mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, Mme B F, agissant en sa qualité de représentante légale de sa fille, D C, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision, en date du 30 mai 2024, par laquelle le recteur de l'académie de La Réunion lui a refusé l'autorisation d'instruction dans la famille au titre de l'année scolaire 2024-2025 pour sa fille D C, ensemble la décision, en date du 2 juillet 2024, par laquelle la commission de l'académie de La Réunion compétente pour statuer sur les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'instruction dans la famille a rejeté son recours contre cette décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que les décisions litigieuses préjudicient les intérêts de son enfant, la scolarisation en établissement étant inadaptée aux besoins de sa fille.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées dès lors qu'elles ne lui ont pas été notifiées régulièrement par lettre recommandée avec accusé de réception ;
- une acceptation tacite de sa demande d'autorisation d'instruction en famille est intervenue le 24 mai 2024 ;
- les décisions attaquées sont entachées de l'incompétence de leur auteur en l'absence d'une délégation de signature ;
- elles sont entachées de vice de procédure dès lors que la commission académique n'a pas été présidée par le recteur de l'académie de La Réunion et que l'administration ne justifie pas de la régularité de la composition de ladite commission, en méconnaissance de l'article D.131-11-11 du code de l'éducation ;
- les décisions litigieuses sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la situation propre de sa fille, justifiant une instruction en famille et un projet éducatif particulier, est démontrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le recteur de l'académie de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2401096 tendant à l'annulation des décisions, en date du 30 mai 2024, le recteur de l'académie de La Réunion et, en date du 2 juillet 2024, de la commission de l'académie de La Réunion compétente pour statuer sur les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'instruction dans la famille.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 2 septembre 2024 à 14 heures, M. E étant greffier d'audience au tribunal administratif de La Réunion.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Khater, juge des référés ;
- les observations de Mme F ;
- les observations de Mme A pour le recteur de l'académie de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'existence d'une urgence à statuer sur sa demande, Mme F soutient que la scolarisation en établissement nuirait aux intérêts de sa fille, la contraignant à commencer sa scolarité dans un établissement scolaire avant de la poursuivre de nouveau en famille. Or, l'obligation d'instruction dans un établissement d'enseignement ne peut pas être regardée comme portant atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant dès lors qu'il ne résulte pas des pièces du dossier qu'une scolarisation classique dans un établissement d'enseignement public ou privé serait contraire aux intérêts de D qui a auparavant été scolarisée au collège Alsace Corré à Cilaos, avec succès, en classe de 6ème pour l'année scolaire 2023-2024. Par ailleurs, l'interruption de l'instruction en famille n'est pas constitutive d'une situation d'urgence en l'absence de considération particulière propre à l'enfant justifiant la poursuite de cette modalité d'instruction. A cet égard, si la requérante se prévaut de la circonstance que l'instruction en famille ainsi que le projet éducatif qu'elle propose, sont adaptés aux besoins et au rythme de développement de sa fille qui suit de nombreuses activités extra-scolaires en particulier dans le domaine artistique, ces allégations ne permettent pas d'établir l'existence d'une situation propre à son enfant justifiant de la poursuite de l'instruction en famille et par suite, l'existence d'une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de ces décisions soient suspendues, la seule proximité de la rentrée scolaire ne caractérisant d'ailleurs pas une telle situation. Par suite, la condition tenant à l'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant au doute sérieux, que la requête présentée par Mme F doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Mme F n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F agissant en sa qualité de représentante légale de sa fille, D C et au recteur de l'académie de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 3 septembre 2024.
La juge des référés,
A. KHATER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401095
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026