jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2001041 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire enregistrées les 4 et 10 novembre 2020, M. F E, représenté par Me Sagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté pris à son encontre le 3 août 2020 par le préfet de la Guyane en tant qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et qu'il a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée, entachée d'erreurs de fait et prise en méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête en opposant sa tardiveté et l'absence de moyen fondé.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 26 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant haïtien, conteste l'arrêté pris à son encontre le 3 août 2020 par le préfet de la Guyane en tant qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et qu'il a fixé le pays de renvoi.
2. La circonstance que la Guyane soit devenue une collectivité territoriale de la République par l'effet de la loi du 27 juillet 2011 relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique est demeurée sans conséquence sur les compétences exercées par le représentant de l'Etat en application des dispositions du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et départements. Le signataire de l'arrêté contesté, M. D, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, disposait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté n° R03-2020-03-18-002 du 18 mars 2020 régulièrement publié, d'une subdélégation de M. B, directeur général de la sécurité, de la règlementation et des contrôles, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C à l'effet de signer les décisions relevant des attributions du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est pas établi que M. C n'était pas absent ou empêché et M. B disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue par l'article 1er de l'arrêté n° R03-2020-02-27-003 du 27 février 2020, régulièrement publié, dont l'article 4 vise notamment les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
3. L'argumentation développée à l'appui du moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire concerne le bien-fondé de la motivation en fait, sans incidence sur la régularité de la mesure, qui ne peut être utilement invoqué. En visant l'article L.513-2 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis en indiquant que l'intéressé n'établissait pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Haïti, le préfet a suffisamment motivé la décision distincte fixant le pays de renvoi.
4. Si, en relevant que M. E n'avait pas d'enfants, le préfet a commis une erreur de fait, il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision compte tenu de l'irrégularité du séjour de la mère de son seul enfant présent en France. Enfin, il ne ressort ni des mentions de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet, qui a examiné les contrats de travail conclus en 2017 et en 2018, puis les bulletins de paye, se serait fondé sur des faits matériellement inexacts pour apprécier l'insertion socio-professionnelle de M. E.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays ()". Né le 4 décembre 1972, entré irrégulièrement en Guyane le 17 août 2015 à l'âge de quarante-deux ans, M. E a quatre enfants de nationalité haïtienne, dont trois vivent en Haïti. Il invoque la présence en Guyane de sa fille née à Cayenne le 8 février 2017. Toutefois, la mère de cette enfant, qui réside en métropole, a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Enfin, lalégalité d'un acte administratif s'appréciant à la date d'édiction de cet acte, M. E ne peut utilement se prévaloir ni du titre d'agent spécialisé en sécurité privée obtenu le 11 août 2020, postérieurement à l'arrêté contesté, ni du contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société Valention Wilmore Sécurité le 12 octobre suivant. Dans les circonstances de l'affaire, compte tenu, en outre, des conditions de séjour en France de l'intéressé qui n'a pas déféré à la précédente obligation de quitter le territoire prononcée le 11 septembre 2017, le préfet n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si M. E, dont la demande d'asile a été rejetée par une décision rendue le 30 mai 2016 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 30 juin 2017 par la Cour nationale du droit d'asile, invoque les risques encourus en Haïti, il se borne à produire des documents antérieurs au rejet de sa demande d'asile justifiant notamment du dépôt de sa plainte en février 2014 auprès du tribunal de grande instance des Gonaïves pour avoir été recherché et menacé de mort par des opposants au parti Mochrenha, dont il aurait été un membre actif. Ce faisant, il ne justifie à l'appui de son moyen, d'ailleurs inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement, ni du caractère actuel des risques allégués, ni en tout état de cause de ce que les autorités de son pays ne seraient pas en mesure de le protéger.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. E n'est pas fondé, à demander l'annulation de l'arrêté du 3 août 2020. Sa requête ne peut, dès lors, qu'être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 202La rapporteure,
Signé
M.T. A Le président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026