jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL MLDC |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 12 juillet 2021, enregistrée le 17 janvier 2022 au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie la requête présentée par Mme A B.
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Polynésie française le 26 mai 2021, et un mémoire enregistré au greffe du tribunal de Nouvelle-Calédonie le 28 mai 2022, Mme A B, représentée par la SELARL MLDC, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 mai 2020 par laquelle le premier président de la cour d'appel de Papeete et le procureur général près cette cour ont décidé de suspendre la majoration de son traitement pour la période du 24 février 2020 au 4 mars 2020, puis du 9 mars 2020 au 20 mars 2020 et pour la période du 28 mars 2020 à la date effective de son retour à son poste de travail en tant qu'elle porte sur la période d'autorisation spéciale d'absence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 250 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été prise par les chefs de cour en application de l'article D. 312-66 du code de l'organisation judiciaire et porte atteinte à l'indépendance des magistrats du siège, en méconnaissant à la fois l'article 64 de la Constitution et l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; la décision contestée est donc illégale par voie d'exception ; en effet, les pouvoirs des présidents de cour, en s'étendant à la gestion des conditions matérielles d'exercice des magistrats du siège, et notamment à leur rémunération, porte une atteinte grave à l'indépendance des magistrats ainsi qu'à la séparation des pouvoirs ;
- il est fait application du coefficient de majoration prévu par le décret du 23 juillet 1967 sauf en cas de congé maladie lorsque le fonctionnaire ne réside pas sur le territoire concerné ; toutefois dans le cas d'un placement en autorisation spéciale d'absence, le fonctionnaire reste dans la position d'activité et la condition de résidence ne trouve alors pas à s'appliquer à la différence de ce qui existe pour les congés de maladie ; le fonctionnaire en position d'autorisation spéciale d'absence a ainsi droit au maintien de l'ensemble de ses primes et indemnités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le décret n° 67-600 du 23 juillet 1967 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.
Une note en délibéré, présentée par la SELARL MLDC pour Mme B, a été enregistrée le 16 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, affectée à la cour d'appel de Papeete en qualité de vice-présidente placée auprès du premier président, s'est rendue en métropole pour des raisons familiales le 27 janvier 2020. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire du 24 février 2020 au 4 mars 2020 puis du 7 mars 2020 au 9 mars 2020. Une autorisation spéciale d'absence lui a été accordée à compter du 28 mars 2020 jusqu'à nouvel ordre par une décision du 6 avril 2020. Par une décision du 27 mai 2020, la première présidente par intérim et le procureur général de la cour d'appel de Papeete ont décidé de suspendre la majoration de son traitement pour la période du 24 février au 4 mars 2020, puis du 9 mars au 20 mars 2020 et pour la période du 28 mars 2020 jusqu'à la date effective de son retour à son poste de travail. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision des chefs de la Cour d'appel de Papeete en tant qu'elle a suspendu la majoration de son traitement pendant la période d'autorisation spéciale d'absence.
2. Aux termes de l'article 64 de la Constitution : " Le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire. () ". Aux termes de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : " Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. ". Aux termes de l'article D. 312-66 du code de l'organisation judiciaire : " Le premier président de la cour d'appel et le procureur général près cette cour sont institués conjointement ordonnateurs secondaires des dépenses et des recettes des juridictions de leur ressort, relatives au personnel, au fonctionnement et aux interventions. S'agissant des investissements et des études qui leur sont afférentes, ils sont ordonnateurs secondaires : 1° Pour les dépenses et les recettes se rapportant aux opérations mobilières ; 2° En matière immobilière, pour les dépenses et les recettes se rapportant aux opérations d'investissement dont le montant est inférieur à un seuil fixé par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé du budget. Ils peuvent déléguer conjointement leur signature, sous leur responsabilité, aux magistrats ou agents en fonction dans le ressort de la cour d'appel. ". Enfin, aux termes de l'article 2 du décret n° 67-600 du 23 juillet 1967 relatif au régime de rémunération des magistrats et des fonctionnaires de l'Etat en service dans les territoires d'Outre-mer : " La rémunération à laquelle peuvent prétendre les magistrats et fonctionnaires visés à l'article premier du présent décret, lorsqu'ils sont en position de service, est égale au traitement afférent à l'indice hiérarchique détenu dans l'emploi occupé, augmenté de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement qu'ils percevraient s'ils étaient en service à Paris, l'ensemble étant multiplié par un coefficient de majoration propre à chaque territoire. " Et aux termes de l'article 6 du même décret : " Cessent d'être applicables aux magistrats et aux fonctionnaires visés à l'article premier toutes dispositions antérieures contraires au présent décret, et notamment celles de l'article 89 bis du décret du 2 mars 1910, de l'article 3 du décret n° 49-528 du 15 avril 1949, des articles 3, 4, 6 et 11 à 14 du décret n° 51-511 du 5 mai 1951, des décrets n° 51-619 du 24 mai 1951, n° 51-950 et 51-951 du 21 juillet 1951, n° 51-1232 du 31 octobre 1951, du décret du 10 novembre 1951, des articles 5, 7 et 12 du décret n° 52-1122 du 6 octobre 1952 et du décret n° 66-162 du 22 mars 1966. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, sur le fondement des dispositions citées au point précédent de l'article 2 du décret du 23 juillet 1967, les chefs de cour, en leur qualité de chefs de service, ont décidé de suspendre la majoration de traitement applicable en Polynésie pendant la période où Mme B a bénéficié d'une autorisation spéciale d'absence en métropole. Mme B soutient que les dispositions de l'article D. 312-66 du code de l'organisation judiciaire, en permettant au procureur général d'intervenir par des décisions portant sur les conditions matérielles d'exercice des magistrats du siège et notamment sur leur rémunération, portent atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire et méconnaissent les dispositions de l'article 66 de la Constitution ainsi que les dispositions de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Toutefois, le principe de la séparation des pouvoirs et l'article 64 de la constitution, qui garantissent l'indépendance de l'autorité judiciaire, ainsi que les dispositions de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 n'interdisent pas au premier président, conjointement avec le procureur général, d'exercer des fonctions d'ordonnateur secondaire dès lors que les exigences d'une bonne administration sont conciliées avec les impératifs du principe d'indépendance des magistrats. Or, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée, qui ne porte au demeurant pas sur la mise à disposition des moyens matériels et financiers par l'administration pour l'exercice de ses compétences juridictionnelles par Mme B, se borne à faire application à la requérante d'une réglementation financière en constatant de manière objective l'absence d'une condition permettant le bénéfice de la majoration de traitement applicable lors d'une affectation en Polynésie française. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée porterait atteinte à la séparation des pouvoirs, à l'indépendance des magistrats et serait illégale par voie d'exception, en faisant application des dispositions de l'article D. 312-66 du code de l'organisation judiciaire et en méconnaissant l'article 64 de la Constitution et l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 doit être écarté.
4. Lorsqu'ils sont en position de service, les magistrats affectés dans un territoire d'outre-mer peuvent prétendre en vertu de l'article 2 du décret du 23 juillet 1967, à une rémunération, calculée en fonction d'un coefficient de majoration propre à ce territoire. Selon l'article 5 du décret du 5 mai 1951, maintenu en vigueur par l'article 6 du décret du 23 juillet 1967, ils peuvent prétendre " lorsqu'ils sont dans une position rétribuée autre que celle de service (permission, congé, transit, expectative de retraite, maintien pour ordre, etc.) " à des émoluments " calculés sur la base de la solde afférente à leur grade ou emploi affectés, le cas échéant, de l'index de correction, applicable à cette solde dans le territoire de résidence ". Le territoire au sens de ces dispositions s'entend du lieu de séjour effectif du fonctionnaire pendant la période où il est susceptible de bénéficier du coefficient de majoration.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a rejoint la métropole à compter du 27 janvier 2020 et s'y trouvait pendant la période pendant laquelle elle a bénéficié d'une autorisation spéciale d'absence, du 6 avril au 14 août 2020. Elle ne pouvait dès lors pendant cette période où elle se trouvait en métropole, être regardée ni comme étant en position de service à Papeete ni comme y ayant conservé sa résidence. Par suite, c'est à bon droit que les chefs de cour, qui n'ont pas fait une inexacte application des dispositions du décret du 23 juillet 1967, ont décidé de fixer son traitement au taux métropolitain pendant la durée de son séjour effectué en métropole.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 27 mai 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au premier président de la cour d'appel de Polynésie française.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLe greffier de chambre,
J. LAGOURDE
2200017
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026