jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2001089 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BALIMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2020, Mme B A, représentée par Me Balima, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision orale du 11 février 2020 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Guyane d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision portant refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour doit être considérée comme un refus de titre de séjour, celui-ci ne se fondant pas sur le caractère incomplet du dossier ;
- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'elle lui a été opposée par une personne dont le préfet ne justifie pas qu'elle ait été régulièrement habilitée à prendre une telle décision ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en tant qu'elle constitue un refus de titre de séjour, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 313-11, 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.
Par une décision du 21 septembre 2020, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Briolin, représentant le préfet de la Guyane.
Mme A n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née en 1989, de nationalité haïtienne, a déclaré être entrée sur le territoire français en 2016. Elle a obtenu un rendez-vous en préfecture le 11 février 2020 afin de déposer son dossier d'admission au séjour. Un refus d'enregistrement de sa demande lui a été opposé oralement par un agent de la préfecture le même jour. Par un courrier du 28 août 2020, réceptionné le 1er septembre 2020, l'intéressée a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, en sollicitant également la communication des motifs du refus d'enregistrement. Son recours gracieux a été implicitement rejeté. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, opposée oralement le 11 février 2020 par un agent de la préfecture de Guyane.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Le préfet de la Guyane soutient qu'il n'y aurait plus lieu de statuer sur la requête de Mme A dès lors qu'il ne ressort pas des pièces produites par la requérante que l'administration, qui a apposé un tampon et des timbres sur son formulaire de demande de titre de séjour, aurait refusé d'enregistrer cette demande.
3. Il est constant que Mme A s'est présentée en préfecture pour déposer sa demande de titre de séjour le 11 février 2020. Toutefois, et contrairement à ce que soutient le préfet de la Guyane, la circonstance que le formulaire de demande de séjour, produit dans la présente instance, ait été tamponné et timbré par les services de la préfecture ne permet pas d'établir que l'intéressée aurait bénéficié d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et attestant de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter l'exception de non-lieu à statuer présentée par le préfet de la Guyane.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il n'est pas soutenu par le préfet de la Guyane que le dossier de Mme A aurait présenté un caractère incomplet. De même, il n'est pas contesté qu'un refus oral d'enregistrer la demande d'admission au séjour de Mme A lui a été opposé par un agent de la préfecture qui lui a rendu son dossier, au motif qu'elle avait fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français non exécutée. En l'absence d'élément sur la délégation octroyée aux agents administratifs du bureau d'accueil et du séjour des étrangers, la requérante est fondée à soutenir que le refus de délivrance d'un récépissé, qui lui a été opposé par un agent dont l'identité n'est au demeurant pas précisée, est entaché d'incompétence.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision orale du 11 février 2020 par laquelle les services de la préfecture de la Guyane ont refusé d'enregistrer sa demande d'admission au séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guyane, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et sous réserve que la demande de titre de séjour de Mme A soit complète, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui remettre, dans l'attente d'une décision sur son droit au séjour et en application de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un récépissé valant autorisation de séjour dans un délai qu'il convient de fixer à 2 mois à compter de la notification du présent jugement. Compte tenu de la nature du titre sollicité, qui n'entre pas dans les prévisions de l'article R.431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisant certains titulaires de récépissés à exercer une activité professionnelle, le préfet n'est pas tenu d'assortir le récépissé de Mme A d'une autorisation de travail. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement, au titre des dispositions précitées, d'une somme de 900 euros à Me Balima, qui renoncera à percevoir la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision orale du 11 février 2020 portant refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de procéder à l'enregistrement de la demande de titre de séjour de Mme A et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que la demande de Mme A soit complète.
Article 3 : L'Etat versera à Me Balima une somme de 900 euros en application des dispositions des articles 37 de la 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Balima renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
L. MARTIN La greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026