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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401213

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401213

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401213
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production enregistrés le 13 septembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 17 septembre 2024, M. G E, représenté par Me Djafour, demande :

1°) d'annuler la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet de La Réunion lui a fait obligation de quitter le territoire national ;

2°) d'annuler la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet de La Réunion en tant qu'elle a refusé de lui octroyer le bénéfice d'un délai de départ volontaire ;

3°) d'annuler la décision du 11 septembre 2024 en tant qu'elle fixe le pays de destination ;

4°) d'annuler la décision du 11 septembre 2024 en tant qu'elle lui a fait interdiction de retour sur le territoire national pendant une durée de deux années ;

5°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, ou, à défaut, d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et durant cet examen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête n'est pas tardive, au regard des délais prescrits par les dispositions combinées des articles L. 614-2 et L. 921-1 du CESEDA ;

- la mesure d''éloignement est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, dés lors que le préfet omet de préciser en quoi les éléments retenus ne constituent pas des motifs suffisants de délivrance d'un titre de séjour ;

- la mesure d'éloignement litigieuses n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation ;

- la mesure d'éloignement litigieuse est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en tant qu'il refuse de lui reconnaitre une durée de séjour de 6 années, au motif qu'elle correspond pour partie à la durée d'instruction de sa demande d'asile, et pour partie à son maintien sur le territoire en méconnaissance d'une obligation de quitter le territoire ;

- la même mesure méconnait son droit au séjour en application des dispositions de l'article L. 423-23 du CESEDA ;

- l'arrêté litigieux méconnait son droit au séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du CESEDA ;

- l'arrêté litigieux méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du CESEDA ;

Par un mémoire en défense enregistré le 17 septembre 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête ;

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 17 septembre 2024 à 13 heures, M. B étant greffier d'audience ;

Après avoir, au cours de l'audience publique :

- présenté son rapport,

- entendu les observations de Me Djafour, avocate du requérant,

- entendu les observations de Mme F de M. D ;

- le préfet de La Réunion n'étant ni présent, ni représenté ;

Considérant ce qui suit :

1. M. G E, ressortissant sri-lankais né 6 août 2001, est arrivé à La Réunion le 14 décembre 2018 et a été immédiatement placé en zone d'attente. Il est ensuite entré régulièrement sur le territoire le 20 décembre 2018, sous couvert d'un visa de régularisation de 8 jours et y a déposé une demande d'asile rejetée par décision du directeur général de l'office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 février 2019. Par jugement du 3 février 2021, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a rejeté le recours formé par M. E à l'encontre de cette décision. Par arrêté du 8 février 2021, notifié à l'intéressé le 10 février suivant, non contesté par l'intéressé devant le juge administratif, le préfet de La Réunion lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Le même arrêté assortie cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour d'une durée de 2 années. A la suite de son interpellation le 10 septembre 2024 à Saint-André, par arrêté n° 2024/138 du 11 septembre 2024, le préfet de La Réunion lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du Sri-Lanka et interdiction d'y retour pendant une durée de deux années. Par un second arrêté n° 2024/1082 du même jour, notifié à l'intéressé le 11 septembre 2024 à 13 heures, le préfet de La Réunion a prescrit son placement en centre de rétention. Dans le cadre de la présente instance, M. E demande l'annulation de la mesure d'éloignement, de la décision lui refusant un délai de départ volontaire, et de la décision lui faisant interdiction de retour prononcées à son encontre le 11 septembre 2024.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions litigieuses :

En ce qui concerne la mesure d'éloignement :

2. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1, L. 611-1 2° et 6°. En outre, l'arrêté litigieux mentionne que le requérant est entrée sur le territoire français le 14 décembre 2018, qu'il a sollicité l'asile le 16 janvier 2019, que l'office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par décision du 28 février 2019, que son recours contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile a été rejeté par jugement du 3 février 2021 et qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai le 8 février 2021, qu'il n'a fait l'objet d'aucun recours contentieux et d'aucune exécution spontanée de sa part. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français, ne mentionne pas les considérations de droit de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision, en méconnaissance des dispositions L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, au vu des éléments de faits mentionnés dans l'arrêté, il y a également lieu d'écarter le moyen tiré du défaut d'examen sérieux.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423- 14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. : L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

5. Il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision d'éloignement litigieuse, et contrairement à ce que mentionne l'arrêté litigieux, le requérant peut se prévaloir d'une durée de séjour de 6 ans, depuis son entrée régulière sur le territoire le 20 décembre 2018, sans qu'il puisse utilement lui être opposée ni la circonstance que cette durée correspond pour partie à la durée d'instruction de sa demande d'asile ou un séjour irrégulier du fait de l'absence d'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. En outre, il ressort également des pièces du dossier que le requérant a fait preuve d'une volonté remarquable de se former et de s'intégrer dans la société française, notamment en cherchant à occuper des fonctions d'assistant d'éducation au sein du collège Fayard de Saint-André, ainsi qu'il ressort notamment des témoignages de Mme F, ancienne principale du collège Fayard de M. D, psychologue de l'éducation nationale au sein du CIO de Saint-Benoît. Toutefois, il est constant qu'il est célibataire et sans enfant. Par ailleurs, il affirme lui-même que ses parents se trouvent en Australie et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire français. Enfin, il ne se prévaut d'aucune attache personnelle sur le territoire français. Dans ces conditions, la mesure d'éloignement prise à son encontre ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale protégé par les stipulations et dispositions précitées au point 4 de la présente décision.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (..) ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".

7. En l'espèce, pour soutenir que la mesure d'éloignement est intervenue en méconnaissance des dispositions précitées, le requérant se borne à faire valoir qu'il disposait d'une promesse d'embauche de M. A C, datée du 10 août 2024. Toutefois, cette circonstance, à elle-seule, n'est pas de nature à établir que l'admission du requérant répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, circonstances qui, au demeurant, ne ressortent pas de ses écritures et des pièces qu'il produit. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la mesure d'éloignement litigieuse doivent être rejetées.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : (..) ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : (..) ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".

10. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition du 10 septembre 2024, la requérant a répondu à l'officier de police nationale " je ne veux pas repartir " à la question " Etes-vous d'accord pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français vous concernant ". Par ailleurs, il est constant que le requérant s'est soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 8 février 2021, dont il a reçu notification le 11 février suivant. Dans ces conditions, c'est a bon droit que le préfet de La Réunion a refusé d'accorder au requérant un délai de départ volontaire.

11. A supposer que le requérant invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre, un tel moyen doit être écarté pour les motifs précédemment exposé aux points 2 à 6 de la présente décision.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision de refus d'un délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

14. En l'espèce, l'arrêté litigieux mentionne que le requérant est entré à La Réunion le 14 décembre 2018, que sa cellule familiale se trouve à l'étranger, qu'il a déjà fait l'objet d'une précédemment mesure d'éloignement. Dans ces conditions, la mesure d'interdiction litigieuse est suffisamment motivée, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que, le cas échéant, l'arrêté indique à tort que la cellule familiale du requérant se trouve en Australie plutôt qu'au Sri-Lanka, ou que le préfet ne soit pas fondé à soutenir que le requérant ne peut se prévaloir d'une durée de séjour de 6 années ainsi qu'il a été précédemment exposé au point 5 de la présente décision.

15. A supposer que le requérant invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre, un tel moyen doit être écarté pour les motifs précédemment exposé aux points 2 à 6 de la présente décision.

16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'interdiction de retour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. A supposer que le requérant invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre, un tel moyen doit être écarté pour les motifs précédemment exposé aux points 2 à 6 de la présente décision.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

Sur les frais relatifs au litige :

19. Le requérant étant la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. G E et au préfet de La Réunion.

Copie en sera, en outre, notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Saint-Denis, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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