lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2500061 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LOMARI LAURA-EVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2025, la société Bema, représentée par Me Blanc, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation menée par le lycée professionnel Léon de Lepervanche pour le marché d'acquisition de matériel didactique destiné à plusieurs établissements, à l'issue de laquelle son offre a été rejetée ;
2°) de mettre à la charge du lycée Lepervanche une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'information sur les motifs de la décision a été insuffisante ;
- le marché aurait dû être alloti ;
- les modalités de mise en œuvre du critère " valeur technique " auraient dû être portées à la connaissance des candidats.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2025, le lycée Lepervanche, représenté par Me Lomari, avocat, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société Bema à lui verser une somme de 3 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les manquements allégués ne sont pas caractérisés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 janvier 2025 à 9 heures 30 :
- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;
- les observations de Me Perraud substituant Me Blanc, avocat de la société Bema, qui confirme les conclusions et moyens du référé précontractuel ;
- les observations de Me Lomari, avocat du lycée Lepervanche, qui confirme ses écritures en défense.
Une note en délibéré émanant de la société Bema a été enregistrée le 28 janvier 2025.
Une note en délibéré émanant du lycée professionnel Léon Lepervanche a été enregistrée le 31 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ". Aux termes de l'article L. 551-2 : " I - Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat (). Il peut en outre annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat () ". Aux termes de l'article L. 551-10 : " Les personnes habilitées à engager les recours () sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat () et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué () ".
2. Suite à un appel public à la concurrence lancé par le lycée Lepervanche en juin 2024 en vue de la passation d'un marché ayant pour objet l'acquisition de matériel didactique destiné à plusieurs établissements, la société Bema s'est portée candidate. A l'issue de la procédure d'appel d'offres, elle a été informée le 6 janvier 2025 du rejet de son offre et des notes qui lui avaient été attribuées, à savoir une note technique de 8,60/10 et une note financière de 10/10. Par sa requête déposée le 14 janvier 2025, la société Bema demande au juge des référés précontractuels de constater l'irrégularité de la procédure ayant conduit à son éviction.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Bema a été informée par le lycée Lepervanche le 25 janvier 2025, en réponse à sa demande de précisions du 9 janvier 2025 et en écho aux doléances exprimées sur ce point à travers sa requête, de l'identité de l'attributaire et des notes obtenues par celui-ci, à savoir 9,79/10 pour le prix et 10/10 pour la valeur technique. Les éléments ainsi portés à la connaissance du candidat évincé présentent un caractère suffisant au regard des prescriptions de l'article R. 2181-3 du code de la commande publique. Alors même que la notification initiale était lacunaire, le moyen tiré de l'insuffisante information sur les motifs des décisions d'éviction et d'attribution n'est plus susceptible d'être accueilli.
4. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que les prestations en cause, qui portaient sur un matériel identique à fournir aux quatre établissements concernés, aient eu des caractéristiques propres à justifier un allotissement en fonction du lieu de livraison. En l'absence d'une possible identification de prestations distinctes, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2113-10 du code de la commande publique doit être écarté.
5. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe que l'acheteur ait été tenu de faire apparaître dans les documents de la consultation les modalités de mise en œuvre du critère de la valeur technique, appliqué en l'espèce selon une pondération égale à celle du critère prix, défini en vue de l'appréciation comparée des mérites des offres en présence. A cet égard, la fixation de la note précise de 8,60/10 ne révèle en aucune manière la nécessité, en l'espèce, d'une définition préalable des modalités de la mise en œuvre du critère de la valeur technique. Le moyen exposé sur ce point ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la société Bema n'est pas fondée à contester devant le juge des référés précontractuels la procédure de passation de marché public menée par le lycée Lepervanche pour les prestations susmentionnées. Sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais irrépétibles.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accueillir, à hauteur de 1 500 euros, la demande présentée par le lycée Lepervanche sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Bema est rejetée.
Article 2 : La société Bema versera au lycée professionnel Léon de Lepervanche la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bema et au lycée professionnel Léon de Lepervanche. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 3 février 2025.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
C. JUSSY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026