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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2000257

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2000257

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2000257
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPAGE JULIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 mars 2020, M. C D, représenté par Me Page, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de reclassement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé son maintien en disponibilité d'office pour raisons médicales ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, sur le fondement des articles L. 911-1, L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative, de saisir le médecin de prévention ou le comité médical afin qu'il procède à son examen, qu'il se prononce sur la période de préparation au reclassement et qu'il formule toute préconisation quant à l'aménagement de son poste ou son reclassement, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui formuler des propositions de reclassement en fonction des préconisations médicales ;

5°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui verser le montant de son plein traitement jusqu'à l'intervention d'une décision de reclassement ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que la décision implicite de rejet de sa demande de reclassement est entachée d'erreurs de droit, au regard, d'une part, de l'article 63 de la loi n° 84-16 et, d'autre part, des articles 2 et 2-1 du décret n° 84-1051 dès lors qu'il a été déclaré, par le médecin conventionné de la police nationale, inapte à l'exercice de ses fonctions pour une durée d'un an et qu'il aurait dû se voir proposer un aménagement de son poste de travail ou un reclassement, par son employeur qui était tenu de mettre en œuvre la procédure de reclassement à son bénéfice.

Par un mémoire, enregistré le 23 mars 2020, le ministre de l'intérieur a sollicité que l'ensemble des pièces de la procédure soit transmis au préfet de la Guyane, seul compétent pour défendre le dossier, en application des dispositions de l'article R. 431-9 du code de justice administrative, de l'article 1er du décret n° 2004-1339 du 7 décembre 2004, de l'article 1er du décret n° 95-1197 du 6 novembre 1995 et de l'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2005 portant déconcentration en matière de gestion des fonctionnaires actifs des services de la police nationale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2021, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Le préfet fait valoir que l'arrêté litigieux du 16 janvier 2020 a été retiré par un arrêté du 1er mars 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 ;

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public,

- et les observations de Me Page, représentant M. D, et celles de Mme A, représentant le préfet de la Guyane.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, gardien de la paix, a été affecté au sein de la direction départementale de la police aux frontières de Saint-Laurent du Maroni à compter du 1er septembre 2009. Il a effectué une demande de congé de longue maladie le 30 mars 2018. Le comité médical interdépartemental de la police nationale du SGAMI EST a émis un avis défavorable à la demande de congé de longue maladie, d'une part, et un avis favorable au placement en disponibilité d'office pour raison de santé de M. D pour une période de trois mois à compter du 30 avril 2018 d'autre part. Depuis lors, M. D est ainsi placé en disponibilité d'office pour raisons médicales. Par une ordonnance du 7 août 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Guyane a ordonné la suspension de l'exécution de l'arrêté du 7 juin 2018 par lequel le préfet de la Guyane a placé M. D en position de disponibilité d'office pour raisons médicales jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté. Par un arrêté préfectoral du 11 avril 2019, M. D a été placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé du 30 avril 2018 au 29 avril 2019. Par des arrêtés du 21 juin 2019,

2 août 2019 et 28 octobre 2019, M. D a été maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé pour les périodes allant du 30 avril 2019 au 29 juillet 2019, du 30 juillet 2019 au 29 octobre 2019 et du 30 octobre 2019 au 29 janvier 2020. Par un courrier du

6 décembre 2019, M. D a sollicité son reclassement professionnel dans un autre corps. Par un arrêté du 16 janvier 2020, M. D a été maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée de trois mois à compter du 30 janvier 2020. Par un certificat médical du 20 janvier 2020 établi par le médecin conventionné de la police nationale, M. D a été déclaré inapte à reprendre son poste pour une durée d'un an. M. D demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de reclassement, d'une part, et d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé son maintien en disponibilité d'office pour raisons médicales, d'autre part.

Sur le non-lieu à statuer :

2. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Guyane a, par un arrêté du 1er mars 2021 portant annulation d'arrêtés de disponibilité d'office pour raison de santé, retiré l'arrêté n° 12 du 16 janvier 2020 portant maintien en disponibilité d'office pour raison de santé. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé son maintien en disponibilité d'office pour raisons médicales ont perdu leur objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. D'autre part, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Guyane a, par le même arrêté du 1er mars 2021 précité, prononcé le placement de M. D en position d'activité à compter du 30 avril 2018. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a implicitement rejeté sa demande de reclassement ont perdu leur objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Dans ces conditions, il n'y a pas plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'injonction.

Sur les frais d'instance :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. D.

Article 2 : Le préfet de la Guyane versera à M. D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Guyane.

Copie, pour information, en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président rapporteur,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 10 novembre 2022.

Le président rapporteur,

Signé

L. B

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

E. SCHORLa greffière,

Signé

M-Y. METELLUS

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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