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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2500860

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2500860

mercredi 18 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2500860
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de suspension du refus implicite de titre de séjour opposé à Mme A. Le préfet avait en effet délivré le titre sollicité le 10 juin 2025, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. La requérante invoquait la méconnaissance du CESEDA, de la convention européenne des droits de l'homme et de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant. Le tribunal a également admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et condamné l'État à verser 800 euros à son avocat au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 mai et 12 juin 2025 sous le n° 2500860, Mme C A, représentée par Me Wandrey, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de constater le non-lieu à statuer sur sa demande de suspension de la décision du préfet de La Réunion rejetant implicitement sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Wandrey au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence était remplie ;

- le refus implicite, opposé sans raison alors que son droit au séjour en qualité de parents d'enfants français lui était reconnu à Mayotte, est intervenu en méconnaissance des dispositions du CESEDA et des stipulations de la convention européenne des droits de l'homme et de la convention de New-York ;

- le titre lui a finalement été délivré à la suite et en conséquence de la saisine du tribunal.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2025, le préfet de La Réunion conclut au non-lieu à statuer.

Le préfet fait valoir qu'il a décidé, le 10 juin 2025, d'accorder le titre sollicité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête enregistrée le 26 mai 2025 sous le n° 2500859 par laquelle Mme C A demande l'annulation de la décision susmentionnée.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juin 2025 :

- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;

- les observations de Me Wandrey, avocat de la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". En l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Il s'avère que, postérieurement à l'introduction des requêtes à fin d'annulation et de suspension, le préfet de La Réunion a admis que la situation de Mme C A justifiait la délivrance du titre de séjour sollicité. Dès lors, les conclusions principales de la présente requête, dirigées contre le refus implicite précédemment opposé à l'intéressée, sont devenues sans objet.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 37 de la loi de 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Wandrey, avocat de Mme C A, sous réserve de renonciation à l'indemnité d'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête de Mme C A.

Article 3 : L'Etat versera à Me Wandrey, avocat de Mme C A, la somme de 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à l'indemnité d'aide juridictionnelle.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 18 juin 2025.

Le juge des référés,

M.-A. AEBISCHER

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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