jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2000693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARIEMA - BOUCHET & BOUCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et quatre mémoires, enregistrés le 7 septembre 2020, le 16 septembre 2020, le 1er octobre 2020, le 4 novembre 2021 et le 19 novembre 2021, l'association syndicale libre (ASL) du lotissement La Colline, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du 8 juillet 2020 par laquelle le maire de Rémire-Montjoly ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par la société d'études et de représentations graphiques (SERG), pour le compte de M. et Mme D, en vue d'une division foncière destinée à la construction ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rémire-Montjoly une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la SERG a utilisé pour le dépôt de la déclaration préalable attaquée un formulaire CERFA obsolète depuis le 2 avril 2020 ;
- les parcelles mentionnées par les relevés n'appartiennent pas au lotissement La Colline alors que la déclaration préalable mentionne que le projet sera réalisé sur ce lotissement ;
- le projet se situe dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, contrairement à ce qu'indique la déclaration préalable ;
- la déclaration préalable omet de mentionner l'ASL du lotissement La Colline pour le partage de voirie alors que tant la voie d'accès nord que le fossé qui le longe seront utilisés par le projet ;
- le périmètre du lot à bâtir englobe une emprise réservée par le PLU ;
- la voirie du lotissement La Colline sera annexée par le projet, puisqu'à défaut le projet sera enclavé, sans demande d'autorisation ni accord de l'ASL.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2020, la société d'études et de représentations graphiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen soulevé n'est fondé.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 11 octobre 2021 et le 16 novembre 2021, la commune de Rémire-Montjoly, représentée par Me Bouchet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association syndicale libre du lotissement La Colline la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, l'association requérante ne justifie ni de sa capacité à ester en justice ni d'un intérêt lui donnant qualité pour agir et sa présidente ne justifie pas d'un mandat pour agir en son nom ;
- à titre subsidiaire, aucun moyen soulevé n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n°2014-366 du 24 mars 2014 ;
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Moraga-Rojel, substituant Me Bouchet, représentant la commune de Rémire-Montjoly.
L'association syndicale libre du lotissement La Colline, la société d'études et de représentations graphiques et M. et Mme D n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision implicite du 8 juillet 2020, le maire de Rémire-Montjoly ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 8 juin 2020 par la Société d'études et de représentations graphiques pour le compte de M. et Mme D, en vue d'une division foncière d'une parcelle jouxtant le lotissement de La Colline. L'association syndicale libre du lotissement La Colline demande l'annulation de cette décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Rémire-Montjoly :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme : " Une association n'est recevable à agir contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation des sols que si le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. ". D'autre part, l'article 2 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires dispose que : " Les associations syndicales de propriétaires sont libres, autorisées ou constituées d'office. / Les associations syndicales libres sont des personnes morales de droit privé régies par les dispositions du titre II de la présente ordonnance. () ". Aux termes de l'article 5 de cette ordonnance : " Les associations syndicales de propriétaires peuvent agir en justice, acquérir, vendre, échanger, transiger, emprunter et hypothéquer sous réserve de l'accomplissement des formalités de publicité prévues selon le cas aux articles 8, 15 ou 43 ", l'article 8 régissant les formalités de publicité applicables aux associations syndicales libres. Le deuxième alinéa du I de l'article 60 de cette ordonnance a imposé la mise en conformité des statuts des associations syndicales de propriétaires dans un délai de deux ans à compter de la publication du décret en Conseil d'Etat prévu à l'article 62, intervenue le 5 mai 2006. Le troisième alinéa du même I, dans sa rédaction issue de l'article 59 de la loi du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, prévoit toutefois que : " Par dérogation au deuxième alinéa, les associations syndicales libres régies par le titre II de la présente ordonnance, qui ont mis leurs statuts en conformité avec les dispositions de celle-ci postérieurement au 5 mai 2008, recouvrent les droits mentionnés à l'article 5 de la présente ordonnance dès la publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, sans toutefois que puissent être remises en cause les décisions passées en force de chose jugée ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu que les associations syndicales libres puissent recouvrer les droits mentionnés à l'article 5 de l'ordonnance du 1er juillet 2004, au-delà du délai prévu au deuxième alinéa du I de l'article 60 de cette ordonnance, dès la mise de leurs statuts en conformité avec les dispositions de celle-ci, sous la seule réserve de l'absence de remise en cause des décisions passées en force de chose jugée. Il en est ainsi même si l'association syndicale libre recouvre ces droits en cours d'instance, de sorte que sa requête se trouve, le cas échéant, régularisée.
3. Il ressort des pièces du dossier d'une part que les statuts de l'association requérante ont été enregistrés en préfecture dès le 30 août 1988 et seulement modifiés le 8 août 2020. Ainsi, le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire et les dispositions précitées de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été méconnues. D'autre part, en vertu de la délibération du 16 juillet 2020, Mme B a été élue présidente de l'ASL. A la date de l'introduction de la requête, elle justifiait donc de sa qualité de présidente, et à ce titre, en vertu de l'article 20 des statuts en vigueur à cette date, sans que la circonstance que cette modification soit postérieure à la désignation de Mme B ait une incidence sur cette désignation, de sa capacité à ester en justice au nom de l'ASL. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de capacité pour agir de l'ASL doit être écartée.
4. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment des statuts modifiés de l'association requérante, qu'elle a pour objet, notamment " la représentation des intérêts collectifs des propriétaires concernant l'usage et la valeur de leurs biens immobiliers ". La décision litigieuse porte sur une parcelle jouxtant le lotissement La Colline avec un impact potentiel sur ces intérêts collectifs. Dès lors, l'association requérante justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune de Rémire-Montjoly doit être écartée.
5. En revanche, il ressort des statuts du 8 août 2020 que le président ou la présidente de l'ASL n'est pas autorisé de façon permanente à ester en justice mais " représente l'ASL en justice, tant en demande qu'en défense, il transige, compromet, acquiesce et se désiste sur toutes actions ". Par ailleurs, en vertu de la délibération de l'ASL du 3 septembre 2020, la présidente n'a été autorisée par l'assemblée de l'ASL qu'à attaquer le " permis de construire " devant le tribunal administratif, et non la décision portant non-opposition à déclaration préalable de division. Par suite, la présidente de l'ASL ne justifiant pas d'une habilitation à ester en justice contre la décision attaquée, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir de la présidente de l'ASL doit être accueillie. Dans ces conditions, la requête de l'ASL est irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'ASL La Colline doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rémire-Montjoly, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'ASL du lotissement La Colline demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'ASL du lotissement La Colline une somme de
1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Rémire-Montjoly et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association syndicale libre du lotissement La Colline est rejetée.
Article 2 : L'association syndicale libre du lotissement La Colline versera à la commune de Rémire-Montjoly une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale libre du lotissement La Colline, à la société d'études et de représentations graphiques, à la commune de Rémire-Montjoly et à Mme E D et M. A D.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. CLe président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
L. LEBOURG
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026