jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2500008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Weinling-Gaze, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet de La Réunion en tant qu'il a prononcé son expulsion du territoire français ;
2°) de suspendre les effets de l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet de La Réunion en tant qu'il lui a retiré son titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie en matière d'expulsion comme en matière de retrait de titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision d'expulsion en ce que :
* elle a été signée par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a fondé la mesure sur les dispositions de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 631-3 du même code ;
* elle est disproportionnée en l'absence de menace grave à l'ordre public ;
* elle est disproportionnée eu égard à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
* elle est disproportionnée eu égard à l'intérêt supérieur des enfants mineurs protégé par les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant retrait du titre de séjour en ce que :
* - elle a été signée par une autorité incompétente ;
* - elle n'est pas motivée ;
* - elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'expulsion ;
* - elle est disproportionnée eu égard à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur des enfants mineurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2025, le préfet de La Réunion, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, l'intéressée étant détenu au centre pénitentiaire du Port jusqu'au 16 janvier 2026 et sa libération est prévue dans plus d'un an ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2500007 tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2024 du préfet de La Réunion.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 15 janvier 2025 à 14 h 30, en présence de Mme Jussy, greffière d'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Weinling-Gaze, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Le préfet de La Réunion n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 novembre 2024, le préfet de La Réunion a retiré le titre de séjour et a prononcé l'expulsion du territoire français de M. B A, ressortissant comorien né le 5 février 1979 à Tsidjé Itsandra (Union des Comores) et arrivé sur le territoire français avant l'âge de treize ans. Par la présente requête, M. A, détenu au centre pénitentiaire du Port jusqu'au 16 janvier 2026, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des effets de cet arrêté jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur le présent litige.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ".
En ce qui concerne la décision en tant qu'elle prononce l'expulsion :
3. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
4. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
5. Par l'arrêté querellé, le préfet de La Réunion a prononcé l'expulsion de M. A. Cette décision est motivée par le comportement de ce dernier qui, après avoir déjà eu un parcours pénal quand il était mineur, a été condamné vingt-trois fois entre le 18 mars 1999 et le 26 septembre 2023 par le tribunal correctionnel et la cour d'appel de Saint-Denis à des peines d'emprisonnement allant de quelques mois à cinq ans ferme et pour des faits de vol, vol aggravé, violence commise en réunion, vol à l'aide d'une effraction, vol avec destruction ou dégradation, mise en circulation de monnaie ayant cours légal contrefaite ou falsifiée, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, conduite sans permis, transport, détention et acquisition non autorisées de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, conduite de véhicule en ayant fait usage de stupéfiants, refus d'obtempérer, violation de domicile, délit de fuite après un accident, vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation, recel d'un bien provenant d'un vol par ruse, effraction ou escalade, blessures involontaires.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'aucun des moyens présentés par M. A et analysés dans les visas, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté dont M. A demande la suspension en tant qu'il prononce son expulsion du territoire français.
En ce qui concerne la décision en tant qu'elle porte retrait de titre de séjour :
7. Il ressort des pièces du dossier qu'aucun des moyens présentés par M. A et analysés dans les visas, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté dont M. A demande la suspension en tant qu'il prononce le retrait de son titre de séjour.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de l'arrêté du préfet de La Réunion en date du 13 novembre 2024 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent le requérant au titre des frais liés à l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera, en outre, transmise au préfet de La Réunion et au ministre des outre-mer .
Fait à Saint-Denis, le 23 janvier 2025.
La juge des référés,
Ch. BAUZERAND
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026