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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401452

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401452

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401452
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 novembre 2024 sous le n° 2401452, la SASU E-TERRA et Mme B A, représentées par Me Tragin, avocat, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du préfet de La Réunion du 5 décembre 2023 mettant à leur charge les sommes de 55 260,05 euros et 86 041,79 euros pour des prestations inexécutées qui avaient fait l'objet d'une prise en charge par les OPCOS et pour les dépenses rejetées au titre des exercices 2021 et 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- il est urgent de suspendre la décision litigieuse, qui expose l'entreprise à sa disparition à brève échéance et la dirigeante à une situation financière inextricable ;

- l'habilitation des agents chargés du contrôle n'est pas démontrée ;

- la compétence du signataire de l'acte n'est pas non plus démontrée ;

- l'extension du contrôle à l'année 2022 a été irrégulièrement réalisée, sans base légale et sans information préalable ;

- la SASU E-TERRA n'a pas été mise à même de présenter des observations ; le principe d'individualisation des sanctions a été méconnu ;

- l'obligation de remboursement au titre des dépenses rejetées procède d'une erreur d'appréciation et d'une inexacte application de l'article L. 6362-4 du code du travail, tant en ce qui concerne la problématique du lien avec la formation qu'à l'égard des montants réclamés.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- la décision litigieuse n'est pas entachée d'illégalité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête enregistrée le 7 février 2024 sous le n° 2400152 par laquelle la SASU E-TERRA et Mme A demandent l'annulation de la décision préfectorale susmentionnée.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Il a été constaté l'absence des parties lors de l'audience publique du 29 novembre 2024 à 11 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Par décision du 5 décembre 2023, le préfet de La Réunion a, sur le fondement des articles L. 6361-1 et suivants du code du travail, mis à la charge de la SASU E-TERRA, organisme de formation ayant bénéficié des fonds publics des OPCOS, la somme de 55 260,05 euros pour des prestations inexécutées et une somme totale de 86 049,79 euros pour les dépenses rejetées au titre des exercices 2021 et 2022. S'agissant de la seconde créance, Mme A a été déclarée solidairement redevable de la somme en cause en sa qualité de dirigeante de l'organisme de formation. Par la présente requête enregistrée le 6 novembre 2024, qui fait suite au dépôt d'une requête au fond le 7 février 2024 et à la récente émission de plusieurs avis à tiers détenteur par le comptable public, la SASU E-TERRA et Mme A demandent la suspension de la décision préfectorale du 5 décembre 2023.

3. En l'état de l'instruction, il n'apparaît pas que l'un ou l'autre des moyens invoqués par les requérantes soit de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

4. Ainsi, la requête en référé-suspension ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la SASU E-TERRA et de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASU E-TERRA et Mme B A et au préfet de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

M.-A. AEBISCHER

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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