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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401189

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401189

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401189
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 29 décembre 2023 par lequel le préfet de La Réunion a refusé le renouvellement du titre de séjour "étudiant" de M. A, ressortissant comorien. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (défaut de motivation, méconnaissance des droits de la défense et de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, rendant inutile l'examen de la condition d'urgence. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ont été rejetées par voie de conséquence, et l'État n'a pas été condamné au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Lomari, avocate, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des effets de l'arrêté du 29 décembre 2023 par lequel le préfet de La Réunion a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour " étudiant ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'ordonner au même préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à Me Lomari en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est établie par le fait qu'il sera privé de ses revenus ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté considérant que celui-ci est entaché d'un défaut de motivation, de méconnaissance des droits de la défense et de méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le requérant ne justifie pas de l'urgence justifiant la suspension de la décision ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 avril 2024 sous le n°2400518 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 à 15 h 00, tenue en présence de M. Idmont, greffier d'audience :

- le rapport de M. Bauzerand, juge des référés ;

- les observations de Me Lomari, conseil du requérant.

Le préfet de La Réunion n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant comorien né le 12 octobre 1989 à M'Té Sima (Comores) fait valoir qu'il est arrivé à Mayotte à l'âge de 12 ans et y a effectué toute sa scolarité. Il est entré sur le territoire de La Réunion en 2021 et a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 27 décembre 2023. Par arrêté en date du 29 décembre 2023, le préfet de La Réunion a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dans la présente instance, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des effets de cette décision et à ce qu'il soit enjoint au préfet de La Réunion de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A, tels que visés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de ladite décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

4. M. A étant partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat soit condamné à verser une somme au titre desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 4 octobre 2024.

Le juge des référés,

Ch. BAUZERAND

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2401189

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