lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401105 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2024, Mme H C, veuve B, Mme F B, Mme G B, Mme D B et M. E B, représentés par Me Khlifi-Etheve, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Pierre de procéder à la conservation, dès la notification de l'ordonnance, de l'ensemble des échantillons et prélèvements effectués sur M. A I B, décédé le 29 juillet 2024 ;
2°) de mettre à la charge du CHU de Saint-Pierre les entiers dépens ainsi que la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que M. B a été vraisemblablement contaminé par une bactérie présente dans l'un des repas servis deux jours avant son décès et que la conservation des prélèvements effectués est nécessaire pour effectuer les analyses requises ;
- la mesure est utile dès lors que ses ayants-droits n'ont aucune autre possibilité aux fins de connaître les raisons de son décès ;
- cette demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 et 17 septembre 2024, le centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion, représenté par Me Caremoli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de rejeter la requête et de réserver les dépens.
Il fait valoir que :
- il ne s'oppose pas à la tenue d'une expertise ;
- la conservation des analyses réalisées n'est en revanche pas possible.
Par un mémoire en observations du 20 septembre 2024, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux et des infections nosocomiales (ONIIAM) déclare ne pas s'opposer à la réalisation d'une expertise et que soient réservés les dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 19 juillet 2023 relatif à la conservation d'échantillons biologiques lors de la réalisation d'examens de biologie médicale par les laboratoires de biologie médicale
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 20 février 1952, a été hospitalisé au sein du CHU de La Réunion, site de Saint-Pierre, le 23 juillet 2024 en raison d'une douleur au thorax avec essoufflement. Il a été diagnostiqué que la valve coronaire qui lui avait été implantée en 2011 devait être changée. Le 28 juillet 2024, M. B a dû être transféré en service de réanimation et placé en coma artificiel à la suite d'une détérioration soudaine de son état de santé. Il est décédé le 29 juillet 2024. Ayant été informés par le service d'hygiène de l'établissement que le repas qu'il avait pris le 26 juillet avait été contaminé par la bactérie Listeria, ses ayants-droits demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au CHU de la Réunion de conserver les prélèvements biologiques effectués sur le défunt aux fins d'analyses ultérieures.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il résulte des dispositions précitées que, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires toutes mesures, notamment sous la forme d'injonctions à l'égard de l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Si ces dispositions habilitent le juge des référés à prescrire la communication de documents administratifs sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, il n'en va ainsi que pour autant qu'il est notamment satisfait à la condition d'urgence et d'utilité qu'elles énoncent.
4. Il résulte de l'instruction que le placement de M. B en coma artificiel est intervenu à la suite de la dégradation de son état général le dimanche 28 juillet 2024, vraisemblablement en lien avec une infection et que cet évènement est survenu deux jours après qu'il a consommé un repas contaminé par la listéria au sein de l'établissement de Saint-Pierre du CHU de La Réunion. La conservation des prélèvements biologiques effectués entre le 26 et le 29 juillet 2024 sur M. B apparaît donc utile et urgente aux fins de déterminer les causes de la détérioration brutale de son état de santé, dans l'éventualité où sa famille le souhaiterait. En se bornant à indiquer que cette conservation n'est pas possible sans autre précision, le CHU de Saint-Pierre ne justifie pas en quoi une telle conservation se heurterait à une contestation sérieuse alors que les laboratoires d'analyse sont tenus de conserver les échantillons biologiques selon une certaine durée, conformément à ce que prescrit l'arrêté susvisé du 19 juillet 2023. Dans ces conditions, il y a lieu de prescrire au CHU de La Réunion de conserver les échantillons et prélèvements effectués sur M. A I B du 26 au 29 juillet 2024.
5.Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du CHU de La Réunion le paiement aux consorts B d'une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, en l'absence de dépens de l'instance, les conclusions des parties sur ce point doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au centre hospitalier universitaire de La Réunion de procéder à la conservation des échantillons et prélèvements effectués sur M. A I B du 26 au 29 juillet 2024.
Article 2 : Le CHU de la Réunion versera aux consorts B une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H C, veuve B, à Mme F B, à Mme G B, à Mme D B, à M. E B, au centre hospitalier universitaire de La Réunion et à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux et des infections nosocomiales.
Fait à Saint-Denis, le 23 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026