jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100147 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2021, M. C A, représenté par Me Marciguey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision orale du 13 janvier 2021 par laquelle un agent de la préfecture de la Guyane a refusé de lui délivrer un récépissé pour sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre
de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence et d'un défaut de motivation ;
- le préfet a commis une erreur de droit ; il a méconnu les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention sur les droits de l'enfant ainsi que les dispositions des articles R.311-2-2, R.313-4-1, R.311-6 et R.311-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2021, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête, en opposant l'inexistence de la décision contestée, puis l'absence de moyen fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 28 octobre 2016 relatif aux pièces à produire pour la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention "entrepreneur/profession libérale" en application du 3° de l'article L.313-10 ou de l'article L.313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " en application du 5° de l'article L. 313-20 du même code ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions alors en vigueur de l'article R.311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tout étranger qui sollicite l'un des documents de séjour prévus par l'article L.311-3 du même code est tenu de se présenter à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour correspondant à la catégorie à laquelle il appartient. En vertu de l'article R.311-4 alors en vigueur du même code, il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise.
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et à son droit de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable. Toutefois, le refus d'enregistrer une demande à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
3. M. A, ressortissant chinois, est entré en France le 16 janvier 2012. Son épouse, une compatriote, a obtenu un titre de séjour en qualité d'étranger malade du 21 septembre 2015 au 20 septembre 2016, puis, suite à l'acquisition le 1er février 2016 d'un fonds de commerce de vente de souvenirs, maroquinerie, vêtements et chaussures exploité sous l'enseigne " Boutique Madras ", un titre de séjour portant la mention " entrepreneur/profession libérale " du 10 décembre 2019 au 9 décembre 2020. M. A, conjoint collaborateur, a obtenu une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " du 26 janvier 2020 au 27 janvier 2021. Son épouse a cessé l'exploitation du commerce le 18 juin 2020. Suite à la conclusion d'un nouveau bail commercial à Cayenne pour l'exploitation d'un commerce de détail d'habillement le 17 juillet suivant, les époux A ont sollicité le renouvellement de leur titre de séjour. Convoqué le 13 janvier 2021 pour l'enregistrement de sa demande, M. A expose que l'agent du guichet a refusé d'enregistrer cette demande et de lui délivrer un récépissé, en l'absence de production de l'extrait Kbis de la nouvelle entreprise exploitée par son épouse. Par un courrier du 2 février suivant, resté sans réponse, son conseil a sollicité les motifs de ce refus. Par la présente requête, M. A conteste la décision orale du 13 janvier 2021.
4. En défense, le préfet, qui n'a pourtant contesté ni les termes du courrier adressé le 2 février 2021, ni même les faits exposés dans l'instance en référé enregistrée sous le n° 2100150, se borne à faire valoir pour les besoins de la cause et sans autres précisions que l'intéressé ne s'est pas présenté au rendez-vous. Dans les circonstances particulières de l'affaire, alors que le préfet ne produit pour sa part aucune pièce, pas même un procès-verbal de carence, et n'apporte, au demeurant, aucune précision sur le document qui pourrait établir la présence de l'intéressé dans les locaux de la préfecture, les faits exposés par M. A ne sont pas sérieusement contestés et le requérant apporte la preuve, qui lui incombe, de l'existence de la décision qu'il attaque.
5. Aux termes des dispositions alors en vigueur du premier alinéa de l'article L.313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais reprises à l'article L.421-5 : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : () 3° Pour l'exercice d'une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur. Elle porte la mention " entrepreneur / profession libérale". ".
6. L'article R.311-2-2 alors en vigueur du même code dispose que : " L'étranger qui demande () le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants () ". Aux termes de l'article R.313-4-1 du même code : " L'étranger déjà admis à résider en France qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour () doit présenter à l'appui de sa demande, outre les pièces mentionnées à l'article R.311-2-2, les pièces suivantes : 1° Un justificatif de domicile ; 2° Trois photographies () ; 3° La carte de séjour dont il était précédemment titulaire. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R.313-16-1 dudit code : " Pour l'application du 3° de l'article L.313-10, l'étranger qui demande la carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " doit présenter à l'appui de sa demande, outre les pièces mentionnées aux articles R.311-2-2 et R.313-1, les justificatifs permettant d'évaluer, en cas de création, la viabilité économique de son projet. ".
7. Aux termes de l'annexe A de l'arrêté du 28 octobre 2016 relatif, notamment, aux pièces à produire pour la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " entrepreneur/profession libérale " en application du 3° de l'article L.313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I.-Documents à produire par l'étranger pour l'exercice d'une première ou d'une nouvelle activité commerciale, industrielle ou artisanale. A.-Documents généraux : Documents à produire dans tous les cas : 1. Le formulaire CERFA " commerçant, artisan, industriel " complété ; () 4. Le cas échéant, les pièces justificatives relatives à la capacité du demandeur à exercer l'activité commerciale, industrielle ou artisanale envisagée. B.-Documents à produire en cas de création d'activité : 1° Documents généraux : 1. Une présentation sur papier libre du projet de création, du plan d'affaires et d'un budget prévisionnel pluriannuel ; () 2° Documents particuliers : a) En nom propre : i) En cas de création d'entreprise : Selon les conditions d'exercice de l'activité, une copie de la promesse de bail commercial () ii) En cas de reprise d'un fonds de commerce : Une copie de la promesse ou du contrat de vente du fonds ; () ".
8. En l'espèce, le refus d'enregistrement est fondé sur le caractère incomplet du dossier, en l'absence de production de l'extrait K-bis de l'entreprise exploitée par l'épouse de M. A. Il ne résulte, toutefois, d'aucune des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 28 octobre 2016 que l'enregistrement d'une demande de titre de séjour en qualité d'entrepreneur serait subordonné à la production de l'extrait du K-Bis de l'entreprise. Il ressort des pièces du dossier que Mme A avait produit à l'appui de sa demande un bail commercial, un certificat d'inscription au répertoire Sirene à compter du 1er août 2020 et le formulaire Cerfa n° 11676*07 de déclaration de création d'une entreprise, mentionnant notamment la qualité de conjoint collaborateur de son époux. Dans ces conditions, l'agent de guichet ne pouvait légalement refuser d'enregistrer la demande présentée par M. A et de lui délivrer un récépissé. Il résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 janvier 2021.
9. En vertu des articles R.431-12 et R.431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger admis à souscrire une demande de renouvellement de son titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle se voit remettre un récépissé permettant l'exercice d'une activité professionnelle. L'exécution du présent jugement implique nécessairement l'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A et la délivrance à l'intéressé d'un récépissé l'autorisant à travailler. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guyane d'y procéder dans un délai de quinze jours, sans qu'il soit nécessaire de prévoir une astreinte.
10. Il y a lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à payer à M. A au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision orale du 13 janvier 2021 par laquelle un agent de la préfecture de la Guyane a refusé de délivrer un récépissé à M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de délivrer à M. A un récépissé portant autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 900 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Guyane.
Une copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023
.
La rapporteure,
Signé
M.T. B Le président,
Signé
L. MARTINLe greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026