jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2001356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 22 décembre 2020, M. G C, représenté A Me El Allaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2020 A lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet sous astreinte de 50 euros A jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, subsidiairement de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours et de réexaminer son dossier dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que l'arrêté contesté est entaché d'incompétence, insuffisamment motivé et pris en méconnaissance des dispositions de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le préfet de la Guyane, représenté A Me Cano, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B et les observations de Me Briolin pour le préfet de la Guyane, M. C n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant haïtien, conteste l'arrêté du 20 octobre 2020 A lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi.
2. Le signataire de l'arrêté contesté, M. F, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, disposait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté n° R03-2020-10-01-001 du 1er octobre 2020, régulièrement publié, d'une subdélégation de M. D, directeur général de la sécurité, de la règlementation et des contrôles, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E à l'effet de signer les décisions relevant des attributions du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est pas établi que M. E n'était pas absent ou empêché et M. D disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue A l'article 1er de l'arrêté n° R03-2020-02-27-003 du 27 février 2020, régulièrement publié, dont l'article 4 vise notamment les refus de séjour et les mesures d'éloignement. A suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
3. L'arrêté contesté reproduit les dispositions alors en vigueur de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis mentionne les éléments de la situation personnelle de M. C fondant le refus de l'admettre au séjour. Cette motivation est conforme aux prescriptions des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration. La motivation de la mesure d'éloignement prise sur le fondement des dispositions du 3° du I de l'article L.511-1 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a visées, se confond, en vertu du dixième alinéa du I du même article, avec celle du refus de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas de mention spécifique, dès lors, que, comme en l'espèce, ce refus est lui-même motivé.
4. En vertu du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit à l'étranger dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. Né le 19 janvier 1975, M. C allègue être entré irrégulièrement en France en janvier 2013, mais ne justifie ni de l'ancienneté, ni de la continuité de son séjour. Il a une fille née le 13 juillet 2016, avec laquelle il ne vit pas, qui réside en métropole avec sa mère, une ressortissante haïtienne titulaire d'une carte de résident expirant en 2028. Si M. C fait valoir qu'il contribue à l'entretien de cette enfant A des versements réguliers depuis l'année 2018, il se borne à produire six justificatifs de virements Western union opérés en janvier, février, mai, juin, juillet et octobre 2020, postérieurement à sa demande de titre de séjour. Il n'allègue pas être dépourvu de toute attache en Haïti, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans. M. C, qui a obtenu un certificat de compétences de citoyen de sécurité civile, invoque, en outre, sa promesse d'embauche du 2 août 2019 au sein de l'entreprise Fredo et sa volonté d'intégration. Dans les circonstances de l'affaire, compte tenu notamment des conditions de séjour en France de l'intéressé, qui n'a pas déféré à la précédente obligation de quitter le territoire du 17 novembre 2016, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2020. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G C et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 1er décembre 202La rapporteure,
Signé
M-T. B Le président,
Signé
L. MARTIN
La greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en cheffe,
Signé
M-Y. METELLUS
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