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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401267

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401267

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401267
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion, saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté qu'une décision explicite de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, prise le 1er octobre 2024, s'était substituée à la décision implicite de refus initialement contestée par Mme A C. En conséquence, le tribunal a estimé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de l'exécution de la décision implicite, celle-ci ayant été remplacée. La requête a ainsi été rejetée comme devenue sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, Mme B A C, représentée par Me Wandrey, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ";

2°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle réside de manière ininterrompue depuis plus de dix ans à La Réunion, qu'elle vit en couple avec un ressortissant français depuis 7 ans et a eu avec lui deux enfants français nés en 2019 et 2020 ; la simple délivrance de récépissés successifs la place dans une situation de précarité et porte atteinte à son droit à mener une vie familiale normale ; le délai d'examen de sa demande est anormalement long ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée s'agissant du défaut de motivation, de l'erreur de droit et de fait, du défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard notamment de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- les moyens invoqués ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées.

Vu :

- la requête enregistrée le 26 septembre 2024, sous le numéro n° 2401262, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 10 octobre à 9 heures 30, en présence de Mme Le Cardiet-Baloukjy, greffière d'audience :

- le rapport de M. Sorin, juge des référés,

- et les observations de Me Wandrey, représentant Mme A C, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens. Il souligne que la requérante est présente à La Réunion depuis au moins dix ans. Elle vient de découvrir que le préfet de La Réunion avait pris une mesure portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dont elle n'a pas pu encore contester le bien-fondé. Il appartiendra donc au tribunal d'apprécier les suites à donner à la présente requête.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante comorienne née le 20 juin 1984, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressée. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de l'instruction que, par une décision n° 2024/148 du 1er octobre 2024, postérieure à l'introduction de la requête, le préfet de la Réunion a rejeté la demande de délivrance d'un titre de séjour de Mme A C et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Cette décision explicite de refus de titre de séjour s'est nécessairement substituée à la décision implicite que Mme A C entendait contester par la présente requête. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ainsi que, par voie de conséquence, sur ses conclusions à fin d'injonction.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A C.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C et au préfet de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de la Réunion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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