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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2100378

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2100378

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2100378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE
Avocat requérantSELARL D'AVOCATS ROYANEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 octobre 2021, 14 janvier 2022, 7 février 2022, 23 février 2022, et 23 mai 2022, M. C E, représenté par la SELARL Royanez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 25 novembre 2021 par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande d'intégration dans la fonction publique territoriale de la Nouvelle-Calédonie ;

2°) d'annuler le contrat à durée déterminée conclu entre la Nouvelle-Calédonie et Mme F B le 15 novembre 2021 ;

3°) d'enjoindre à la Nouvelle-Calédonie de réexaminer sa candidature du 14 juin 2021 au poste d'organisateur de formation ouvert par l'avis de vacance n° 21-34736/MPRH du 21 mai 2021, ainsi que sa demande d'intégration du 29 juin 2021, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

4°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 400 000 francs CFP sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie n'a pas tenu compte de l'avis favorable de son chef de service du 5 juillet 2021, lequel n'a au demeurant pas été transmis à la commission administrative paritaire et a été remplacé sans justification valable par un avis défavorable non daté et non signé du secrétaire général du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie par intérim ;

- par sa décision du 27 août 2021, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie avait déjà émis un avis défavorable à l'intégration avant même que la commission administrative paritaire se réunisse ;

- la commission administrative paritaire, dans laquelle siégeaient le jour de la séance en cause quatre représentants de l'administration et deux représentants du personnel, n'était pas composée de manière paritaire ;

- a pris part et a voté à la séance de la commission administrative paritaire n° 3 de la filière technique, compétente pour examiner sa situation, un représentant du personnel qui n'était ni membre titulaire ni membre suppléant de cette commission ;

- la circonstance que le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, par l'intermédiaire de sa représentante Mme A D, a voté lors de la séance de la commission administrative paritaire alors qu'il avait précédemment émis un avis défavorable à son encontre, est de nature à faire naître des doutes sur l'impartialité de cette commission ;

- l'avis de la commission administrative paritaire est dépourvu de toute motivation, en méconnaissance de l'article 17 de la délibération n° 135 du 21 août 1990 ;

- son dossier n'a pas été annexé au procès-verbal de la commission administrative paritaire ;

- il n'est pas établi que les membres de la commission administrative paritaire ont eu communication des pièces et documents nécessaires à l'accomplissement de leur mission au moins huit jours avant la date de la séance ;

- la commission administrative paritaire, qui s'est réunie trois mois après sa demande, a été consultée trop tardivement ;

- le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ne pouvait plus revenir sur son droit à postuler à l'intégration, dès lors qu'il remplissait à la date de sa demande l'ensemble des conditions requises pour être admis à solliciter cette intégration ;

- il devait ainsi apprécier le bien-fondé de sa demande d'intégration et ne pouvait pas valablement considérer que la condition de la durée minimale ininterrompue de service de deux ans, qui était remplie au jour de sa demande, ne l'était plus au jour de la décision en litige ;

- le refus d'intégration qui lui a été opposé, à supposer qu'il soit fondé sur l'intérêt du service et sa manière de servir, est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus d'intégration repose sur le rejet de sa candidature au poste d'organisateur de formation ouvert par l'avis de vacance n° 21-34736/MPRH du 21 mai 2021 ainsi que sur le recrutement de Mme F B sur ce poste, qui sont tous deux illégaux, dès lors qu'un agent contractuel n'aurait pas dû être nommé à un tel poste et que ses mérites étaient supérieurs à ceux de la personne recrutée ;

- la juridiction administrative est compétente pour annuler le contrat à durée déterminée conclu entre la Nouvelle-Calédonie et Mme F B le 15 novembre 2021.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 janvier 2022 et le 6 mai 2022, la Nouvelle-Calédonie conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête de M. E.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- l'exception d'illégalité soulevée par M. E est irrecevable, dès lors qu'elle porte sur un contrat de travail relevant de la compétence de la juridiction judiciaire ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence des juridictions de l'ordre administratif pour connaître des conclusions tendant à l'annulation du contrat à durée déterminée conclu entre la Nouvelle-Calédonie et Mme F B le 15 novembre 2021, lequel reste soumis au code du travail de la Nouvelle-Calédonie par application de l'article 143 de la délibération n° 182 du 4 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;

- le code du travail de la Nouvelle-Calédonie ;

- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 ;

- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;

- la délibération n° 135 du 21 août 1990 ;

- la loi du pays n° 2016-17 du 19 décembre 2016 ;

- la délibération n° 216 du 29 décembre 2016 ;

- l'arrêté n° 2019-17946 / GNC-Pr du 25 septembre 2019 ;

- la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 ;

- la délibération n° 182 du 4 novembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 juin 2022 :

- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Chamoun, avocat du requérant et de Mme G, représentant le gouvernement.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, caporal de sapeurs-pompiers professionnels affecté au sein du service départemental d'incendie et de secours de la Savoie, est arrivé sur le territoire calédonien en novembre 2010, où il a exercé une activité commerciale puis des fonctions de formation par le biais de mises en disponibilité pour convenances personnelles régulièrement renouvelées. Réintégré au sein du service départemental d'incendie et de secours de la Savoie le 1er septembre 2018, il a été placé à cette même date en détachement pour servir sous l'autorité du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour une durée de trois ans en qualité d'organisateur de formation au sein de la direction de la sécurité civile et de la gestion des risques. Le 21 mai 2021, ce poste d'organisateur de formation a fait l'objet d'un avis de vacance, afin de pourvoir à son attribution après la fin du détachement de M. E. Souhaitant continuer à exercer ces fonctions, M. E a présenté sa candidature le 14 juin 2021. Parallèlement, il a déposé une demande d'intégration dans la fonction publique territoriale de la Nouvelle-Calédonie le 29 juin 2021. Par une décision du 27 août 2021, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté cette demande d'intégration, au motif que son détachement prendrait fin au 31 août 2021 et que la candidature qu'il avait présentée le 14 juin 2021 n'avait pas été retenue. M. E a alors déposé le présent recours, afin de demander au tribunal d'annuler cette décision. Postérieurement à l'introduction de l'instance, par une décision du 25 novembre 2021, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, qui avait entretemps recueilli l'avis de la commission administrative paritaire et qui avait par ailleurs recruté le 15 novembre 2021 Mme F B sur le poste d'organisateur de formation précédemment occupé par M. E, a retiré cette décision du 27 août 2021 pour lui substituer un nouveau rejet, fondé cette fois sur le motif tiré de ce que son détachement ayant pris fin le 31 août 2021, M. E n'est plus en fonctions au sein des services de la Nouvelle-Calédonie et ne remplit ainsi pas les conditions pour prétendre à une intégration. Si M. E, dans le dernier état de ses écritures, ne demande plus expressément que l'annulation de la décision du 25 novembre 2021 retirant la décision initiale du 27 août 2021 pour la remplacer par une décision ayant la même portée, il n'en doit pas moins être regardé comme demandant également l'annulation de la décision initiale, ainsi que celle du contrat à durée déterminée du 15 novembre 2021 recrutant Mme F B.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier que le retrait de la décision du 27 août 2021 n'a jamais acquis de caractère définitif, la décision du 25 novembre 2021 ayant procédé à un tel retrait étant contestée dans son intégralité par M. E. Par suite, l'intégralité des conclusions à fin d'annulation de l'intéressé conserve un objet.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 27 août 2021 et du 25 novembre 2021 :

3. Aux termes de l'article 23 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires des cadres territoriaux : " Les fonctionnaires sont recrutés suivant l'une ou suivant l'une et l'autre des modalités ci-après : / () / 4° - Par intégration d'agents titulaires de la fonction publique d'Etat, de la fonction publique territoriale métropolitaine ou de la fonction publique hospitalière dans le corps d'accueil correspondant à l'emploi ou à tous autres emplois relevant dudit corps qu'ils auront occupés pendant une durée minimale ininterrompue de deux ans au jour de l'intégration, sous réserve qu'ils appartiennent à un corps ou cadre d'emploi réputé équivalent, et après avis du chef du service intéressé et de la commission administrative paritaire du corps d'accueil. / () ". Aux termes de l'article 19 de la loi du pays n° 2016-17 du 19 décembre 2016 relative à la protection, à la promotion et au soutien de l'emploi local pour l'accès aux fonctions publiques de Nouvelle-Calédonie : " I - Les fonctionnaires relevant d'une des fonctions publiques métropolitaines souhaitant intégrer un corps ou un cadre d'emploi relevant d'une des fonctions publiques de Nouvelle-Calédonie en application des articles 23 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires des cadres territoriaux () doivent, outre les conditions posées par ces articles, justifier : / 1° soit, de la qualité de citoyen de la Nouvelle-Calédonie ; / 2° soit, de la durée de résidence déterminée conformément à l'article 2. / () ". Aux termes de l'article 2 de cette même loi du pays : " I - L'accès () au recrutement par voie d'intégration d'un fonctionnaire relevant d'une des fonctions publiques métropolitaines, est réservé : / 1° aux citoyens de la Nouvelle-Calédonie ; / 2° aux personnes justifiant d'une durée de résidence en Nouvelle-Calédonie au moins égale à dix ans ; / 3° aux personnes justifiant d'une durée de résidence : / a) au moins égale à dix ans, si le corps ou le cadre d'emploi est principalement pourvu par du recrutement local au sens du point II ; / b) au moins égale à cinq ans, si le corps ou le cadre d'emploi connaît des difficultés de recrutement local au sens du point II ; / c) au moins égale à trois ans, si le corps ou le cadre d'emploi connaît d'importantes difficultés de recrutement local au sens du point II ; / d) inférieure à trois ans, si le corps ou le cadre d'emploi connaît d'extrêmes difficultés de recrutement local au sens du point II. / () ". Aux termes de l'article 20 de la délibération n° 216 du 29 décembre 2016 prise en application de la loi du pays n° 2016-17 du 19 décembre 2016 relative à la protection, à la promotion et au soutien de l'emploi local pour l'accès aux fonctions publiques de Nouvelle-Calédonie : " La durée de résidence prévue à l'article 2 de la loi du pays n° 2016-17 du 19 décembre 2016 susvisée s'apprécie à la date : / () / 3° du dépôt de la demande de recrutement par voie d'intégration. ".

4. Il ressort des dispositions précitées que l'intégration prévue, au profit notamment des agents de la fonction publique territoriale métropolitaine, par les dispositions de l'article 23 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 et qui peut être réalisée le cas échéant à l'issue d'un détachement, est une intégration dans un corps et non dans un emploi déterminé. Il ressort par ailleurs de ces dispositions que la condition de " durée minimale ininterrompue de deux ans au jour de l'intégration " exigée par l'article 23 susmentionné est une condition de service effectif qui doit être remplie soit au moment de la demande soit, au plus tard, au jour de l'intégration. Enfin, il découle des mêmes dispositions qu'un agent qui, au moment de sa demande d'intégration, d'une part, occupe un emploi relevant d'une des fonctions publiques de Nouvelle-Calédonie et, d'autre part, remplit l'ensemble des conditions prévues par les textes précités, a le droit de solliciter son intégration, qui sera le cas échéant acceptée ou rejetée après appréciation de sa manière de servir et prise en compte de l'intérêt du service.

5. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus d'intégration du 27 août 2021 a été prise avant même que la demande de M. E n'ait été examinée par la commission administrative paritaire et sans qu'il ait été tenu compte de l'avis émis par son chef de service le 5 juillet 2021. Une telle décision, prise au vu d'une procédure irrégulière qui a privé l'intéressé d'une garantie, est ainsi entachée d'illégalité et M. E est fondé à en demander l'annulation. Cette décision du 27 août 2021 a eu, en outre, pour conséquence que M. E, qui avait vu sa demande d'intégration rejetée, n'exerçait plus au sein de la Nouvelle-Calédonie après le 31 août 2021, motif qui fonde la décision du 25 novembre 2021. Dans ces conditions, et dès lors qu'il est ici constant que M. E, dont il n'est pas allégué qu'il n'aurait pas présenté sa demande en temps utile, remplissait, au jour de cette demande, l'intégralité des conditions posées par l'article 23 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 et par l'article 19 de la loi du pays n° 2016-17 du 19 décembre 2016, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ne pouvait, sans erreur de droit, opposer le 25 novembre 2021 à M. E la circonstance qu'il n'était plus en fonction depuis le 31 août 2021 pour estimer qu'il ne remplissait plus les conditions lui donnant droit à postuler à l'intégration, et notamment celle tenant à la durée de deux ans de services effectifs requise par les dispositions précitées de l'article 23 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, les décisions de refus d'intégration du 27 août 2021 et du 25 novembre 2021 doivent être annulées.

Sur les conclusions tendant à l'annulation du contrat à durée déterminée conclu entre le Nouvelle-Calédonie et Mme B le 15 novembre 2021 :

6. L'article Lp. 111-1 du code du travail de la Nouvelle-Calédonie prévoit l'application de ce code, dont le contrôle relève du juge judiciaire, à tous les " salariés " de Nouvelle-Calédonie et aux personnes qui les emploient. L'article Lp. 111-2 de ce code définit comme salarié entrant dans son champ d'application " toute personne physique qui s'est engagée à mettre son activité professionnelle, moyennant rémunération, sous l'autorité d'une autre personne physique ou morale publique ou privée ". Ne sont exclues du champ d'application du code du travail de Nouvelle-Calédonie, aux termes de son article Lp. 111-3, que les " personnes relevant d'un statut de fonction publique ou d'un statut de droit public ". A la date de la conclusion du contrat à durée déterminée en litige, un agent contractuel de la Nouvelle-Calédonie ne relevait pas, au sens et pour l'application de ces dispositions, d'un statut de fonction publique ou d'un statut public. Si, depuis l'entrée en vigueur, le 1er mai 2022, de la délibération n° 182 du 4 novembre 2021 prise en application du titre IV de la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 relative à la fonction publique de Nouvelle-Calédonie, les agents contractuels recrutés par la Nouvelle-Calédonie relèvent désormais d'un statut de droit public au sens du code du travail de la Nouvelle-Calédonie, l'article 143 de cette délibération n° 182 du 4 novembre 2021 dispose néanmoins que " Jusqu'au terme de leur contrat de travail, les agents contractuels recrutés pour une durée déterminée avant l'entrée en vigueur de la présente délibération demeurent régis par les dispositions législatives et réglementaires applicables à leur situation ".

7. Il découle de ce qui précède que le contrat à durée déterminée conclu entre la Nouvelle-Calédonie et Mme F B le 15 novembre 2021 demeure un contrat soumis au code du travail de la Nouvelle-Calédonie. Par suite, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de se prononcer sur les litiges nés de sa conclusion. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'annulation d'un tel contrat doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. En raison des motifs qui les fondent, les annulations prononcées au point 5 du présent jugement impliquent nécessairement que le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie prenne à nouveau une décision sur la demande d'intégration de M. E après une nouvelle instruction. Il y a lieu d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de prendre cette nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 150 000 francs CFP au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. E tendant à l'annulation du contrat à durée déterminée conclu entre la Nouvelle-Calédonie et Mme F B le 15 novembre 2021 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les décisions du 27 août 2021 et du 25 novembre 2021 par lesquelles le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté la demande d'intégration dans la fonction publique territoriale de la Nouvelle-Calédonie de M. E du 29 juin 2021, sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de prendre à nouveau une décision sur la demande d'intégration de M. E après une nouvelle instruction, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.

Article 4 : La Nouvelle-Calédonie versera à M. E une somme de 150 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et à la Nouvelle-Calédonie.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Ciréfice, président,

M. Briquet, premier conseiller,

M. Pilven, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le rapporteur,

B. BRIQUET

Le président,

C. CIRÉFICE

Le greffier,

J. LAGOURDE

pc

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