mercredi 4 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KARJANIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 août et 2 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Karjania, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 24 juin 2024 du maire de la commune de Saint-André portant mutation sur un poste de coordonnateur du dispositif " Cité éducative " à compter du 1er juillet 2024 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-André de la réintégrer à titre provisoire sur son poste de directrice des ressources humaines, ou à défaut sur tout poste correspondant à son grade, et de reconstituer sa carrière dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir dans l'attente du jugement au fond ; subsidiairement, d'enjoindre à la commune de Saint-André, dans le même délai, de réexaminer sa situation et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-André une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu des responsabilités et possibilités d'évolution de carrière dont elle est privée, des incertitudes liées aux missions et rattachement hiérarchique du poste sur lequel elle est affecté et des conséquences du changement d'affectation sur son état de santé physique et mental ;
- les moyens tirés des vices de procédure à défaut de publicité de la création de l'emploi, à défaut d'avoir mis l'agent à même de demander la communication de son dossier en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 et à défaut de procédure préalable contradictoire, de la méconnaissance du statut d'attaché territorial, de l'absence d'intérêt du service et de détournement de pouvoir et de la qualification de sanction déguisée la privant de la garantie d'une procédure disciplinaire en méconnaissance des articles L. 530-1 à L. 533-6 du code général de la fonction publique et du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2024, la commune de Saint-André, représentée par Me Binsard, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la situation d'urgence n'est pas caractérisée ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la requête enregistrée le 20 août 2024 sous le n° 2401108 par laquelle Mme B A demande l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 2 septembre 2024 à 15 heures :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés,
- les observations de Me Karjania, représentant Mme A, présente, qui persiste dans ses écritures et fait valoir que l'intéressée souhaite protéger sa carrière et sa santé contre une décision subite et lourde d'impact, de sorte que l'urgence est caractérisée ; qu'elle est lanceuse d'alerte des dysfonctionnements du service, qui lui sont désormais reprochés par la commune, sans rapporter la preuve de la matérialité des faits reprochés ; qu'il s'agit en réalité d'une sanction déguisée, compte tenu des griefs qui lui sont faits justifiant une procédure disciplinaire et l'impréparation de la nouvelle affectation, et sans que l'intéressée n'ait eu la possibilité de faire valoir ses observations ;
- la commune de Saint-André n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 24 juin 2024 par laquelle le maire de la commune de Saint-André a décidé de sa mutation sur un poste de coordonnateur du dispositif " Cité éducative " à compter du 1er juillet 2024.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il résulte de l'instruction que, nonobstant l'incidence minime sur sa rémunération, le changement d'affectation induit par la décision de mutation d'office dont est demandée la suspension, a une incidence sur ses conditions de travail, Mme A étant amenée à occuper des responsabilités moindres sur un poste créé ad hoc. De plus, l'intéressée est placée en arrêt de travail en rapport avec un accident du travail survenu le 24 juin 2024, jour de notification de la décision de mutation d'office attaquée, et est suivie par un médecin psychiatre. L'imputation au service de son état de santé est au demeurant présumée, étant reconnue par la commune de Saint-André qui a accordé à l'intéressée son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire à compter du 13 juillet 2024. Dans ces conditions, compte tenu des effets notables de la décision attaquée, particulièrement sur la dégradation de son état de santé, Mme A doit être regardée comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué :
5. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardés dans leur avancement à l'ancienneté ". Il résulte de ces dispositions qu'un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier préalablement à cette mesure.
6. Il n'est pas contesté que Mme A n'a pas été informée de l'intention de l'administration de procéder à sa mutation d'office, qu'elle n'a apprise que lorsque la décision attaquée lui a été notifiée, le 24 juin 2024. Par suite, l'intéressée n'a pas été mise à même de consulter préalablement son dossier, ce qui n'est au demeurant pas contesté par la commune de Saint-André qui se borne à soutenir qu'elle a pu y avoir accès le 12 août 2024, soit sept semaines après l'édiction de la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière portant atteinte aux droits de la défense de Mme A est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur sa légalité.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision prononçant sa mutation sur un poste de coordonnateur du dispositif " Cité éducative ", jusqu'à ce qu'il soit statué par le tribunal sur sa requête au fond.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif de suspension retenu, la présente ordonnance implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de Saint-André de procéder au réexamen de la situation de Mme A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-André une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A pour sa requête en référé.
ORDONNE :
Article 1er : Les effets de la décision du 24 juin 2024 du maire de la commune de Saint-André portant mutation sur un poste de coordonnateur du dispositif " Cité éducative " sont suspendus.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-André de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Saint-André versera à Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Saint-André.
Fait à Saint-Denis, le 4 septembre 2024.
Le président du tribunal,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026