jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RAPADY ALAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août et 2 septembre 2024, et des pièces complémentaires, enregistrées les 1er septembre et 2 octobre 2024, Mme B C et Mme E A, demandent au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération municipale du 23 mai 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Joseph a approuvé l'institution d'une convention de maîtrise d'ouvrage unique avec un transfert temporaire de compétence au maire de la commune pour signer le marché en vue de l'aménagement de la place François Mitterrand et de l'allée des Pétrels, ainsi que le budget prévisionnel desdites opérations ;
2°) de suspendre les travaux d'aménagement de l'allée des Pétrels ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Joseph une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que
- elles ont qualité à agir dès lors qu'elles sont contribuables dans la commune de Saint-Joseph, habitantes de Manapany-Les-Bains depuis plusieurs années et voisines du projet d'aménagement en litige ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors que, d'une part, les travaux litigieux sont financés par de l'argent public au bénéfice d'un hôtel privé ;
- d'autre part, le projet d'aménagement n'a fait l'objet d'aucune étude d'impact environnementale alors qu'une population de geckos vert de Manapany est présente dans l'allée des Pétrels ;
- enfin, les travaux litigieux portent une atteinte au cadre de vie des usagers du site naturel de Manapany-les-Bains ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la délibération municipale du 23 mai 2022 dès lors que la totalité du projet d'aménagement n'a pas fait l'objet d'une étude d'impact environnementale ;
- il n'y a pas eu d'enquête publique pour interroger les habitants de la commune de Saint-Joseph ;
- il n'y pas eu de consultation du public ni de l'association de quartier ;
- l'argumentation selon laquelle le projet d'aménagement était justifié sur l'intérêt public a été différente devant les élus municipaux et les élus de l'intercommunalité ;
- les élus municipaux n'ont pas disposé de toutes les informations permettant d'apprécier dans sa globalité le projet d'aménagement ;
- les travaux litigieux ont débuté le 26 août 2024 sans l'autorisation requise de la mairie ;
- la délibération litigieuse est entaché d'un conflit d'intérêts ;
- une seule étude environnementale de la flore a été partiellement réalisée ;
- la commune a refusé d'informer les personnes souhaitant connaître les détails du projet d'aménagement ;
- le projet d'aménagement satisfait un intérêt privé alors qu'il est financé par des fonds publics.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, la commune de Saint-Joseph, représentée par Me Rapady, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme C et Mme A à lui payer la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la requête au fond est elle-même irrecevable, faute pour les requérantes d'avoir exercé un recours en contestation de validité du contrat ;
- elle est elle-même irrecevable dès lors qu'elle présente des conclusions principales à fin d'injonction, qu'en outre, la délibération querellée a produit intégralement ses effets et qu'enfin, les requérantes n'ont pas d'intérêt à agir ;
- en tout état de cause, il n'y a pas urgence à ordonner la suspension des travaux entrepris à l'allée des Pétrels ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la délibération du 23 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2200955 tendant à l'annulation de la délibération municipale du 23 mai 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Joseph a approuvé une convention de maîtrise d'ouvrage unique avec un transfert temporaire de compétence en vue de l'aménagement de la place François Mitterrand et de l'allée des Pétrels.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 4 octobre 2024 à 10h00, Mme D étant greffière d'audience au tribunal administratif de La Réunion.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Khater, juge des référés ;
- les observations Mme A ;
- les observations de Me Tamil, substituant Me Rapady, pour la commune de Saint-Joseph.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération municipale n° DCM-220523-015 du 23 mai 2022, affichée le 3 juin 2022 en mairie, la commune de Saint-Joseph a approuvé l'opération d'aménagement de la place François Mitterrand et de l'allée des Pétrels ainsi que la convention de maîtrise d'ouvrage unique avec transfert temporaire de compétence de la communauté d'agglomération du Sud (CASUD) au profit de la commune de Saint-Joseph en vue des deux opérations d'aménagement. Par une requête enregistrée le 29 juillet 2022 au greffe de ce tribunal, Mme B C et Mme E A ont sollicité l'annulation de cette délibération. En cours d'instruction, la convention de maîtrise d'ouvrage unique désignant la commune de Saint-Joseph comme maître d'ouvrage des travaux de l'allée des Pétrels a été signée entre ladite commune et la CASUD le 28 janvier 2023. Le maître d'ouvrage a engagé la procédure de passation du marché ayant pour objet la réalisation des travaux d'aménagement de l'allée des Pétrels. Les deux actes d'engagement ont été soumis au contrôle de légalité en préfecture, le 12 juin 2024et le marché public a fait l'objet d'une publication les 18 et 19 juillet 2024 au bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP) et au journal officiel de l'Union européenne (JOUE). Par un ordre de service n°1, le maître d'ouvrage a ordonné le démarrage des travaux relatifs à l'aménagement de l'allée des Pétrels à compter du 5 août 2024. Le 31 août suivant, les requérantes ont saisi le juge des référés sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative. Par la présente requête, Mme C et Mme A doivent être regardées comme demandant, d'une part, la suspension de la délibération municipale du 23 mai 2022, et d'autre part, la suspension des travaux débutés dans l'allée des Pétrels.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne les conclusions à fins de suspension de la délibération municipale du 23 mai 2022 :
3. Il résulte de l'instruction que la délibération contestée avait pour seul objet l'approbation d'une convention de maîtrise d'ouvrage unique avec un transfert temporaire de compétence en vue de l'aménagement de la place François Mitterrand et de l'allée des Pétrels. Dès lors qu'à la date à laquelle le juge des référés statue, la convention de maîtrise d'ouvrage unique, autorisée par la délibération en cause du 23 mai 2022, a été signée le 28 janvier 2023 et a conduit à la signature du marché de travaux relatifs à l'aménagement de l'allée des Pétrels publié les 18 et 19 juillet 2024 au BOAMP et JOUE, celle-ci doit être regardée comme ayant été entièrement exécutée et produit l'intégralité de ses effets. Il s'ensuit, que les conclusions tendant à la suspension de cette décision sont devenues sans objet et sont par suite, irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions à fins de suspension des travaux débutés dans l'allée des Pétrels :
4. Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
5. Si Mmes C et A présentent sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fins de suspension d'une décision qui aurait prononcé le commencement des travaux litigieux, elles n'ont pas introduit par ailleurs, une requête distincte à fins d'annulation de cette décision dont elles sollicitent la suspension, la requête n°2200955 susvisée n'ayant pas cet objet. Par suite, ces conclusions sont également irrecevables.
6. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de Mmes C et A ne peut qu'être rejetée, y compris en ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérantes la somme demandée par la commune de Saint-Joseph au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Mme C et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Joseph présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Mme B C et Mme E A et la commune de Saint-Joseph.
Fait à Saint-Denis, le 10 octobre 2024.
La juge des référés,
A. KHATER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026