lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL RAPHAËLE CHARLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2022, M. B A et la société civile immobilière (SCI) PPAP3, représentés par Me Elmosnino, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 1698-2022/ARR/DAEM du 2 juin 2022, par lequel la présidente de l'assemblée de la province Sud a délivré à la SC Gaea un permis de construire en vue de la réalisation d'une station-service et de deux bâtiments sur le lot n° 2 du lotissement " Les canards ", qui est situé sur le territoire de la commune de Boulouparis ;
2°) de mettre à la charge de la province Sud une somme de 300 000 francs CFP à verser à chacun des requérants, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable, la construction projetée engendrant des troubles certains dans les conditions de jouissance de leurs biens immobiliers ;
- la station-service en cause n'était pas au nombre des constructions autorisées au titre de l'article NC2 du plan d'urbanisme directeur de Boulouparis ;
- au 2 juin 2022, date de l'acte contesté, aucun permis de construire ne pouvait plus être accordé, dès lors que la demande de permis, présentée le 30 juillet 2021, avait antérieurement donné naissance à une décision implicite de rejet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2022, la province Sud conclut au rejet de la requête de M. A et de la SCI PPAP3.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, M. A et la SCI PPAP3 ne justifiant d'aucun intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2022, la SC Gaea, représentée par Me Charlier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 350 000 francs CFP soit solidairement mise à la charge de M. A et de la SCI PPAP3 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, M. A et la SCI PPAP3 ne justifiant d'aucun intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de l'environnement de la province Sud ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie ;
- la délibération n° 274-2011/BAPS/DIMENC du 1er juin 2011 ;
- la délibération n° 34-2013/APS du 29 août 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 novembre 2022 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Elmosnino, avocat de M. A et de la SCI PPAP3, de Mme C, représentant la province Sud et de Me Charlier, avocate de la SC Gaea.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et la SCI PPAP3 demandent au tribunal d'annuler l'arrêté n° 1698-2022/ARR/DAEM du 2 juin 2022, par lequel la présidente de l'assemblée de la province Sud a délivré à la SCI Gaea un permis de construire en vue de la réalisation d'une station-service et de deux bâtiments sur le lot n° 2 du lotissement " Les canards ", qui est situé sur le territoire de la commune de Boulouparis.
2. Aux termes de l'article NC1 du plan d'urbanisme directeur de Boulouparis : " Sont interdits : / - toutes les occupations et les utilisations du sol non strictement nécessaires à l'exploitation de la propriété, / - les campings et les caravanings sauf dans les gîtes ruraux, / - les lotissements et constructions à destination d'habitat, de bureaux, de commerces, d'hébergement hôtelier, industrielle et artisanales autres que ceux autorisés à l'article NC2. / () ". Aux termes de l'article NC2 de ce même plan : " Sont autorisés : / - les lotissements à destination agricole, / - toutes les constructions nécessaires au bon fonctionnement de l'exploitation et au logement des exploitants. / Sont autorisés sous conditions : / - les constructions à destination d'habitat à condition d'être liées aux caractéristiques de la zone (logement des exploitants, gardiennage, maintenance), / - les constructions à destination de bureau de commerce et d'activités liées aux caractéristiques de la zone, / - les activités définies par la réglementation en vigueur relative aux installations classées pour la protection de l'environnement, nécessaires et liées aux activités de la zone, aux services publics ou d'intérêt général, après avis des services compétents. / - les gîtes ruraux et les refuges à condition que leur localisation et leur aspect ne dénaturent pas le caractère des sites, ne compromettent pas leur qualité architecturale et paysagère et ne portent pas atteinte à la préservation des milieux, / - les aménagements agricoles après avis des services compétents, / - les équipements publics ou privés, d'intérêt général, compatibles avec l'activité de la zone, / - les prospections ou les exploitations de carrière effectuées, après avis des services compétents, dans les conditions réglementaires en vigueur, / - les ouvrages de traitement des eaux usées domestiques ou assimilées définis par la réglementation en vigueur, relative aux Installations Classées pour la Protection de l'Environnement. ".
3. Les requérants font valoir que la station-service en cause n'était pas au nombre des constructions autorisées au titre de l'article NC2 du plan d'urbanisme directeur de Boulouparis. Toutefois cette station-service, qui relève de la rubrique 1434 de la délibération n° 274-2011/BAPS/DIMENC du 1er juin 2011 définissant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, était une installation classée soumise à déclaration par application de l'article 414-1 du code de l'environnement de la province Sud. Elle était par ailleurs ici liée et nécessaire à l'activité de la zone en cause, qui, aux termes du plan d'urbanisme directeur de Boulouparis, est " une zone à vocation principale d'activités agricoles (cultures, élevage, etc. ), d'exploitations forestières et d'activités liées aux carrières ". Dans ces conditions, elle rentrait dans la catégorie des " activités définies par la réglementation en vigueur relative aux installations classées pour la protection de l'environnement, nécessaires et liées aux activités de la zone, aux services publics ou d'intérêt général, après avis des services compétents ". Etant au nombre des constructions autorisées au titre de l'article NC2 du plan d'urbanisme directeur de Boulouparis, elle n'avait pas à être interdite par application de l'article NC1 du même plan.
4. Aux termes de l'article Lp. 121-4 du code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / - deux mois pour les déclarations préalables ; / - trois mois pour les demandes de permis de construire. / Les provinces peuvent préciser les cas dans lesquels les délais d'instruction peuvent être majorés dans le cadre d'une procédure qui ne doit pas excéder au total une année. / De telles majorations pourront notamment être prévues concernant les opérations pour lesquelles la délivrance d'un permis ou la réalisation de travaux est différée dans l'attente de formalités prévues par d'autres législations que celles régissant les principes directeurs du droit de l'urbanisme. / Aucune prolongation du délai d'instruction n'est possible en dehors des cas et conditions prévus par les provinces. ". Aux termes de son article Lp. 121-5 : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction prévu à l'article Lp. 121-4. / Par exception au premier alinéa, les provinces définissent les cas dans lesquels un permis tacite ne peut être acquis. ". Aux termes de son article PS. 221-45 : " En application du deuxième alinéa de l'article Lp. 121-5, le défaut de notification d'une décision expresse de permis de construire dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet dans les cas suivants : / 1° Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public ; / () ".
5. Les requérants soutiennent qu'au 2 juin 2022, date de l'acte contesté, aucun permis de construire ne pouvait plus être accordé, dès lors que la demande de permis, présentée le 30 juillet 2021, avait antérieurement donné naissance à une décision implicite de rejet par application des dispositions précitées. Cependant, il était ici loisible à la présidente de l'assemblée de la province Sud de procéder par l'acte attaqué au retrait de cette décision implicite de rejet, qui n'avait créé aucun droit au profit des tiers.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire en litige. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la SC Gaea présentées au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de la SCI PPAP3 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SC Gaea sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SCI PPAP3, à la province Sud et à la SC Gaea.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le rapporteur,
B. BRIQUETLe président,
D. SABROUXLe greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026