mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2401646 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2024, Mme A B, épouse C, représenté par Me Rabearison, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement rejeté sa demande de délivrance de la carte de résidente ;
2°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer une carte de résidente dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est entrée de manière régulière à La Réunion en 2017 et qu'elle y vit avec son conjoint de nationalité française ; sa demande de titre est pendante depuis deux ans, ce qui la place dans une situation précaire, notamment au plan professionnel, et porte atteinte à son droit de mener une vie familiale normale ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée s'agissant de son défaut de motivation, d'erreur de droit au regard de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2024, le préfet de la Réunion conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que, le 9 décembre 2024, il a décidé de délivrer à Mme B la carte de résidente sollicitée. Celle-ci est actuellement en cours de fabrication.
Vu :
- la requête enregistrée le 5 décembre 2024, sous le numéro n° 2401641, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 17 décembre à 11 heures :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés,
- les observations de Me Rabearison, représentant Mme B, épouse C, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et laisse le juge des référés apprécier du bien-fondé du non-lieu à statuer invoqué en défense.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse C, ressortissante malgache née le 9 septembre 1993, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résidente.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si le préfet indique en défense avoir l'intention de délivrer à Mme B, épouse C, une carte de résidente, les éléments produits ne permettent pas d'établir l'effectivité de cette assertion à la date à laquelle le juge des référés statue. Par suite, l'exception de non-lieu doit être écartée.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B, épouse C, réside régulièrement sur le territoire national depuis le mois d'octobre 2017. Elle est mariée avec un ressortissant français avec lequel la communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage, intervenu le 16 décembre 2016. La décision implicite rejetant sa demande de carte de résident la place dans une situation précaire et doit être regardée comme un refus de renouvellement de titre de séjour dès lors qu'elle est placée sous autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions, l'exécution de la mesure contestée, en la maintenant dans une situation précaire, notamment au plan professionnel, doit être regardée comme ayant des conséquences graves et immédiates sur sa situation personnelle et familiale, de sorte que la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité des mesures contestées :
6. Aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. / La délivrance de cette carte est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7 () ".
7. En l'espèce, et ainsi qu'il a été dit au point 5, Mme B, épouse C, réside à La Réunion depuis plus de sept ans ; elle vit avec son conjoint français, avec lequel la communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage en décembre 2016. Sa demande de carte de résidente, dont elle remplit toutes les conditions, est pendante depuis plus de deux ans sans que l'administration n'apporte d'explications convaincantes sur la durée anormalement longue d'examen de cette demande. Compte tenu des conditions posées par l'article L. 423-6 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la légalité de la décision implicite en litige doit être regardée comme entachée d'un doute sérieux au sens et pour l'application de ces dispositions.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement refusé de délivrer à Mme B, épouse C, une carte de résidente doit être suspendue. La présente ordonnance implique qu'il soit enjoint au préfet de délivrer la carte de résidente sollicitée dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle le préfet de La Réunion a implicitement rejeté la demande de délivrance d'une carte de résidente à Mme B, épouse C, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de La Réunion de délivrer une carte de résidente à Mme B, épouse C, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B, épouse C, une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, épouse C, et au préfet de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 17 décembre 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de la Réunion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026