lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401197 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Maillot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 août 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion a prononcé son licenciement pour inaptitude physique ;
2°) d'enjoindre au CHU de la réintégrer à titre provisoire dans l'attente de la décision rendu au fond et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHU une somme de 3 268 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que son licenciement la prive injustement de sa rémunération et qu'il emporte pour elle des conséquences financières dommageables ainsi que des difficultés à retrouver un emploi du fait de son handicap imputable au CHU ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées en ce qui concerne la compétence du signataire de la décision de licenciement, du défaut de motivation, de l'erreur de fait et de droit commise par le CHU et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2401198 tendant à l'annulation de la décision du 26 août 2024 par laquelle le directeur général du CHU de La Réunion a prononcé son licenciement pour inaptitude physique ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Par une décision du 26 août 2024, le directeur général du CHU de La Réunion a prononcé le licenciement de Mme A pour inaptitude physique. Pour justifier de l'urgence à suspendre cette décision, Mme A soutient que cette décision la prive injustement de son salaire et qu'elle entraîne des conséquences dommageables. Toutefois, Mme A ne fournit aucun élément permettant d'apprécier les conséquences financières alléguées et en particulier, ne produit aucun élément relatif à la situation matérielle et financière de son foyer permettant d'apprécier si l'exécution de la décision contestée porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à ses intérêts. Dès lors, la condition de l'urgence à suspendre l'exécution de cette décision n'est pas satisfaite, de sorte que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Saint-Denis, le 16 septembre 2024.
Le juge des référés,
Ch. BAUZERAND
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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