jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2000736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TSHEFU EMILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2020, M. D C, représenté par Me Tshefu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du recteur de l'académie de la Guyane refusant de lui verser la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique ainsi que la décision de la même autorité rejetant son recours gracieux contre cette décision ;
2°) de condamner le recteur de l'académie de la Guyane à lui verser la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique avec intérêts au taux légal à compter de sa première demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la décision du 2 juin 2020 était incompétent ;
- la décision du 2 juin 2020 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait car il n'a jamais perçu d'indemnité de sujétion géographique à Mayotte ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- une rupture du principe d'égalité de traitement des fonctionnaires est caractérisée par cette décision.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2021, le recteur de l'académie de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive car la demande de versement d'ISG du requérant a été rejetée par une décision du 20 mai 2019, devenue définitive, en l'absence de recours contentieux ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2012-765 du 10 mai 2012,
- le décret n° 2013-314 du 15 avril 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de M. B, représentant le recteur de l'académie de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. M. C exerce les fonctions d'enseignant d'histoire et géographie au lycée polyvalent Melkior-Garré à Cayenne depuis le 1er septembre 2018. Il a demandé au recteur de l'académie de la Guyane de lui verser la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique (ISG). Par une décision du 15 janvier 2019, le recteur de l'académie de la Guyane a rejeté sa demande. M. C a exercé le 28 mars 2019 un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 20 mai 2019, notifiée le 27 mai 2019, le recteur de l'académie de la Guyane a rejeté son recours. Par un courrier du 3 décembre 2019, M. C a de nouveau sollicité le versement de la première fraction de cette indemnité. Par une décision du 2 juin 2020, le recteur de l'académie de la Guyane a de nouveau rejeté sa demande. Par un courrier du 25 juin 2020, M. C a exercé un recours gracieux contre cette décision. Le silence gardé pendant plus de deux mois par le recteur de l'académie de la Guyane sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 2 juin 2020 par laquelle le recteur de l'académie de la Guyane a rejeté sa demande de versement d'ISG ainsi que la décision de la même autorité rejetant son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 15 avril 2013, dans sa version en vigueur à la date de la première décision attaquée : " Une indemnité de sujétion géographique est attribuée aux fonctionnaires de l'Etat et aux magistrats, titulaires et stagiaires affectés en Guyane, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy ou à Mayotte, s'ils y accomplissent une durée minimale de quatre années consécutives de services ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'indemnité de sujétion géographique est versée aux fonctionnaires de l'Etat et aux magistrats dont la précédente résidence administrative était située hors de la Guyane, de Saint-Martin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Saint-Barthélemy ou de Mayotte ". Enfin, selon l'article 8 de ce décret : " Une affectation ouvrant droit à l'indemnité de sujétion géographique prévue ne peut être sollicitée qu'à l'issue d'une affectation d'une durée minimale de deux ans hors de la Guyane, de Saint-Martin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Saint-Barthélemy ou de Mayotte. () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que l'autorité administrative est tenue de refuser le bénéfice de l'indemnité de sujétion géographique à un fonctionnaire de l'Etat lorsque son affectation précédente se situait en Guyane, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy ou à Mayotte. La situation de compétence liée dans laquelle se trouve l'administration implique que les seuls moyens qui peuvent être utilement discutés, devant le juge administratif, sont ceux qui consistent à remettre en cause la situation dans laquelle l'administration a estimé devoir s'inscrire.
4. Il est constant que M. C, fonctionnaire de l'Etat, a fait l'objet, au 1er septembre 2018, d'un changement d'affectation de l'académie de Mayotte à l'académie de Guyane. Dès lors, le recteur de la Guyane était tenu de lui refuser le bénéfice de la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique.
5. Si l'intéressé soutient, au titre de l'erreur de fait, qu'il n'a nullement bénéficié de cette indemnité dans le cadre de sa précédente affectation, cette circonstance, comme les moyens tirés de l'incompétence, de l'insuffisance de motivation et de la rupture d'égalité, sont sans incidence sur le bien-fondé des décisions qui lui ont été opposées. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au recteur de l'académie de Guyane.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. ALe président,
Signé
L. MARTIN
Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026