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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2500630

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2500630

jeudi 5 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2500630
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de M. A dirigée contre un permis de construire délivré par le maire des Avirons. La requête était manifestement irrecevable car elle n'était pas accompagnée de la décision attaquée ni de la preuve de notification du recours au bénéficiaire, comme l'exigent les articles R. 412-1 du code de justice administrative et R. 600-1 du code de l'urbanisme. Malgré une demande de régularisation, le requérant n'a pas produit les documents manquants dans le délai imparti.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2025, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 février 2025 par lequel le maire de la commune de Avirons a délivré à la SCCV Coquelicot un permis de construire un ensemble immobilier composé de 51 logements et d'un plateau de commerce.

Par un courrier du 23 avril 2025, le tribunal a invité M. A à produire, dans un délai de quinze jours, en application des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, la décision attaquée, à défaut la justification de la date de dépôt de sa demande effectuée auprès de l'administration.

Par un courrier du même jour, le tribunal a également invité le requérant à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la preuve de l'accomplissement des formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Banvillet, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (). " Aux termes de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ().

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué (). ".

3. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. () ".

4. La requête déposée par M. A le 18 avril 2025 n'était accompagnée ni de la décision du maire des Avirons portant délivrance à la SCCV Coquelicot d'un permis de construire un ensemble immobilier composé de 51 logements et d'un plateau de commerce qu'il entend contester ni des justificatifs exigés par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. En dépit des demandes de régularisation, adressées le 23 avril 2025 par le biais de l'application " Télérecours citoyens ", et réputées avoir été notifiées deux jours ouvrés plus tard en application de l'article R. 611-8-6 du code précité, M. A, n'a produit, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, ni la décision attaquée sans justifier de l'impossibilité d'être en mesure de le faire, ni les justificatifs exigés par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, cette requête, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et ne peut qu'être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Saint-Denis, le 5 juin 2025.

Le magistrat désigné,

M. BANVILLET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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