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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2500722

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2500722

mardi 6 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2500722
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Refus d’accès au dossier personnel d’un détenu. Le Tribunal administratif de La Réunion, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Le juge estime que le requérant ne justifie ni de l’urgence ni de l’utilité de la mesure sollicitée, conditions pourtant exigées par ce texte. La demande est donc rejetée par ordonnance en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mai 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au chef d'établissement du centre pénitentiaire de Saint-Denis de lui donner un accès immédiat à son dossier personnel.

Il soutient que :

- il a demandé, en vain, les 28 et 30 avril 2025, accès aux documents le concernant au greffe du centre pénitentiaire ;

- le refus d'accès porte une atteinte grave et manifeste à son droit en tant que détenu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il résulte des dispositions précitées que, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires toutes mesures, notamment sous la forme d'injonctions à l'égard de l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Si ces dispositions habilitent le juge des référés à prescrire la communication de documents administratifs sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, il n'en va ainsi que pour autant qu'il est notamment satisfait à la condition d'urgence et d'utilité qu'elles énoncent.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait, pour lui, d'accéder aux documents le concernant, en possession du centre pénitentiaire, M. A se borne à soutenir que le refus d'accès qui lui aurait été opposé porte atteinte à ses droits en tant que détenu. Toutefois, il ne caractérise ainsi ni l'urgence qu'il y aurait pour le juge des référés à intervenir, ni d'ailleurs l'utilité de la mesure sollicitée. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à la communication de documents ne présentent pas les caractères d'urgence et d'utilité exigés par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions du référé mesure-utile, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Saint-Denis, le 6 mai 2025.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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