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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401221

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401221

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401221
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Mutation d'un agent public contestée. Le Tribunal Administratif de La Réunion, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision de mutation dans l'intérêt du service prise par le président du conseil départemental. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, faute pour le requérant de fournir des éléments suffisants sur les conséquences financières alléguées. La requête est rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 juillet 2024 par laquelle le président du conseil départemental de La Réunion a prononcé sa mutation dans l'intérêt du service à compter du 5 août 2024 ;

2°) de lui allouer la somme de 6 000 euros et " la protection fonctionnelle ".

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa mutation emporte pour lui des conséquences financières dommageables ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées en ce qui concerne les vices de procédure, la double sanction déguisée, le harcèlement subi a porté atteinte à sa dignité et avait un caractère diffamatoire.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2401222 tendant à l'annulation de la décision du 29 juillet 2024 par laquelle le président du conseil départemental de La Réunion a prononcé sa mutation dans l'intérêt du service à compter du 5 août 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Par une décision du 29 juillet 2024, le président du conseil départemental de La Réunion a prononcé la mutation de M. A dans l'intérêt du service à compter du 5 août 2024. Pour justifier de l'urgence à suspendre cette décision, M. A soutient que cette décision entraînerait pour lui des conséquences dommageables financières et professionnelles. Toutefois, M. A ne fournit aucun élément permettant d'apprécier les conséquences financières alléguées et en particulier, ne produit aucun élément relatif à la situation matérielle et financière de son foyer permettant d'apprécier si l'exécution de la décision contestée porterait atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à ses intérêts. Dès lors, la condition de l'urgence à suspendre l'exécution de cette décision n'est pas satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Saint-Denis, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

Ch. BAUZERAND

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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