LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2100200

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2100200

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2100200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 10 juin 2021, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie demande au tribunal administratif d'annuler la délibération n° 2020-61/API du 13 août 2020 par laquelle l'assemblée de la province des Iles Loyauté a fixé les conditions dans lesquelles les agents contractuels et ceux relevant de la convention collective de la province des Iles Loyauté peuvent bénéficier de mesures de départ anticipé à la retraite.

Il soutient que :

- les conditions de départ anticipé à la retraite fixées par la délibération du 13 août 2020 sont déterminées suivant l'ancienneté dans les services provinciaux autant pour les agents relevant de la convention collective que ceux relevant du droit du travail dès lors qu'ils quittent volontairement les services publics provinciaux ; or ce régime diffère substantiellement de celui fixé par la convention collective ou par le droit du travail en ce qui concerne l'âge minimal de départ et la condition d'ancienneté et en ce qui concerne le quantum de l'indemnité ; la délibération déroge à la convention collective et au droit du travail sans fixer des mesures plus favorables, ce qui est constitutif d'une illégalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, l'assemblée de la province des Iles Loyauté prend acte des arguments du haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Elle indique qu'elle procédera aux modifications nécessaires de cette délibération.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 modifiée et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999, relatives à la Nouvelle-Calédonie ;

- le code du travail de Nouvelle-Calédonie ;

- la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 ;

- la convention collective du 10 septembre 1959 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pilven, rapporteur ;

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique ;

- et les observations de M. A représentant le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération n° 2020-61/API du 13 août 2020 l'assemblée de la province des Iles Loyauté a fixé les conditions dans lesquelles les agents contractuels et ceux relevant de la convention collective de la province des Iles Loyauté peuvent bénéficier de mesures de départ anticipé à la retraite. Par un courrier du 11 février 2021, le commissaire délégué de la République pour la province des Iles Loyauté a demandé à l'assemblée de la province des Iles Loyauté le retrait de cette délibération dans la mesure où elle dérogeait à la convention collective des services publics ainsi qu'au droit du travail. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie demande au tribunal d'annuler la délibération du 13 août 2020.

2. La délibération dont le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conteste la légalité a pour objet de fixer les conditions dans lesquelles les agents contractuels et ceux relevant de la convention collective de la province des Iles Loyauté peuvent bénéficier de mesures de départ anticipé à la retraite.

3. Aux termes de l'article 22 de la loi organique statutaire susvisée : " La Nouvelle-Calédonie est compétente dans les matières suivantes : 2° Droit du travail et droit syndical () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 179 de cette même loi organique : " L'assemblée de province peut créer des emplois de contractuels (). Ses délibérations précisent les modalités de recrutement et de rémunération de ses agents () ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la Nouvelle-Calédonie est seule compétente pour édicter les règles applicables sur tout le territoire en matière de droit du travail à l'exception de la compétence réservée aux provinces pour préciser les modalités de recrutement et de rémunération de ses agents contractuels. La présente délibération ayant pour objet les conditions de départ à la retraite des agents contractuels de la province des Iles Loyauté, et non les conditions de rémunération de ses agents, la Nouvelle-Calédonie reste seule compétente pour définir les règles applicables en la matière. Toutefois, cette compétence ne prive pas les autres collectivités, et notamment les provinces, d'adopter, en tant qu'employeur et chef de service, des dispositions réglementaires applicables à l'ensemble de leurs agents. La seule circonstance que ces dispositions doivent s'insérer dans le cadre normatif érigé par la Nouvelle-Calédonie ne prive pas les provinces de la compétence pour ce faire.

5. Aux termes de l'article Lp. 111-1 du code du travail de la Nouvelle-Calédonie : " Les dispositions du présent livre sont applicables à tous les salariés de Nouvelle-Calédonie et aux personnes qui les emploient. Elles ne portent pas atteinte aux stipulations des contrats individuels de travail plus favorables pour les salariés. ". Par ailleurs, aux termes de l'article Lp. 111-3 du code du travail de la Nouvelle-Calédonie, avant sa modification par l'article 31 de la loi du pays du 12 mai 2021 : " Sauf dispositions contraires du présent livre, celui-ci n'est pas applicable aux personnes relevant d'un statut de fonction publique ou d'un statut de droit public, aux sapeurs-pompiers volontaires au titre de leur activité de sapeur-pompier volontaire, aux fonctionnaires détachés auprès de la Nouvelle-Calédonie, d'une province ou d'une commune ou d'un établissement public administratif en Nouvelle-Calédonie ainsi qu'aux personnes occupant les emplois supérieurs suivants : 1° Secrétaire général, secrétaire général adjoint, directeur, directeur adjoint, chef de service de la Nouvelle-Calédonie, directeur d'office, directeur d'établissement public de la Nouvelle-Calédonie autre qu'une chambre consulaire ; 2° Secrétaire général, secrétaire général adjoint, directeur, directeur adjoint et chef de service des provinces ; 3° Secrétaire général, secrétaire général adjoint de mairie, directeur général des services techniques et directeur des services techniques des communes () ". Enfin, aux termes de l'article Lp. 334-32 du même code : " Lorsqu'un employeur est lié par les clauses d'une convention ou d'un accord collectif de travail, ces clauses s'appliquent aux contrats de travail conclus avec lui, sauf dispositions plus favorables. ".

6. Aux termes de l'article 1er de la convention collective du 10 septembre 1959 applicable aux personnels ouvriers et assimilés des services publics du territoire : " La présente Convention règle les rapports de travail entre les administrations territoriales et communales de la Nouvelle-Calédonie et Dépendances et tous les personnels ouvriers et assimilés, y compris les comptables de chantier et ouvriers aux écritures en fonction dans leurs services et établissements publics, sans distinction d'origine, de sexe ou de nationalité. ". Aux termes de l'article 38 de cette convention : " Nonobstant des dispositions ci-dessus, les agents ont le droit de demander leur retraite à partir de 55 ans. Dans ce cas, s'ils justifient de 25 années de service continu ou discontinu dans les services, collectivités ou établissements publics entrant dans le champ d'application de la présente Convention ils bénéficieront d'une indemnité de départ à la retraite égale à 6 fois le montant du dernier salaire mensuel brut, augmentée pour chaque année supplémentaire à partir de la 26ème, d'une indemnité égale à 50 % du salaire mensuel brut. Cette indemnité sera diminuée de 20 % par année lorsque la retraite est demandée après 55 ans. Elle sera donc égale à 80 % à l'âge de 56 ans, 60 % à l'âge de 57 ans, 40 % à l'âge de 58 ans, 20 % à l'âge de 59 ans du montant de l'indemnité calculée dans les conditions fixées au troisième paragraphe. Les employeurs visés par la présente Convention s'interdisent de recruter à nouveau un agent ayant bénéficié de l'indemnité prévue par le présent article. ". Aux termes de l'article Lp. 122-42 du code du travail : " La mise à la retraite s'entend par la possibilité donnée à l'employeur de rompre le contrat de travail d'un salarié ayant atteint l'âge de 60 ans au moins et qui réunit les conditions nécessaires à la liquidation de ses droits sans abattement à la retraite complémentaire ou ayant atteint l'âge de 65 ans. ". Aux termes de l'article R. 122-9 du même code : " Lorsque le salarié quitte volontairement l'entreprise pour bénéficier du droit à la pension de vieillesse, le montant de l'indemnité de départ à la retraite mentionnée à l'article Lp. 122-46 est égal à un dixième de mois par année de service chez l'employeur. ".

7. Il n'est pas contesté par la province des Iles Loyauté que la délibération attaquée fixe un âge minimal de départ à la retraite à 57 ans alors que la convention collective des services publics ouvre ce droit à partir de l'âge de 55 ans, que la délibération contestée fixe une condition d'ancienneté dans les services provinciaux à trois ans au moins et un âge compris entre 57 ans et 65 ans au plus alors que la convention collective retient une condition de 25 années de service continu ou discontinu et qu'en outre cette délibération déroge au droit du travail qui prévoit dans son article Lp. 122-42 un âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Enfin, la délibération contestée fixe un maximum indemnitaire de 6 millions de francs CFP avec un abattement compris entre 20% et 70% selon le niveau d'ancienneté alors que la convention collective porte cette indemnité à 6 fois le montant du dernier salaire mensuel brut, modulée suivant l'année supplémentaire d'activité à partir de la 26ème année d'ancienneté, que le code du travail de la Nouvelle Calédonie ne prévoit aucun plafonnement et que l'article R. 122-9 de ce code fixe cette indemnité à un dixième de mois par année de service.

8. Il résulte de tout ce qui précède, comme le reconnait d'ailleurs la province des Iles Loyauté, que le dispositif retenu par la délibération contestée déroge autant à la convention collective des services publics qu'au droit du travail en comprenant des mesures pouvant s'avérer dans certains cas plus défavorables que celles prévues par ces derniers et que l'assemblée de la province des Iles Loyauté n'a pas procédé à sa modification.

9. Au demeurant et au surplus, si la loi du pays du 12 mai 2021 relative à la fonction publique de Nouvelle-Calédonie tend à soumettre les agents contractuels aux mêmes règles que les fonctionnaires, l'article 30 de cette loi du pays prévoit que les agents contractuels recrutés avant la publication de la présente loi du pays conservent, à titre personnel, lorsqu'elles sont plus favorables et existantes avant la publication du présent texte, les dispositions relatives aux indemnités de départ à la retraite et aux droits à la retraite de telle sorte que les dispositions de la délibération contestée mentionnées au point 7 resteront aussi entachées d'illégalité au regard de ce nouveau cadre juridique.

10. Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie est, par suite, fondé à demander l'annulation de la délibération n° 2020-61/API du 13 août 2020 par laquelle l'assemblée de la province des Iles Loyauté a fixé les conditions dans lesquelles les agents contractuels et ceux relevant de la convention collective de la province pouvaient bénéficier de mesures de départ anticipé à la retraite.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération n° 2020-61/API du 13 août 2020 prise par l'assemblée de la province des Iles Loyauté est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et à l'assemblée de la province des Iles Loyauté.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Pilven, premier conseiller,

M. Briquet, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.

Le rapporteur,

J-E. PILVENLe président,

D. SABROUXLe greffier de chambre,

J. LAGOURDE

cb

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions