme, ainsi que la survie de l'activité économique de la zone et des sociétés présentes dans le bâtiment en raison d'une possible fermeture administrative, que son projet est " au point mort ", et que son manque à gagner est estimé à 36 000 euros depuis l'avis défavorable de la commission de sécurité et d'accessibilité du 3 juin 2022. Toutefois, la seule production d'un avis de valeur locative des deux bureaux concernés par sa demande ne saurait suffire à apprécier les conséquences du refus de permis de construire litigieux sur sa situation économique, ni à justifier de la nécessité pour elle de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision attaquée. Dans ces circonstances, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société SCI CCG doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société SCI CCG est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SCI CCG.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Saint-Pierre.
Fait à Saint-Denis le 8 août 2024.
La juge des référés,
E. BAIZET
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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