jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200158 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL CABINET PLAISANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2022, l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", représentée par Me Plaisant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de la province Sud de refus de communication des documents qu'elle sollicite ;
2°) d'enjoindre à la province Sud de lui communiquer l'ensemble des documents sollicités, sous une astreinte de 100 000 francs CFP par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la province Sud une somme de 350 000 francs CFP sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la province Sud est tenue de lui communiquer l'ensemble des documents demandés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, la province Sud conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur la requête, en tant qu'elle a trait aux documents qu'elle a déjà communiqués à l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- l'association " Corail vivant, Terre des hommes " a déjà reçu communication des avis du comité consultatif des mines du 2 février 2021, du conseil des mines du 5 février 2021, et de la commission des équipements publics de l'énergie et des transports du 12 mars 2021, du rapport n° 13532-2021/1-ACTS/DIMENC de la direction de l'industrie, des mines et de l'énergie de la Nouvelle-Calédonie du 19 février 2021, et d'une présentation de la société Vale et de la banque Rothschild permettant d'évaluer le bien-fondé de la décision d'autorisation de changement de contrôle ;
- les autres documents dont l'association " Corail vivant, Terre des hommes " demande communication sont soit inexistants, soit ne sont pas en sa possession, soit ne sont pas désignés suffisamment précisément par l'intéressée.
Un mémoire, présenté par l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", a été enregistré le 5 septembre 2022, après la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, représentant la province Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier adressé le 17 mai 2021 à la présidente de l'assemblée de la province Sud, l'association " Corail vivant, Terre des hommes " a sollicité la communication, en premier lieu, des avis relatifs à la cession de l'usine Vale NC qui ont été pris le 2 février 2021 par le comité consultatif des mines, le 5 février 2021 par le conseil des mines et le 12 mars 2021 par la commission des équipements publics de l'énergie et des transports, en deuxième lieu du rapport n° 13532-2021/1-ACTS/DIMENC de la direction de l'industrie, des mines et de l'énergie de la Nouvelle-Calédonie du 19 février 2021, en troisième lieu des autres rapports techniques et scientifiques ayant été établis afin d'évaluer les pollutions et risques industriels avérés et potentiels, en quatrième lieu des parties du contrat de cession intéressant les responsabilités respectives du cédant et du cessionnaire relativement aux engagements et aux risques environnementaux, y compris aux réparations des préjudices écologiques, établis ou éventuels, dans toutes leurs composantes, en cinquième lieu de tout autre document permettant d'évaluer le bien-fondé de la décision d'autorisation de changement de contrôle, au regard des enjeux environnementaux, y compris sur les capacités techniques et financières du cessionnaire, et en dernier lieu des documents attestant des garanties financières et techniques du cessionnaire, la société " Compagnie Financière de Prony " ou " Consortium Prony Ressources ". Par un recours administratif enregistré le 11 août 2021, elle a saisi la commission d'accès aux documents administratif, qui a rendu le 14 octobre 2021 un avis favorable, à l'exception des documents attestant des garanties financières et techniques du cessionnaire, qui relèvent selon elle du secret des affaires de l'opérateur concerné. L'association " Corail vivant, Terre des hommes " demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de communication des documents sollicités, qui est née, conformément aux articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration, du silence gardé pendant deux mois par la présidente de l'assemblée de la province Sud à la suite de l'enregistrement par la commission d'accès aux documents administratif de son recours administratif.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort d'une part des pièces du dossier que l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", qui produit à l'appui de sa requête une copie du rapport n° 13532-2021/1-ACTS/DIMENC de la direction de l'industrie, des mines et de l'énergie de la Nouvelle-Calédonie du 19 février 2021, avait déjà reçu communication de ce document avant l'introduction de son recours. Par suite, la requête, en tant qu'elle porte sur ce rapport, est irrecevable.
3. Il ressort d'autre part des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la province Sud a procédé à la communication des avis du comité consultatif des mines du 2 février 2021, du conseil des mines du 5 février 2021, et de la commission des équipements publics de l'énergie et des transports du 12 mars 2021. Dans ces conditions, la requête, en tant qu'elle a trait aux avis susmentionnés, est devenue sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", en tant qu'elles sont relatives au refus de communication de ces avis.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Ces dispositions, si elles font obligation à l'administration de communiquer aux personnes en faisant la demande les documents administratifs qu'ils désignent, ne sauraient néanmoins avoir pour objet ou pour effet de charger le service compétent de procéder à des recherches ou d'effectuer un travail d'analyse pour satisfaire à la demande des intéressés.
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", en tant qu'elle vise à la communication des " autres rapports techniques et scientifiques ayant été établis afin d'évaluer les pollutions et risques industriels avérés et potentiels ", de " tout autre document permettant d'évaluer le bien-fondé de la décision d'autorisation de changement de contrôle, au regard des enjeux environnementaux, y compris sur les capacités techniques et financières du cessionnaire ", et des " documents attestant des garanties financières et techniques du cessionnaire, la société " Compagnie Financière de Prony " ou " Consortium Prony Ressources " ", est trop imprécise et ne pourrait être satisfaite sans imposer à l'administration des recherches. Par ailleurs, cette même demande, en tant qu'elle vise à la communication " des parties du contrat de cession intéressant les responsabilités respectives du cédant et du cessionnaire relativement aux engagements et aux risques environnementaux, y compris aux réparations des préjudices écologiques, établis ou éventuels, dans toutes leurs composantes ", porte d'une part sur un contrat que la province Sud soutient ne pas détenir, et nécessiterait d'autre part, et en tout état de cause, de la part de l'administration un travail d'analyse qu'elle ne saurait être tenue de faire. Par suite, le refus de communication opposé à l'égard de l'ensemble de ces documents doit ici être regardé comme justifié. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté qui est opposée en défense, l'association " Corail vivant, Terre des hommes " n'est pas fondée à solliciter l'annulation du refus de communication des documents restant en litige. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction relatives à ces documents.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", partie perdante, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de l'association " Corail vivant, Terre des hommes ", en tant qu'elles ont trait au refus de communication des avis du comité consultatif des mines du 2 février 2021, du conseil des mines du 5 février 2021, et de la commission des équipements publics de l'énergie et des transports du 12 mars 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " Corail vivant, Terre des hommes " et à la province Sud.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier,
J. LAGOURDE
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026