jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2000964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | INSOLIDUM AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 26 octobre 2020 et le 25 octobre 2022, Mme B C, représentée dans un premier temps par Me Taffoneau, demande au tribunal :
1°) de condamner la chambre d'agriculture de Guyane à lui verser :
- 131 960 euros correspondant à l'indemnité prévue par l'article 39 du statut du personnel administratif des chambres d'agriculture ;
- 79 176 euros correspondant à l'indemnité compensatrice de préavis prévue par l'article 39 du statut du personnel administratif des chambres d'agriculture ;
- 158 352 euros correspondant au préjudice financier résultant de la perte de chance d'évolution de sa carrière ;
- 100 000 euros correspondant à son préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge de la chambre d'agriculture de Guyane la somme de
5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été privée sans motif de ses fonctions, prévues par l'article 37 du statut du personnel des chambres d'agriculture, d'une part à l'occasion du bureau du 6 novembre 2019 et d'autre part en raison du maintien, y compris après son retour de congé de maladie, de la cellule support, ce qui constitue une faute et lui a causé un préjudice devant être réparé par l'octroi d'une indemnité de licenciement, une indemnité de préavis ainsi qu'un préjudice de déroulement de carrière ;
- elle a subi un avertissement fautif et une procédure de révocation a été engagée contre elle, ce qui lui a occasionné un préjudice moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2022, la chambre d'agriculture de la Guyane, représentée par Me Houidi, conclut au rejet de la requête et en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- seule la délégation du Président à la requérante a été limitée mais en aucun cas ses fonctions et le maintien d'une cellule support à la reprise des fonctions de Mme C, qui ne peut en aucun cas être regardé comme une privation de fonctions, s'explique par le contexte particulier de l'espèce, marqué par l'état de santé de la requérante, gravement malade et souvent absente ;
- l'avertissement du 16 décembre 2019 était justifié par le comportement de la requérante tandis que la procédure de révocation a été abandonnée.
Un mémoire présenté par Mme C a été enregistré le 13 novembre 2022.
Un mémoire présenté pour la chambre d'agriculture de la Guyane a été enregistré le
14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- le statut du personnel administratif des chambres d'agriculture dans sa 20ème édition de juillet 2018,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Houidi, représentant la chambre d'agriculture de la Guyane.
Madame C n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été embauchée par contrat à durée indéterminée en qualité de directrice générale de la chambre d'agriculture de la Guyane, à compter du 29 octobre 2018. Elle a été titularisée dans ces fonctions le 2 septembre 2019. Après plusieurs incidents et arrêts de maladie, le président de la chambre d'agriculture de la Guyane a adressé une lettre du
9 juin 2020 à Mme C, lui indiquant notamment que, pour pallier son absence et répondre aux prérogatives de son poste, avait été mise en place une cellule support afin de traiter les urgences et affaires courantes, cellule qui resterait en place à son retour. Estimant d'une part que cette décision constituait une privation de fonctions sans motif et d'autre part qu'elle avait subi de la part de la chambre d'agriculture de la Guyane un préjudice résultant notamment de cette privation de fonctions et des sanctions disciplinaires engagées à son encontre, Mme C a formé le 29 juillet 2020 une réclamation préalable indemnitaire portant sur une somme globale de 469 488 euros. Elle demande au tribunal de condamner la chambre d'agriculture de la Guyane à réparer les divers préjudices qu'elle estime avoir subis à hauteur des sommes de 131 960 euros correspondant à une indemnité de licenciement, 79 176 euros au titre d'une indemnité compensatrice de préavis, 158 352 euros correspondant au préjudice financier lié à la perte de chance de bénéficier d'une évolution de carrière conforme à ses au sein du réseau des chambres d'agriculture et 100 000 euros pour préjudice moral, soit une somme totale de 469 488 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 37 du statut du personnel administratif des chambres d'agriculture, dans sa version en vigueur le 9 juin 2020 : " a/ Le Directeur nommé dans chaque Chambre d'Agriculture est le collaborateur direct et le conseiller permanent du Président de la Chambre d'Agriculture dans tous les aspects de la fonction représentative, consultative et d'intervention de la Chambre d'Agriculture. / Placé sous l'autorité directe du Président, il participe à toutes les instances professionnelles de la Chambre d'Agriculture, qu'il est chargé d'organiser et d'animer. Il veille à l'application de leurs décisions. / b/ Pour ce faire, il gère les ressources et dirige l'ensemble des services en tant que Directeur Général. Il est le chef du personnel : c'est après établissement d'une proposition motivée du Directeur et analyse conjointe, que le Président prend les décisions de nomination, révocation, promotion et avancement des agents de la Chambre d'Agriculture. / c/ Dans une logique de fonctionnement en réseau, le Directeur participe à la mise en œuvre d'actions communes et au partage de moyens, à l'échelle interdépartementale, régionale et nationale. / d/ Les fonctions et responsabilités exercées dans le cadre de ces missions, ainsi que les conditions de leur exercice, font l'objet d'un référentiel défini et mis à jour par la commission paritaire prévue à l'article 40. ". Aux termes de l'article 39 du même statut : " La cessation de fonction d'un Directeur après sa titularisation ne peut intervenir que dans les cas suivants : / I - Par licenciement sur décision du Président ()/ II - Par départ à la retraite ou octroi d'une pension d'invalidité consécutif à un classement en invalidité de catégorie 2 ou 3 ()/ III - Par révocation par mesure disciplinaire ()/ IV - Par licenciement pour inaptitude physique consécutive à une maladie ou à un accident ()/ V- Par demission du Directeur () ".
En ce qui concerne la responsabilité :
3. En premier lieu, il résulte du compte-rendu de la réunion du bureau de la chambre d'agriculture de la Guyane le 6 novembre 2019 que la chambre d'agriculture a approuvé une délégation de signature du président à la directrice générale en ce qui concerne les dépenses ne dépassant pas 2 000 euros. Il ne résulte ni de ce compte-rendu ni d'aucune autre pièce du dossier que Mme C aurait été privée de ses attributions de directrice générale à cette occasion. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que, ce faisant, la chambre d'agriculture de la Guyane aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité à son égard.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C n'a été ni licenciée ni révoquée, qu'elle n'est pas partie à la retraite et ne perçoit pas de pension d'invalidité, qu'elle n'a pas démissionné et n'a pas été déclarée inapte physiquement. En outre, il ressort de l'avis de la commission paritaire des présidents et directeurs de chambre d'agriculture du 23 juillet 2021 que celle-ci a été saisie et s'est prononcée sur un projet de licenciement et non sur un licenciement ayant déjà eu lieu. Par ailleurs, il résulte de l'instruction d'une part que les comptes de la chambre d'agriculture pour l'année 2019 et le budget rectificatif pour 2020 devaient impérativement être approuvés par l'Etat avant la fin du mois d'avril 2020, d'autre part que
Mme C a été placée en arrêt de travail de façon presque ininterrompue à partir du
14 février 2020 et que la cellule support litigieuse, mise en place pour traiter les urgences et affaires courantes, a été pérennisée le 9 juin 2020 pour tenir compte de la grave maladie affectant Mme C, dont la chambre avait été informée par courrier de l'intéressée du 19 mai 2020. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le maintien de cette cellule support devait être regardé comme une privation fautive de fonctions, engageant la responsabilité de l'établissement public.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du statut du personnel des chambres d'agriculture : " Les mesures disciplinaires applicables aux agents titulaires peuvent être : / A/ l'avertissement par écrit, / B/ le blâme avec inscription au dossier, / C/ la révocation. / Ces sanctions sont prononcées par le Président de l'organisme employeur. / Toutefois, dans les deux derniers cas, les sanctions sont prononcées après avis de la Commission Paritaire compétente et après que l'agent a été mis en mesure de prendre communication de son dossier et de connaître les faits reprochés. L'agent est, sur sa demande, entendu par la Commission Paritaire compétente et peut se faire assister par un représentant du personnel ou par un délégué syndical appartenant à l'un des organismes visés à l'article 1er. (). ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme C a fait l'objet d'un avertissement du président de la chambre d'agriculture de la Guyane le 16 décembre 2019, suite à deux réunions du bureau de la chambre, en octobre et novembre 2019 que Mme C avait quittées en indiquant, lors de la réunion du 6 novembre 2019, qu'elle ne se sentait pas bien et n'était plus en capacité morale d'écouter les commentaires sur son travail et ses responsabilités. Eu égard à la nature des faits et à leur gravité ainsi qu'aux missions incombant à Mme C en sa qualité de directrice générale de la chambre d'agriculture, impliquant notamment sa présence à ces réunions de bureau, le président de cet établissement consulaire n'a pas, en l'espèce, pris une sanction disproportionnée en décidant de prononcer un avertissement à l'encontre de
Mme C. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que le président de la chambre d'agriculture de la Guyane a engagé une procédure disciplinaire pour révocation de Mme C à partir du
5 mai 2020, il est constant que cette procédure a été abandonnée dès le 19 mai 2020, le président de la chambre d'agriculture indiquant que les précédents actes de cette procédure devaient être regardés comme nuls et non avenus. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en lui infligeant un avertissement et en engageant une procédure disciplinaire qu'elle a ensuite abandonnée, la chambre d'agriculture a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
7. Il résulte de ce qui précède qu'aucune faute n'est imputable à la chambre d'agriculture, et que, par suite, Mme C n'est pas fondée à demander réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la chambre d'agriculture de la Guyane, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la chambre d'agriculture de la Guyane et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera à la chambre d'agriculture de la Guyane une somme de
1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la chambre d'agriculture de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. A
Le président,
Signé
L. MARTIN
La greffière,
Signé
M.-Y METELLUS
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026